Masque Covid : où est-il (de nouveau) obligatoire ?

"Masque Covid : où est-il (de nouveau) obligatoire ?"

Masque Covid : où est-il (de nouveau) obligatoire ? MASQUE COVID. Alors que les contaminations au Covid-19 augmentent, les positions vis-à-vis du masque divergent. Certains annoncent l'imposer à nouveau quand d'autres ne font que le recommander. Les détails.

[Mis à jour le 7 juillet 2022 à 08h02] C'est un nouvel appel à la prudence qui a été lancé par Elisabeth Borne. Face à la recrudescence des contaminations au Covid-19 en France, la Première ministre invite la population à porter à nouveau un masque, notamment dans les lieux de promiscuité. Un message à l'image de ceux martelés depuis plusieurs jours. "L'épidémie repart. Donc moi j'appelle chacun à la vigilance. […] Quand on est dans des espaces fermés, où il y a beaucoup de monde, il faut porter le masque, notamment dans les transports" a déclaré la pensionnaire de Matignon sur TF1, mercredi 6 juillet. Le cheffe du gouvernement s'en remet donc au bon sens des citoyens et a affirmé que le port du masque ne redeviendrait pas obligatoire. "Nous n'avons pas l'intention d'avoir une mesure nationale d'obligation", a-t-elle déclaré. Cependant, dans cette période délicate pour les plus fragiles, certains scientifiques livrent leurs recommandations, et font entendre leur désapprobation vis-à-vis de la levée -jugée trop rapide- du port du masque. Dans le même temps, une ville a sauté le pas en réimposant le masque dans les transports. Dans cette situation, à quelles mesures peut-on s'attendre ? Le masque sera-t-il présent dans le projet de loi Covid que le gouvernement s'apprête à présenter ? On fait le point. 

Le masque va-t-il redevenir obligatoire dans les transports et ailleurs ?

Il n'était plus obligatoire dans les transports, commerces et entreprises... Jusqu'à maintenant. C'est Christian Estrosi, maire de Nice, qui a sauté le pas le mardi 5 juillet en annonçant sur RTL le retour du masque obligatoire dans les transports de son agglomération, mais aussi de plusieurs autres villes de la métropole Nice-Côte-d'Azur (dont Cagnes-sur-Mer et Saint-Laurent-du-Var) dès lundi 11 juillet.

Si certains jugent cette mesure disproportionnée, le maire de Nice a tenu à avertir les Français sur ce qui les attend : "Le gouvernement le recommande mais il sera obligé d'y venir", a justifié le premier édile. Mais le 6 juillet, au lendemain de son annonce, Elisabeth Borne, Première ministre, a affirmé qu'il n'y aurait pas de retour de l'obligation du port du masque, faisant de simples recommandations. Les pouvoirs publics se reposent donc plutôt sur une logique d'incitation au réflexe citoyen... Au grand dam de certains scientifiques qui martèlent que la levée de cette interdiction le 16 mai dernier a été une erreur. 

Une prise de parole en particulier a été relayée : celle de l'urgentiste Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France, qui s'est insurgé des mesures sanitaires récentes au micro d'Europe 1 mercredi 6 juillet au matin. De son point de vue, face aux chiffres de l'épidémie qui s'emballent, il serait plus sage de remettre le masque dans les transports et le "gel hydroalcoolique partout" pour ne pas se retrouver avec un "nouveau variant" à la rentrée, qui contraindrait le gouvernement à réimposer un confinement, "parce qu'on ne peut plus arrêter la vie économique ou culturelle". Assurant que "le virus circule tellement que si vous prenez le métro sur plusieurs stations, vous êtes quasiment sûr d'avoir croisé quelqu'un qui est contaminé", il s'est dit certain que le masque finisse par "devenir une habitude civilisationnelle".

Pour autant, une partie de la communauté scientifique oscille entre recommandation et obligation. On pense notamment aux prises de parole de Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, organisme qui ne milite pas pour réimposer la protection. "Il parait logique, pour les personnes fragiles, dans des lieux de promiscuité, de reporter le masque. Oui je le recommande", avait-il simplement déclaré le médecin sur RTL, le 30 juin dernier, se refusant à parler d'obligation. De la même manière, le président du Conseil d'orientation de stratégie vaccinale Alain Fischer parlait du masque comme d'un "acte de civisme" dans les transports en commun, dans certains lieux de travail ou de sociabilisation" (propos tenus au micro de France Inter le 30 juin).

Le nouveau projet de loi Covid va-t-il concerner le masque ? 

Les recommandations des scientifiques et des autorités, de mises depuis le printemps, pourraient se transformer en obligation généralisée sur le territoire. Certains s'inquiètent en tout cas de la présentation, le 11 juillet prochain, d'un projet de loi Covid "veille et sécurité sanitaire" par le gouvernement auprès de l'Assemblée. Ce texte, qui sera examiné à la mi-juillet, aura pour objectif d'éviter toute résurgence de l'épidémie, comme l'a rapporté TFI Info. Si cette loi ne devrait pas contenir un prolongement de la mesure exceptionnelle d'Etat d'urgence sanitaire votée en novembre 2021, le texte du projet de loi prévoit le maintien des outils permettant la surveillance de l'épidémie, ainsi que le suivi et l'accompagnement des personnes positives au Covid-19. En outre, cette loi autorisera la mise en place d'un contrôle sanitaire aux frontières quand la situation l'impose, avec un justificatif de vaccination potentiellement exigé pour entrer sur le territoire national. Si le retour du masque obligatoire n'y figure pas (toujours selon TF1), le taux d'hospitalisation en hausse (en particulier le chiffre des nouvelles admissions en services de soins critiques) pourrait contraindre les autorités à plaider pour son application.

Dans quels lieux faut-il porter le masque ?

Pour l'instant, les établissements de santé, les hôpitaux et les Ehpad sont les seuls lieux qui restent soumis à l'obligation du port du masque. Ainsi, l'obligation du port du masque ne concerne plus que les soignants, les patients et les visiteurs de lieux de santé et de soins comme les hôpitaux, les pharmacies ou les laboratoires de biologie médicale.

Le port du masque est donc "recommandé" dans les transports, sans obligation, tout comme dans "les endroits clos où on est en promiscuité directe", selon la ministre de la Santé.... À ce titre, les transports et les centres commerciaux figurent dans la liste des "lieux clos et des grands rassemblements" où le masque est recommandé pour "les personnes fragiles, du fait de leur âge ou de leurs pathologies" (tel que l'indique le site du gouvernement). A l'exception donc de la métropole Nice-Côte-d'Azur, où les habitants vont revenir au masque dans les transports dès lundi prochain. Le gouvernement rappelle pour sa part que "le masque reste un outil efficace pour prévenir la transmission du Covid-19", au même titre que "les autres gestes barrières comme l'aération régulière des lieux clos ou le lavage fréquent des mains". "Il est nécessaire de garder ces bons réflexes pour protéger au mieux les plus fragiles", conclue le communiqué. Ces recommandations sont aussi un appel à la prudence dans ce contexte de flambée épidémique juste avant la période estivale.

Coronavirus