Confinement : réouverture reportée le 19 mai dans plusieurs départements ?

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Confinement : réouverture reportée le 19 mai dans plusieurs départements ? CONFINEMENT FRANCE. La prochaine étape de fin progressive du confinement approche, mais certains territoires pourraient attendre encore un peu...

[Mis à jour le 3 mai 2021 à 17h54] A moins de deux semaines de la deuxième étape du déconfinement - allègement du couvre-feu et réouverture des terrasses -, la perspective de voir des territoires rester sous l'égide des restrictions actuelles est toujours vive. La raison de cette inquiétude réside dans les fameux "freins d'urgence" brandis par Emmanuel Macron lors de l'annonce du calendrier de fin du confinement, énoncé le 29 avril dans la presse quotidienne régionale. Le chef de l'Etat, même en envisageant ce calendrier de manière nationale, a bien fait comprendre que là où le Covid-19 "circulerait trop" au 19 mai, des reports sont possibles.

Trois critères ont été retenus pour définir les territoires qui pourraient rester sur le carreau : un taux d'incidence qui dépasserait 400 infections pour 100 000 habitants, une augmentation très brutale de ce taux et une menace de saturation des services de réanimation. Bonne nouvelle : au 7 mai, plus aucun département n'atteignait ce taux, mais il convient également de savoir qu'il s'agit d'un seuil assez large choisi par le gouvernement.

"400 est un seuil inacceptable" pour fixer la fin du confinement

Plusieurs professionnels de santé se sont d'ailleurs étonnés, pour ne pas dire plus, de ce chiffre, alors que pour rappel, à l'automne dernier, à la sortie du deuxième confinement, le chiffre de 250 cas pour 100 000 habitants avait été retenu. "400 est un seuil inacceptable ! J'attends juste un correctif disant on s'est trompé, il fallait dire 40",  a par exemple réagi l'épidémiologiste Antoine Flahault, dans un entretien au Parisien. "On a totalement laissé tomber le seuil de 5 000 cas par jour, qu'il a balayé d'un revers de la main. Je crains qu'un seuil du taux d'incidence à 400 n'ait été choisi uniquement pour que cela ne concerne que peu de métropoles et de départements ", a expliqué de son côté l'épidémiologiste Mahmoud Zureik, toujours auprès du quotidien francilien.

En quoi consiste le "frein d'urgence" qui pourrait conduire à un reconfinement local ? 

Le frein d'urgence consisterait donc à maintenir certaines mesures de confinement ou à imposer de nouvelles mesures à certains territoires. Parmi les hypothèses, l'interdiction partielle de déplacement, comme celle mis en place dans les Alpes-Maritimes en février dernier, pourrait revenir sur la table. Mais elle n'a pas été explicitement mentionnée par le chef de l'Etat. Emmanuel Macron a surtout indiqué que "le gouvernement, en concertation avec les préfets et les collectivités locales, bloquera les réouvertures". La fermeture ou le maintien sous cloche de certains établissements (commerces, bars et restaurants, lieux culturels) après le 19 mai est donc possible.

Les mesures de freinage feront en tout état de cause l'objet de concertations locales entre la préfecture et les élus. Les critères pour actionner ce frein d'urgence sont en réalité au nombre de trois : outre le taux d'incidence supérieur à 400 cas pour 100 000 habitants, l'augmentation brutale du taux d'incidence et une menace de saturation des services de réanimation pourraient conduire à un reconfinement.

Confinement en France : que disent les chiffres ?

Après la fin du confinement stricto-sensu, plusieurs indicateurs clés comme le taux d'incidence et le nombre d'hospitalisations resteront scrutés également au niveau national. D'autant que la décrue semble très lente depuis la mi-avril. Ces chiffres doivent être appréciés au regard des chiffres des première et deuxième vagues :

  • Le taux d'incidence est l'un des principaux critères d'évaluation de la dynamique épidémique. Avant le premier confinement, il avait culminé à plus de 50 cas pour 100 000 habitants, le seuil d'alerte initial fixé par Santé publique France. Aujourd'hui, cet indicateur approche 289 cas pour 100 000 après avoir plusieurs fois dépassé les 400 cas dans le courant du mois d'avril. Ce critère est difficile à saisir du fait de plusieurs évolutions : en mars 2020, la politique de tests minimale sous-estimait très probablement le nombre de cas et en octobre 2020, lors du 2e confinement, la méthode de calcul a été totalement chamboulée, empêchant toute comparaison sérieuse entre la deuxième et la troisième vague.
  • Le nombre de reproduction du coronavirus peut aussi être considéré. Il doit quant à lui être sous la barre de 1 nouveau patient contaminé en moyenne par malade pour que l'épidémie régresse. Il est aujourd'hui autour de 0,9, après être monté à 1,19 à la fin mars 2021. A la mi-mars 2020, date du premier confinement, il était estimé à près de 2. Fin octobre, avant le deuxième confinement, il était à 1,3.
  • Le nombre de patients en réanimation fait partie des critères clés. On compte désormais 5 804 patients dans ces services (SR), en soins intensifs (SI) ou en unités de surveillance continue (USC). Le 28 octobre 2020, quand Emmanuel Macron a annoncé le 2e confinement, ce sont 3045 patients qui se trouvaient en réanimation. Le pic sera atteint près de trois semaines plus tard, le 16 novembre 2020, avec 4919 patients. Lors de la première vague, le pic avait été observé le 8 avril 2020, avec 7148 patients en réanimation. Lors de cette troisième vague, un pic à plus de 6000 patients a été observé le 26 avril.
  • Le niveau de remplissage des services de réanimation est aussi regardé de près par le gouvernement, avec l'objectif d'éviter la saturation. Actuellement, les patients Covid occupent 114% des lits de réanimation à l'échelle nationale après avoir frôle 120% d'occupation. Ce taux était de 60% à la veille du deuxième confinement en octobre dernier, mais avait culminé à 96% le 14 novembre 2020, lors du pic de la 2e vague. Lors de la première vague, ce pic était encore plus élevé : le taux de remplissage était estimé à 138% le 7 avril 2020.
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Quelles sont les règles du confinement ?

Le 3 mai, la limitation des déplacements dans un rayon de 10 km sera donc caduque. Les sorties sans attestation seront possibles au-delà du rayon de 10 km précédemment en vigueur. Les autres restrictions ne changeront pas en revanche. Le couvre -feu est maintenu à 19 heures dans un premier temps. Vous ne pouvez théoriquement toujours pas vous réunir à plusieurs chez un ou une amie ou avec votre famille pour partager un repas festif. Les contrôles seront toujours en place et vous pouvez recevoir une amende de 135 euros si vous n'avez pas respecté les règles. Certains commerces restent également fermés . Comme lors des premier et second confinements, plusieurs commerces non essentiels sont obligés de rester fermés. Les libraires, disquaires, coiffeurs, fleuristes, chocolatiers, cordonniers et concessionnaires automobiles (sur rendez-vous) restent toutefois ouverts tout comme les boutiques d'alimentation et d'accessoires pour animaux de compagnie.