Confinement en France : efficace mais prolongé ? Les règles

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Confinement en France : efficace mais prolongé ? Les règles CONFINEMENT FRANCE. Depuis trois semaines, les Français résidant en Métropole se plient à un nouveau confinement qui semble commencer à porter ses fruits. Mais alors que la fin approche, serait-il plus sage de le prolonger ou de déconfiner par étapes ? Toutes les options semblent sur la table.

[Mis à jour le 20 avril 2021 à 18h49] Le troisième confinement, quoi que plus souple que les deux précédents, touche à sa fin. Dans quelques jours, les Français arriveront au terme des quatre semaines de confinement instaurées début avril à l'ensemble de la Métropole par l'exécutif. Mais avec des hôpitaux toujours surchargés et même si "depuis cinq jours, nous amorçons une décroissance de l'épidémie", selon le ministre de la Santé Olivier Véran dans une interview accordée au Télégramme ce mardi 20 avril, sera-t-il vraiment raisonnable de déconfiner tout le monde en mai ? 

La situation "reste fragile", concède Olivier Véran, mais le président Emmanuel Macron l'a confirmé dimanche 18 avril sur la chaîne CBS : les mesures de freinage devraient au moins être assouplies. "Nous allons progressivement lever les restrictions début mai", a-t-il explicitement affirmé. Si un déconfinement par étapes est évoqué depuis plusieurs jours, certains territoires, moins impactés, pourraient également goûter à la liberté avant ceux plus touchés. Bref, plusieurs hypothèses sont donc sur la table et un nouveau discours d'Emmanuel Macron d'ici la fin du mois pourrait venir mettre fin au suspense.

Quelles sont les règles du confinement ?

  • Les sorties sont autorisées dans un rayon de 10 kilomètres autour de domicile, sans durée de temps, dans la limite des horaires de couvre-feu.
  • Le ministère des Sports a assoupli cette règle des 10 kilomètres en autorisant de se rendre dans un équipement sportif de plein air (stade de foot, rugby, terrain de sport…) situé dans un rayon de 30 kilomètres maximum. 
  • Certains commerces sont fermés . Comme lors du premier et second confinement, plusieurs commerces non essentiels sont obligés de fermer. Les libraires, disquaires, coiffeurs, fleuristes, chocolatiers, cordonniers et concessionnaires automobiles (sur rendez-vous) restent toutefois ouverts tout comme les boutiques d'alimentation et d'accessoires pour animaux de compagnie.
  • L'attestation n'est pas requise à moins de 10km du domicile. Mise en place le 20 mars, l'attestation avait été supprimée dans sa première version car jugée trop complexe provoquant un imbroglio de 24 heures. Désormais, sachez qu'il n'est pas obligatoire de télécharger cette dernière lors de vos déplacements dans un rayon de 10km (sans limite de temps), un simple justificatif de domicile fait l'affaire. En revanche, il faudra télécharger cette dernière si vous devez aller plus loin ou même quitter la région car ceci est désormais interdit. Pour plus d'informations, voici notre papier sur l'attestation.
  • Le couvre-feu à 19h est maintenu. Malgré le confinement, le couvre-feu national est bien en vigueur dans la France entière. À 19h, il n'est plus possible de se déplacer librement dans un rayon de 10 km ou plus sans attestation. Vous pouvez sortir que pour un motif impérieux comme c'est le cas depuis la mi-décembre.
  • Les déplacements entre régions sont, eux, interdits, sauf motif impérieux. Dans ce cas, il faut impérativement pouvoir présenter une attestation de déplacement dérogatoire. 
  • Depuis le 31 mars, les écoles sont fermées pour faire face à l'augmentation des contaminations chez les plus jeunes, et ce, jusqu’au 26 avril. Les vacances de Pâques, qui ont débuté le 10 avril, ont été uniformisées sur l’ensemble du territoire.

Carte : quels indicateurs dans les départements reconfinés ?

Les territoires colorés en rouge vif sont en mesures renforcées depuis le mois de mars. Depuis  samedi 3 avril, c'est tout le territoire qui est concerné. Voici les dernières données sur la circulation du virus et les données hospitalières dans chacun des départements français :

 
Si vous ne voyez pas la carte, cliquez ici ou consultez
la liste des départements en alerte.
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Confinement en France : les données qui justifient les restrictions

Les indicateurs clés comme le taux d'incidence et le nombre d'hospitalisations resteront scrutés au niveau national pour évaluer l'efficacité des mesures. Ils doivent être appréciés au regard des chiffres des première et deuxième vagues :

  • Le taux d'incidence est l'un des principaux critères d'évaluation de la dynamique épidémique. Avant le premier confinement, il avait culminé à plus de 50 cas pour 100 000 habitants, le seuil d'alerte initiale fixé par Santé publique France. Aujourd'hui, cet indicateur approche 346 cas pour 100 000. Mais ce critère est difficile à saisir du fait de plusieurs évolutions : en mars 2020, la politique de tests minimale sous-estimait très probablement le nombre de cas et en octobre 2020, la méthode de calcul a été totalement chamboulée, empêchant toute comparaison sérieuse avec la deuxième vague.
  • Le nombre de reproduction du coronavirus peut aussi être considéré. Il doit quant à lui être sous la barre de 1 nouveau patient contaminé en moyenne par malade pour que l'épidémie régresse. Il est aujourd'hui autour de 1,03. A la mi-mars 2020, date du premier confinement, il était estimé à près de 2. Fin octobre, avant le deuxième confinement, il était à 1,3.
  • Le nombre de patients en réanimation fait partie des critères clés. On compte désormais 5 838 patients dans ces services (SR), en soins intensifs (SI) ou en unités de surveillance continue (USC). Le 28 octobre 2020, quand Emmanuel Macron a annoncé le 2e confinement, ce sont 3045 patients qui se trouvaient en réanimation. Le pic sera atteint près de trois semaines plus tard, le 16 novembre 2020, avec 4919 patients. Lors de la première vague, le pic avait été observé le 8 avril 2020, avec 7148 patients en réanimation.
  • Le niveau de remplissage des services de réanimation est aussi regardé de près par le gouvernement, avec l'objectif d'éviter la saturation. Actuellement, les patients Covid occupent 113% des lits de réanimation à l'échelle nationale. Ce taux était de 60% à la veille du deuxième confinement en octobre dernier, mais avait culminé à 96% le 14 novembre 2020, lors du pic de la 2e vague. Lors de la première vague, ce pic était encore plus élevé : le taux de remplissage était estimé à 138% le 7 avril 2020.