Coronavirus en Ile-de-France, à Paris, dans le Grand-Est... Le point par région

Coronavirus en Ile-de-France, à Paris, dans le Grand-Est... Le point par région Les situations sont critiques dans les régions Grand-Est et en Ile de France mais le coronavirus concerne bien toutes les régions de France. Les situations diffèrent mais la vague épidémique attendue cette semaine inquiète le milieu médical.

Le nombre de régions durement touchées par l'épidémie de coronavirus s'étend alors que la vague de contamination attendue déferle sur la France. Si le Grand Est reste le territoire le plus concerné avec de nouvelles évacuations sanitaires de patients vers l'Ouest, l'Ile de France a vu le nombre de patients augmenter significativement ces derniers jours avec, par exemple, plus de 2500 patients hospitalisés à Paris au soir du 31 mars et 8600 dans toute la région.

Comment sont donnés les chiffres officiels livrés ci-dessous ? Ils reposent sur ceux donnés chaque soir par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon lors de son point presse. Ils sont suivis par ceux des Agences régionales de Santé, qui établissent elles aussi chacune des bilans du nombre de cas, d'hospitalisations ou de décès par région et parfois même dans les départements qui les composent (ce n'est plus le cas de toutes les ARS). Parfois ces chiffres sont complétés par les malades restés chez eux ou par des données dans les Ehpad. La situation est particulièrement cruelle dans ces établissements, où le nombre exact de décès n'est pas connu, mais se chiffre a minima en dizaines.

Carte du coronavirus par région

Paris et Ile-de-France

Situation "critique" en Ile de France où le dernier bilan de Santé Publique France fait état de 1176 morts du Covid-19 depuis le 1er mars dernier. La situation inquiète notamment à Paris, où on compte à ce jour près de 2500 hospitalisations, et 362 décès, mais aussi, comparativement aux autres départements franciliens, en Seine Saint-Denis avec 161 morts comptabilisés depuis le 1er mars. Le nombre d'hospitalisés a surtout bondi ces derniers jours, avec de nombreux patients placés en réanimation. Au soir du 31 mars, ils étaient ainsi 1 977 patients hospitalisés en réanimation en Ile de France dont 663 dans les hôpitaux parisiens alors que les capacités en réanimation étaient il y'a peu estimées à 1400 à 1500 lits. Si les capacités ont été augmentées de plusieurs centaines de lits,  le président de l'AP-HP Martin Hirsch et plusieurs médecins ont appelé à l'aide à Paris et dans toute la région et réclamé le transfert de personnel médicaux d'autres régions moins touchées.

Certains patients ont déjà été transférés de l'Ile-de-France par TGV médicalisés : ce mercredi 1er avril, un premier TGV, avec à son bord 24 patients, est parti en fin de matinée de la gare d'Austerlitz à Paris à destination de Saint-Brieuc puis de Brest, selon la Direction générale de la Santé, suivi d'un deuxième transportant douze malades vers Rennes. Ce sont donc 36 malades du coronavirus en réanimation qui ont été évacué mercredi de Paris vers la Bretagne. "Il n'est pas impossible que nous puissions poursuivre des évacuations sanitaires", a déclaré Stéphane Mulliez, directeur général de l'ARS Bretagne lors d'un point presse à Rennes. "Il y a un fort besoin de solidarité nationale pour venir en appui" des régions les plus touchées, a-t-il estimé.  (Source : ARS Ile-de-France).

Grand-Est

La région Grand Est reste le territoire le plus durement touché par l'épidémie de Covid-19 depuis son arrivée sur le sol français et la situation sanitaire reste tendue en ce début de semaine. Le 31 mars au soir, on comptait ainsi 890 personnes en réanimation ou en soins intensifs dans une région qui déplorait déjà 1015 morts depuis le 1er mars dernier. Plusieurs transferts de patients vers l'Ouest ont été réalisés ces derniers jours, notamment depuis Strasbourg et Nancy vers des établissements hospitaliers de l'Ouest du pays comme à Angers, au Mans ou à Bordeaux. D'autres patients ont pu être pris en charge en Allemagne voisine, notamment en Sarre ou à Mannheim. Lundi, des malades du Covid-19, hospitalisés à Saverne et Haguenau, ont été transférés vers Berne en Suisse et Francfort en Allemagne par le biais d'hélicoptères militaires.

Depuis la première opération de ce type le 18 mars, "288 patients lourds ont été transférés vers des régions moins en tension et ce nombre est amené à progresser dans les jours et semaines qui viennent", a souligné le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon. L'Autriche va à son tour accueillir au moins trois patients français transférés depuis le Grand est.

Le directeur de l'ARS se dit cependant confiant, estimant que la région devrait connaître une diminution des hospitalisations pendant la deuxième quinzaine d'avril. En attendant, le Haut-Rhin paye un lourd tribut à l'épidémie et les derniers chiffres diffusés ce lundi attestent de la surmortalité dans le département, +38% par rapport à 2019 entre le  1er et le 16 mars. La situation s'est encore aggravée : +73% entre le 16 et le 20 mars par rapport à la semaine précédente... Endiguer la propagation du Covid-19 en Alsace reste une priorité pour les autorités, une opération de décontamination a ainsi été menée lundi à Strasbourg, rapportent Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Auvergne-Rhône-Alpes

La vague épidémique a aussi atteint la région Auvergne-Rhône-Alpes. L'ARS donnait dimanche 29 mars dans son bilan le chiffre de 2150 patients hospitalisés dont 503 en réanimation. La région déplore 229 décès hospitaliers, dont 33 ont été enregistrés en 24 heures entre le samedi 28 mars et le dimanche 29 mars, ce qui témoigne une aggravation très nette de la situation. En Auvergne, c'est le département de l'Allier qui compte le plus de décès (4) alors que le département de la Haute-Loire a connu un nouveau décès dimanche, portant le nombre de morts à 3. 54 personnes sont par ailleurs hospitalisées dans le Puy de Dôme.

L'Agence régionale de santé a par ailleurs indiqué la réception de 3,4 millions de masques chirurgicaux et FFP2 le dimanche 29 mars, ces masques ayant vocation à "être répartis au sein des établissements support des groupements hospitaliers de territoire (GHT) de la région ", précise l'ARS. Enfin, point positif dans ce rapport de Santé Publique France, 766 retours à domicile de patients guéris ont pu être faits en région Auvergne Rhône Alpes depuis le début de l'épidémie.

Provence-Alpes-Côte-d'Azur

65 personnes sont décédées du Covid-19 région PACA depuis le 1er mars dernier. Au 29 mars, 250 personnes étaient placés en réanimation ou en soins intensifs dans des établissements hospitaliers sur plus de 1000 patients hospitalisés. Plus de 4000 personnes ont été testées positives au Covid-19 dans la région depuis le début de l'épidémie. Plusieurs villes comme Cannes ou Nice ont effectué des campagnes de décontamination en ville ces derniers jours. Dans les environs de Nice, la commune de Falicon au Mont-Chauve s'apprête à accueillir un centre d'accueil pour SDF contaminés par le coronavirus dans un centre qui sert de résidence-vacances l'été, note Nice-Matin.

A Marseille, le personnel médical de l'hôpital nord a fait appel aux dons, rapporte France Bleu Provence. "Nous avons l'impression d'être de la chair à canon", souligne un communiqué du personnel."Particuliers ou entreprises du BTP, du secteur automobile, tatoueurs , esthéticiennes... si vous possédez des masques FFP2, chirurgicaux, solution hydro-alcoolique, gants, visières, blouses, lunettes de protection, sans en avoir besoin, merci de nous en faire dons", est-il précisé. Pour adresser vos dons, deux numéros du secrétariat du service sont indiqué : 04 91 96 58 36 ou le 04 91 96 86 50.  

Hauts-de-France

L'Oise a monopolisé l'attention au début de l'épidémie en étant l'un des premiers foyers de contamination, les fameux "clusters". Fin mars, l'épidémie de Covid-19 s'est propagée dans l'ensemble de la région Hauts de France. Le dernier rapport de l'ARS donne le chiffre de 211 décès depuis le 1er mars dernier alors que 348 personnes étaient placées en réanimation : 34 dans l'Aisne, 157 dans le Nord, 49 dans l'Oise, 58 dans le Pas de Calais et 50 dans la Somme. L'ARS ne donne plus de chiffres au niveau départemental concernant le nombre de personnes touchées par le Covid-19. " Dans notre région comme dans d'autres, dont Ile-de-France et Grand Est, elle était effectuée au niveau local pour les tout premiers cas, puis départemental, puis régional, explique Pascal Poette, le directeur adjoint des Affaires générales de l'ARS à La Voix du Nord. Le décompte quotidien des personnes décédées reste à ce jour départemental." A Coudekerque-Branche dans le Nord, c'est la contamination de 17 élus à des stades plus ou moins graves de la maladie qui a fait les gros titres ces derniers jours. Tous ces élus avaient tenu des bureaux de vote lors du premier tour des élections municipales, le dimanche 15 mars.

Bourgogne-Franche-Comté

164 personnes sont décédées du coronavirus Covid-19 en Bourgogne-Franche-Comté, indiquait l'ARS le dimanche 29 mars. 217 personnes étaient en réanimation en milieu hospitalier, un bilan qui ne doit pas faire oublier que 549 personnes ont pu guérir et regagner leurs domiciles.. La région contribue au programme Discovery, le programme d'essais cliniques de traitements du coronavius à l'échelle européenne. Des tests de traitements, dont un traitement à l'hydroxychloroquine, sont en cours dans les deux CHU de la région, Besançon et Dijon. "Une attention toute particulière est portée aux établissements médico-sociaux en raison de la vulnérabilité du public qui y est accueilli, personnes âgées ou en situation de handicap", souligne aussi l'ARS qui assure un accompagnement des quelque 400 Ehpad de la région. Parmi eux, 80 établissements, de tous les départements à l'exception de la Nièvre, ont déjà fait part de "difficultés en lien avec la gestion du Covid-19" (Source : ARS Bourgogne-Franche-Comté).

Occitanie

En Occitanie, 227 personnes ont été placées en réanimation selon le bilan transmis par l'ARS le dimanche 29 mars. L'épidémie a coûté la vie à 76 personnes depuis le 1er mars dernier, un chiffre en forte augmentation depuis la fin de semaine dernière alors que la vague épidémique est attendue pour la fin de semaine. La préfecture de l'Hérault a lancé un appel pour trouver des blouses, des charlottes, des sur-chaussures, des gants ou des lunettes de protection et, bien sûr, des masques, a indiqué France Bleu Occitanie en fin de semaine dernière (Source : ARS Occitanie).

Nouvelle-Aquitaine

En Nouvelle-Aquitaine, on comptait au dimanche 29 mars au soir 160 hospitalisations en réanimation ou soins intensifs et 58 décès depuis le début de l'épidémie. L'hôpital de Bordeaux a notamment été choisi pour accueillir des malades en provenance du Grand Est, une région débordée par l'afflux de patients ayant besoins de soins intensifs et d'appareils de réanimation. Dans la région, 226 personnes ont pu être soignées et regagner leurs domiciles mais les médecins s'attendent à une semaine difficile avec une vague attendue ces prochains jours. L'ARS alerte également sur les dangers de l'auto-médication après le signalement de plusieurs cas de toxicité cardiaque dans la région suite à la prise d'hydroxychloroquine par des personnes pensant être atteinte du Covid-19. Cette auto-médication a pu avoir des effets graves avec parfois une hospitalisation.

Normandie

L'Agence régionale de santé de Normandie a transmis de nouveaux chiffres à Santé Publique France le dimanche 29 mars. Dans la région, 122 personnes étaient placées en soins intensifs ou réanimation alors que le bilan de l'épidémie fait état de 32 décès. Plus de 100 personnes ont pu être soignées et regagner leurs domiciles suite à des traitements. 1105 personnes ont été testées positives au Covid-19 depuis le début de l'épidémie en Normandie, 90 de plus que la veille. Le confinement affecte plusieurs services, dont le ramassage des déchets dans de nombreuses communes, note France Bleu Normandie en ce début de semaine qui rappelle que des centres de tri ont fermé. A Forges les Eaux, commune qui a déjà mis en place un couvre-feu, une solution radicale a été instaurée : la décontamination des rues deux fois par semaine par le biais d'une pulvérisation d'eau javellisée. (Source : ARS Normandie)

Bretagne

Plutôt épargnée par la première vague d'épidémie, la Bretagne résistera-t-elle encore cette semaine ? Selon le bilan de l'ARS le dimanche 29 mars, 57 personnes ont été placées en réanimation ou en soins intensifs dans les hôpitaux de la région alors que 41 personnes ont perdu la vie. L'ARS de Bretagne compte également 166 retours à domicile. Le 24 mars, six patients du Haut-Rhin, où les unités de réanimation sont saturées, ont été transférés en Bretagne, dans le Finistère au CHU de Brest et au Centre hospitalier de Quimper. L'opération a été organisée avec le service de santé des armées à travers le dispositif "Morphée", un transfert appelé à être renouvelé ces prochains jours.


L'ARS Bretagne a mis en place un dispositif d'appel à volontaires : l'application medGo #RenfortsCovid, destinée aux étudiants, professionnels actifs ou retraités invités à venir en en renfort des établissements de santé et médicaux-sociaux. La région a aussi lancé un appel solidaire aux acteurs économiques bretons via une plateforme numérique pour recenser les offres de service des entreprises (stocks d'équipements de protection individuelle, composants, matériaux...) : www.entreprisesunies‐covid19.bzh. (Source : ARS Bretagne)

Centre-Val-de-Loire

La région Centre Val de Loire comptait 103 personnes placées en réanimation ou soins intensifs au bilan donné le dimanche 29 mars par l'ARS, un chiffre qui a augmenté d'une vingtaine de cas chaque jour en fin de semaine dernière. Si 83 personnes ont pu être soignées et regagner leurs domicile, 39 sont malheureusement décédées du Covid-19 depuis le début de l'épidémie. C'est le Loiret qui inquiète le plus avec 38 personnes en réanimation dimanche 29 mars dans un département qui déplore 8 décès. Le CHRU de Tours et le CHR d'Orléans sont en première ligne pour contenir l'épidémie mais les services hospitaliers de Blois, Bourges, Chartres, Châteauroux, Dreux, Montargis, ou le Pôle Santé Léonard de Vinci à Tours sont aussi mobilisés, note l'ARS. (Source : ARS Centre-Val-de-Loire).

Pays-de-la-Loire

Plûtot épargnée, la région Pays-de-la-Loire "reste encore parmi les régions où l'incidence cumulée est parmi la plus basse de France métropolitaine", rappelle l'Agence régionale de santé dans ses bulletins récents. La région a ainsi pu accueillir des patients venus du Grand Est dans les hôpitaux du Mans ou d'Angers. Selon le bilan transmis le 29 mars dernier, 107 personnes avaient été placées en réanimation ou en soins intensifs dans la région alors que 182 personnes soignées ont pu retrouver leurs domiciles. 47 personnes sont décédées du Covid-19 dans la région depuis le début de l'épidémie. C'est la situation dans les EHPAD qui inquiète puisque l'ARS précisait la semaine dernière que 7 personnes étaient décédées en EHPAD, 4 en Loire-Atlantique, 2 en Mayenne et une en Vendée. 237 résidents sont touchés (confirmés et suspects) ainsi que 87 salariés s'alarme l'agence. (Source : ARS Pays-de-la-Loire).

Corse

En Corse, où le Covid-19 a fait brusquement son apparition début mars, l'ARS donne un bilan de 19 décès depuis le début de l'épidémie. 20 personnes étaient placées en réanimation dimanche 29 mars. Les patients sont hospitalisés au centre hospitalier de Bastia (1 personne en réanimation) et d'Ajaccio (19 personnes en réanimation). 79 personnes ont pu être soignées et quitter l'hôpital depuis le début de l'épidémie. 67 cas sont confirmés en Haute-Corse contre 216 en Corse-du-Sud. Un décès a été confirmé dans un EHPAD le 27 mars dernier. 4 EHPAD sont touchées par le coronavirus pour 9 cas confirmés. (Source : ARS Corse)

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