Vaccination des enfants : les règles évoluent, l'Académie de médecine veut aller plus loin

"Vaccination des enfants : les règles évoluent, l'Académie de médecine veut aller plus loin"

Vaccination des enfants : les règles évoluent, l'Académie de médecine veut aller plus loin VACCINATION ENFANTS ET ADOS. Comment accélérer la vaccination des enfants ? Le gouvernement a "simplifié les choses" sur l'accord parental. "On connaît les réticences, mais la vaccination vaut la peine", a fait savoir le Monsieur vaccin de l'exécutif.

[Mis à jour le 26 janvier 2022 à 13h49] Le gouvernement ne se satisfait pas de l'avancée actuelle des la vaccination des enfants en France. L'exécutif, sous la demande du Conseil d'Etat, avait demandé à ce que l'accord des deux parents soit nécessaire pour la vaccination des enfants de moins de 12 ans. Le ministère du ministère de la Santé fait marche arrière : l'accord d'un seul parent suffit. "Nous simplifions les choses", a fait savoir le ministère, mardi 26 janvier, en point presse.

Cette évolution a pour objectif de ne pas "dramatiser la vaccination", qui est considérée par le ministère de la Santé comme sûre, dans un contexte de circulation intense du Covid-19 dans les établissements scolaires, comme l'a signifié Alain Fischer sur LCI le 20 janvier. "On connaît les réticences, elles existent, mais la vaccination vaut la peine", a-t-il ajouté.

Jeudi 20 janvier, le Premier ministre Jean Castex a annoncé avait annoncé que la vaccination des plus jeunes devait "progresser", ouvrant le rappel vaccinal pour les 12-17 ans.C'est sur la base du volontariat que cette vaccination peut être décidée par les parents, sans obligation et sans qu'un pass sanitaire ou vaccinal ne soit mis en place chez les enfants de moins de 12 ans.

Des avis favorables à la vaccination des enfants

Afin de rassurer les parents, l'ensemble de l'exécutif a rappelé avoir attendu les avis de plusieurs instances scientifiques et sanitaires, de celui du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), à celui de la Haute autorité de santé, en passant par celui du Conseil d'orientation pour la stratégie vaccinale (COSV), avant d'ouvrir la vaccination aux enfants. Un moyen de rappeler que ce vaccin est sûr - ce qu'ont martelé les autorités susmentionnées à de nombreuses reprises. Autre fait rassurant : le fait que que l'Hexagone ait attendu les résultats en vie réelle des pays ayant déjà ouvert la vaccination aux enfants (notamment les Etats-Unis). Sans l'obligation vaccinale et la mise en place d'un pass sanitaire, nul doute qu'un laps de temps sera tout de même nécessaire avant de parvenir à convaincre les parents.

La raison de cet élargissement de la vaccination ? Pour tous les scientifiques consultés, le rapport bénéfices/risques de la vaccination des enfants s'avère "favorable" sur le plan individuel, même chez les enfants en bonne santé. La HAS estime par ailleurs que la vaccination des enfants "pourrait potentiellement réduire l'impact de vagues ultérieures en réduisant la circulation du virus dans la population générale", et pointe qu'il est utile de prioriser la vaccination des collégiens, âges de moins de 12 ans.

L'Académie de médecine veut des séances de vaccination à l'école

L'Académie de médecine souhaite quant à elle aller encore plus loin. Dans un communiqué, l'instance écrit : "Afin de prévenir les risques individuels et collectifs liées à l'imprévisible évolution de la pandémie, les académies recommandent de hâter la vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans contre le Covid-19 pour atteindre le plus rapidement possible une bonne couverture vaccinale : en augmentant l'offre de vaccination, c'est-à-dire le nombre de centres proposant la vaccination pour les enfants (actuellement 300 contre 1500 pour les adultes) ; en diversifiant les personnes autorisées à vacciner les enfants ; en allégeant les obstacles administratifs qui limitent l'accès des enfants à la vaccination ; en favorisant les prises de rendez-vous de vaccination pour les enfants scolarisés ; en organisant des séances de vaccination à l'école, par des équipes mobiles, en concertation avec la médecine scolaire ; en "allant vers " les enfants porteurs de comorbidités et non vaccinés pour convaincre les parents de la nécessité de les vacciner face au risque de formes graves ; en utilisant tous les moyens d'information et de communication dévolus à l'éducation pour la santé afin de convaincre et rassurer les parents hésitants.

La vaccination des 5-11 ans est-elle obligatoire ?

Non, la vaccination des moins de 12 ans n'est effectuée que sur volontariat et avec l'accord explicite, via formulaire et signature, d'un des parents. Un parent doit aussi être présent lors de l'administration de la dose de vaccin. Il est par ailleurs possible de demander un test sérologique pour savoir si l'enfant a déjà contracté le Covid-19, compte tenu du fait que les formes asymptomatiques sont nombreuses chez les 5-11 ans.

Il n'est pas question pour le moment d'instaurer un pass sanitaire pour les 5-11 ans. L'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), en date du 16 décembre, martèle que "cette vaccination des enfants doit être une proposition et non une obligation, et ne doit pas être incluse dans un pass sanitaire".

La vaccination présente-t-elle un danger pour les enfants ?

[Cette section de l'article n'a pas été actualisée depuis le 22 décembre] Selon les données de sécurité extraites de l'étude de phase 3 du vaccin Pfizer, citées par la Food and Drug Administration américaine (FDA) et par le Conseil d'Orientation de la Stratégie Vaccinale (COSV) le 6 décembre dernier, le vaccin contre le coronavirus est "sûr et bien toléré" par les enfants. Sur un échantillon de 2268 enfants âgés de 5 à 11 ans (inclus en double aveugle, 2 vaccinés pour 1 placébo), "les effets indésirables les plus fréquents consistaient en une douleur et une réaction inflammatoire au point de piqûre, des maux de tête, des frissons ou de la fièvre" mais "aucune complication n'a été signalée, notamment aucun cas de myocardite", pouvait-on lire. Le document précisait toutefois, que l'effectif de cette étude s'avérait "trop réduit pour être en mesure de détecter des effets indésirables et sévères dont la fréquence serait de l'ordre de 1/1000 ou moins" et estimait "nécessaire de recueillir davantage de données sur les éventuels effets indésirables à partir des données en vie réelle qui proviennent des pays ayant déjà entamé la vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans". Des données qui ont depuis commencé à livrer des résultats.

L'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), publié pour sa part à la mi décembre, indiquait en effet que "les données de sécurité "en vie réelle", autrement dit des statistiques sur les effets indésirables effectivement constatés après l'injection du vaccin dans les pays ayant déjà débuté la vaccination, s'avèrent "rassurantes après un schéma vaccinal complet". Le tout en demandant, en France, "un suivi pharmaco-épidémiologique dans la tranche d'âge de 5 à 11 ans" par les services de l'Etat avec "une vision de moyen-long terme".

L'avis de la Haute autorité de Santé (HAS) publié le 20 décembre est venu détailler un nombre important de ces données sur les effets indésirables du vaccin sur les enfants. Rappelant l''analyse des données cliniques de sécurité, elle s'est aussi penchée sur les données internationales de pharmacovigilance portant sur plus de 7 millions de vaccinations chez les enfants de moins de 12 ans aux Etats-Unis (plus de 2 millions de schémas vaccinaux complets à deux doses) et 107 500 environ réalisées en Israël. Deux pays qui ont débuté la vaccination des enfants dès le mois de novembre. Globalement, ce sont plus de 10 millions d'enfants de 0 à 14 ans dans le monde qui permettent d'afficher des conclusions "encore limitées mais rassurantes", indique la HAS. Sur ces millions d'enfants vaccinés, elle rapporte au total  "3233 évènements indésirables" selon les bases de données nord-américaines, "dont la majorité d'entre eux (97%) n'était pas grave". Pour les 3% restants, on dénombre 2 décès survenus "chez des enfants qui présentaient de lourds antécédents médicaux" et "14 cas de myocardite", l'un des effets indésirables les plus redoutés.

"Une trentaine d'évènements indésirables, tous graves", sont aussi remontés depuis le monde entier jusqu'à la base de données européenne (Eudravigilance) des suites "d'une vaccination avec le vaccin Pfizer entre le 16 novembre et le 12 décembre 2021", précise la HAS qui liste "3 effets neurologiques, 2 myocardites, 1 réaction anaphylactique, 1 arrêt respiratoire et 1 décès". Concernant ce décès survenu aux Etats-Unis, "l'évaluation de l'association entre BNT162b2 (le vaccin Pfizer - NDLR) et les circonstances menant à l'issue fatale signalée est impossible", précise le document.

Quels pays ont autorisé la vaccination des enfants de moins de 12 ans ?

En Europe, le Danemark et l'Autriche ont déjà franchi le pas de la vaccination des enfants. En Allemagne, où les opposants à la vaccination restent mobilisés, plusieurs régions, dont la capitale Berlin et la Bavière, se sont lancés mercredi 15 décembre. La Hongrie a elle aussi lancé sa campagne pour les 5-11 ans, comme la Grèce ou l'Espagne, une des bonnes élèves de la vaccination en Europe. D'autres pays européens, comme l'Italie, la Pologne, les pays baltes ou encore la Slovaquie, la République tchèque, le Portugal et la Suisse ont débuté ou vont débuter leur campagne dans les prochains jours.

Hors d'Europe, le Canada et les Etats-Unis ou encore Israël ont aussi autorisé la vaccination des enfants très tôt cet automne. La Chine, le Chili, l'Argentine, le Venezuela et la Colombie vaccinent les enfants à partir de 3 ans, Cuba et le Nicaragua à partir de 2 ans.

Pfizer, Moderna... Quel vaccin et quelle dose pour les enfants ?

Les enfants sont vaccinés en France avec le tiers d'une dose de vaccin Pfizer, d'ordinaire réservée à l'adulte (10 microgrammes, contre 30 pour les adultes). "Les flacons, qui comporteront dix doses, auront un bouchon orange pour les différencier des doses adultes (au bouchon violet) et éviter toute erreur", précise Le Monde du 15 décembre.

Pfizer a été le premier vaccin a recevoir l'aval des autorités. Le comité d'examen de l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) a estimé mi octobre que les vaccins Pfizer-BioNTech présentaient plus d'avantages que de risques pour cette tranche d'âge. Pfizer a présenté au FDA les résultats d'un essai clinique ayant démontré une efficacité de 90,7 % du vaccin pour prévenir les formes symptomatiques de la maladie chez les 5 à 11 ans. Des résultats repris en France dans un avis du Conseil d'Orientation de la Stratégie Vaccinale le 6 décembre. Le vaccin Moderna pour sa part en est encore dans la phase III de son essai clinique mais les premiers résultats sont prometteurs et une demande d'autorisation a été formulée.

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