Otages en Algérie : un lien direct avec l'intervention française au Mali

Otages en Algérie : un lien direct avec l'intervention française au Mali Plus de 40 Occidentaux dont des Français et des Américains ont été pris en otage par des islamistes en Algérie, et 2 personnes ont été tuées. Une prise d'otage massive qui serait une représaille à l'intervention française au Mali.

[Mis à jour le 17 janvier à 14h22] Plus de 40 Occidentaux ont été pris en otage par des islamistes sur un site gazier appartenant à BP, situé à Tinguentourine, à une quarantaine de kilomètres d'In Amenas, dans le désert algérien. Parmi eux figureraient des Malaisiens et des Philippins, mais aussi "7 Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais", selon un porte-parole des ravisseurs. Le quotidien algérien El Watan a lui aussi évoqué la présence de deux Français parmi les otages. Et François Hollande a confirmé ce jeudi l'information selon laquelle des ressortissants français se trouvent bien parmi les otages. La chaîne de télévision France 24 a affirmé quant à elle avoir eu une conversation téléphonique avec un otage français, de même que La Tribune de Genève Les autorités américaines ont aussi confirmé que des Américains faisaient partie des otages. Un Irlandais et un Norvégien seraient aussi captifs. Outre ces Occidentaux, 150 Algériens qui travaillaient également sur le site, mais pour le groupe français CIS Catering, sont aussi retenus sur place. La préfecture d'Illizi a affirmé ce jeudi que trente otages algériens avaient réussi à s'échapper.

La prise d'otage a été déclenchée mercredi 16 janvier, à l'aube. Le site de British Petroleum, situé à In Amenas, dans l'est de l'Algérie, est exploité par Sonatrach, entreprise nationale algérienne associée à la compagnie britannique ainsi qu'à la norvégienne Statoil. De nombreux ressortissants étrangers travaillent sur place chaque jour. Le site a été frappé par une violente charge aux alentours de 5 heures. Les autorités algériennes évoquent en premier lieu l'attaque d'un bus transportant des étrangers qui sortaient de l'usine, puis un repli des terroristes à l'intérieur du site où la prise d'otage a commencé. L'assaut aurait fait deux morts. L'une de ces victimes serait britannique, l'autre serait algérienne.

Des Français parmi les otages ?

En fin de journée mercredi, la présence de Français parmi les otages restait en question, François Hollande ne confirmant pas l'information relayée par certains médias locaux. Lors de ses voeux aux parlementaires dans l'après-midi, le chef de l'Etat a déclaré : "A l'instant où je parle, une prise d'otages a lieu en Algérie sur un site pétrolier, avec un nombre de personnes retenues dont nous ne pouvons pas encore connaître l'exactitude [...]. De même pour les ressortissants français qui pourraient être concernés". Au ministère des Affaires étrangères, on parlait d'une cellule de crise effectuant des "vérifications". Jeudi 17 janvier au matin, la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem n'a pas confirmé la présence de Français parmi les otages. Mais François Hollande a mis fin au suspens dans la journée, confirmant que des ressortissants français se trouvaient effectivement captifs sur le site gazier.

Nombre d'otages : 150 à 400 otages évoqués

Outre les 41 ressortissants étrangers qui font la une, ce sont 400 personnes au total qui seraient ou auraient été concernées par la prise d'otages dans la journée. 150 otages de CIS Catering, une société qui assure la restauration, l'hôtellerie et la logistique de nombreux sites industriels ont aussi été chiffrés par son dirigeant. Régis Arnoux, le PDG de CIS Catering, a en effet affirmé sur le site du JDD que 150 employés algériens de sa filiale Cieptal étaient retenus sur les lieux. L'agence de presse APS a cependant précisé dans la journée de mercredi que plusieurs Algériens ont été libérés "par petits groupes". Et une trentaine d'entre eux auraient réussi à s'échapper du site ce jeudi. A la télévision, sur la chaine Al-Jazeera, plusieurs otages se sont relayés ce jeudi : un Britannique, un Japonais et un Irlandais, présentés comme faisant partie des otages, ont demandé le retrait des militaires algériens qui sont postés autour du site gazier.

Mali : un lien direct avec l'intervention française

L'attaque a été revendiquée par des combattants d'Al-Qaida "venus du nord du Mali" (AFP) qui ont affirmé avoir agi en représailles de l'intervention française. Le porte-parole (anonyme) des islamistes aurait ainsi expliqué à des médias mauritaniens que ces exactions intervenaient "en réaction à l'ingérence flagrante de l'Algérie autorisant l'usage de son espace aérien par l'aviation française pour mener des raids contre le nord du Mali". En clair, l'Algérie se voit aujourd'hui frappée sur son territoire car elle a coopéré avec la France pour stopper l'avancée des djihadistes au Mali. Une coopération que les ravisseurs décrivent comme "une trahison pour le sang des martyrs algériens tombés sous les balle du colon français".

Qui sont les preneurs d'otages ?

Derrière cette prise d'otage et cette attaque pourrait se cacher "Le Borgne", Mokhtar Belmoktar, qui a été l'un des chefs d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) avant de lancer sa propre structure islamiste. C'est en tout cas ce qu'avancent les deux sites mauritaniens Agence Nouakchott et Sahara Medias. Selon eux, le porte-parole des ravisseurs appartiendrait en tout cas à ce groupe islamiste : la katiba des Moulathamine, 'les signataires par le sang'. Plusieurs assaillants ont également dit appartenir à "à la brigade Khaled Aboul Abbas, Mokhtar Belmokhtar".

Une zone minée

Selon les médias locaux, qui citent un porte-parole des ravisseurs, les islamistes seraient toujours sur le site, qui serait miné, empêchant l'armée et la gendarmerie, qui encerclent les lieux, d'y pénétrer. Ce porte-parole aurait menacé de faire exploser le site "si les forces armées algériennes ne se retirent pas". Une opération de l'armée algérienne a été annoncée tôt dans l'après-midi mercredi. Mais pour l'heure, les forces de l'ordre n'auraient pas pu entrer sur le site.

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Le site gazier se situe à 40 kilomètres d'In Amenas, dans l'est de l'Algérie. © Google Maps

EN VIDEO - Les soldats français ont pris position au Mali.

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"Les soldats français et africains prennent position au Mali"