Maria : qui est "l'ange blond" découvert dans un camp de Roms ?

Maria : qui est "l'ange blond" découvert dans un camp de Roms ? On la surnomme "l'ange blond" ou encore "Blondinette". Maria, une fillette de 4 ou 5 ans, a été découverte par la police grecque dans un camp de Roms. En fait, elle est la fille d'un couple de Roms bulgares.

[Mis à jour le 28 octobre à 16h10] Depuis quelques jours, le sort de la petite Maria passionne les Grecs. Cette fillette de 4 ou 5 ans a été découverte le 16 octobre par la police dans un camp de Roms à Farsala, dans le centre du pays, lors d'un contrôle de routine. Présentée comme "l'ange blond" ou encore "Blondinette", elle vivait dans une famille qui n'était pas la sienne, traitée selon ses propres termes "comme un ours de danse". C'est le visage de la petite fille, blonde aux yeux bleus, qui a d'abord intrigué les policiers qui étaient alors à la recherche de drogue et d'armes. Celle-ci ne ressemblait pas du tout à ceux qui se présentaient comme ses parents, un couple de Roms d'une quarantaine d'années...

Des tests ADN ont depuis prouvé qu'il n'y avait effectivement aucun lien entre "Maria" et ses parents "adoptifs". Pas plus d'ailleurs qu'avec ses treize "frères et sœurs". Une famille étrangement pléthorique qui attire sur elle les soupçons d'un vaste trafic d'enfants. La "mère" aurait affirmé avoir donné naissance à six enfants en moins de dix mois. Quant à "Maria", le couple va d'abord expliquer qu'il s'agit de la fille d'un Canadien, rencontré en Crète. Il prétendra ensuite que l'enfant a été trouvée aux abords d'un supermarché. Enfin, il assurera aux policiers que la petite, passionnée par la danse, leur a été confiée par sa mère, par une tierce personne ou par une mère adoptive bulgare pour rejoindre la troupe de Roms "sur scène". Des versions on ne peut plus contradictoires.

La fille d'un couple de Roms bulgares

Jeudi 24 octobre, un couple de Roms bulgares, Sacha et Atanas Roussev, a été interrogé par la police. L'enquête a révélé qu'il s'agissait des véritables parents de la petite Maria. Le parquet de Strara Zagora avait annoncé qu'il avait ordonné un test ADN pour établir s'il existe un lien de parenté entre Maria et les personnes suspectées par la police. Vendredi 25 octobre, les résultats ont prouvé la paternité de Sacha et Atanas Roussev. Ceux-ci sont désormais les premiers suspects de l'enquête ouverte pour "abandon d'enfant". La mère de la fillette dit avoir reconnu Maria lorsqu'elle passait dans les journaux télévisés, mais dément avoir abandonné sa fille contre de l'argent : "Nous avons donné notre enfant. Nous n'avons pas pris d'argent. Nous n'avions pas assez pour la nourrir" avait-elle expliqué à la presse, dans un témoignage en forme d'aveu.

De retour dans sa famille ?

Désormais, la famille suspectée d'avoir abandonné Maria en Grèce dit vouloir la récupérer. La soeur aînée de la famille, Katia Rousseva n'a pas hésité à prendre à témoin les journalistes bulgares devant les caméras de télévision "Rendez-nous Maria ! Nous l'abriterons et partagerons notre pain avec elle !" s'est-elle écrié, ajoutant : "Je gardais mes huit frères et soeurs à Nikolaevo quand mes parents étaient en Grèce. Maman a dit à son retour qu'elle avait laissé un bébé là-bas. Elle n'avait pas d'argent pour payer son passeport".

Selon toute vraisemblance et d'après les informations recueillies par les médias locaux, Maria pourrait revenir en Bulgarie, mais pas pour être rendue à sa famille à Nikolaevo. Elle devrait être confiée à un foyer associatif pour enfants ou un centre d'assistance sociale, avant d'être placée dans une famille d'accueil.

Enlevée pour mendier ou pour être vendue ?

Selon les éléments de l'enquête grecque ouverte pour "enlèvement de mineur", éléments diffusés au tout début de cette affaire, Maria aurait été utilisée en Grèce pour mendier. Une arme et une cagoule auraient été retrouvées dans la maison de ses ravisseurs présumés, laissant imaginer un kidnapping. Plusieurs vidéos sont aussi analysées par les enquêteurs ou l'on voit notamment la fillette danser aux côtés d'une jeune Rom de 21 ans. Si "Maria" a confirmé aux enquêteurs qu'elle aimait danser, elle était "sale et terrifiée" au moment de sa découverte. Un appel à témoins international avait été lancé pour retrouver ses parents, Interpol diffusant plusieurs séries de photographies de la fillette. Des tests dentaires ont été réalisés pour déterminer son âge exact.

Le couple de Roms, soupçonné d'avoir enlevé la fillette, a comparu lundi 21 octobre devant la justice grecque pour s'expliquer. Il nie en bloc les accusations dont il fait l'objet. Selon leur avocat Me Konstantinos Katsavos, "il n'y eu aucun enlèvement, aucun vol, aucun trafic. Ils n'ont pas acheté l'enfant". Selon une autre avocate, Me Marietta Palavra, c'est bien une femme "qui ne pouvait pas élever cet enfant" qui "l'a confiée au couple en 2009 peu après sa naissance", par l'intermédiaire d'une autre personne. La communauté rom de Farsala est quant à elle solidaire du couple. "Maria doit revenir au camp parce que c'est là où elle demeure", explique l'un de ses membres devant les caméras de l'AFP. Il estime également que "Maria est torturée là où elle est aujourd'hui. Ils ne montrent même pas une seule photo pour nous prouver qu'elle se porte bien. Maria a appris à vivre différemment ici." Aujourd'hui, les parents "adoptifs" de la fillette, Eleftheria Dimopoulou et Hristo Salis, sont inculpés d'"enlèvement" et de "constitution de faux papiers". Ils sont emprisonnés.

Elle apprend à présent le grec

Une assistante sociale qui s'occupe actuellement de Maria a confié à Euronews que la fillette "a accepté que des gens prennent soin d'elle", décrivant une petite enjouée, qui s'amuse avec des jouets et qui "réagit normalement à son environnement". Athanasia Kakarouba précise que Maria "apprend le grec, elle a déjà dit ses premiers mots parce que jusqu'à présent, elle ne parlait que le dialecte rom".

EN VIDEO : Une voisine de la soeur aînée de Maria, "l'ange blond", raconte les détails du processus du trafic d'enfants :