2e tour des municipales 2014 à Paris : tous les résultats #mun75000

2e tour des municipales 2014 à Paris : tous les résultats #mun75000 [SYNTHESE] Anne Hidalgo remporte l'élection municipale à Paris face à Nathalie Kosciusko-Morizet. Elle obtient 92 conseillers de Paris contre 71 pour la droite. La synthèse des résultats des municipales 2014 à Paris.

[Mise à jour le 31 mars 2014 à 18h06] Anne Hidalgo a obtenu au total 92 sièges de conseillers de Paris lors des résultats des municipales dans la capitale. C'est plus d'une vingtaine de sièges de plus que sa rivale pour cette élection, Nathalie Kosciusko-Morizet. La candidate socialiste sera donc élue maire de Paris le 5 avril 2014, date prévue du premier grand Conseil de Paris après le second tour des élections municipales qui s'avère aussi être une élection départementale (lire aussi "Comment le maire de Paris est-il élu ?"). Anne Hidalgo a globalement l'avantage dans les 16 arrondissements où un vote avait lieu dimanche 30 mars. Elle récolte en moyenne 55 % des suffrages pour le second tour. NKM obtiendrait elle 42 % des voix selon un sondage. 

Dans le détail, arrondissement par arrondissement, l'élection a en effet avantagé la candidate PS. Dans le 1er arrondissement, Jean-François LEGARET a été élu dès le premier tour avec 51,71 % des voix contre 27,35 % pour son adversaire PS Loïg RAOUL. Dans le 2e arrondissement de Paris, c'est le socialiste Jacques BOUTAULT qui s'impose au second tour avec 58,24 % des suffrages. Son adversaire UMP Christophe LEKIEFFRE atteint 41,75 %. Dans le 3e arrondissement, Pierre AIDENBAUM (PS) est largement en tête des suffrages avec un score de 60,44 % au second tour face à Marie-Laure HAREL (39,55 %). Dans le 4e arrondissement, Christophe GIRARD s'impose de justesse avec 50,26 % face au candidat UMP Vincent ROGER (49,73 %). Dans le 5e arrondissement, c'est la droite quoi l'emporte avec Florence BERTHOUT (51,29 %) face à Marie-Christine LEMARDELEY (48,70 %). Dans le 6e arrondissement, le candidat UMP Jean-Pierre LECOQ l'avait emporté dès le premier tour le 23 mars avec 52,61 % face au socialiste Romain LEVY, Dans le 7e arrondissement, Rachida DATI l'emporte dans une triangulaire avec 55,46 % face au divers droite Christian LE ROUX (24,30 %) et à la candidate de gauche Capucine EDOU (20,23 %). Dans le 8e arrondissement, la triangulaire entre Jeanne D'HAUTESERRE, le dissident de droite Charles BEIGBEDER et la candidate PS Corine BARLIS tourne aussi à l'avantage de l'UMP. Jeanne D'HAUTESERRE l'emporte avec 56,44 % contre respectivement 24,20 % et 19,35 % pour ses concurrents. Le 9e arrondissement de Paris sera la mauvaise surprise de ce scrutin pour la gauche puisque c'est la candidate de droite Delphine BURKLI qui chipe cet arrondissement de justesse avec 50,36 % des voix contre 49,63 % à la liste Union de la gauche de Pauline VERON (49,63 %). Dans le 10e arrondissement, Rémi FERAUD obtient l'une des plus belles victoires du scrutin avec 66,04 % contre 33,95 % à l'UMP Déborah PAWLIK.

Dans le 11e arrondissement de Paris, le candidat de gauche François VAUGLIN (64,37 %) dépasse Christian SAINT-ETIENNE (35,62 %). Dans le 12e arrondissement c'est Catherine BARATTI-ELBAZ qui bat Valérie MONTANDON par 53,04 % contre 46,95 %. Dans le 13e arrondissement de Paris, le candidat socialiste Jérôme COUMET défait la candidate UMP Edith GALLOIS avec respectivement 62,42 % et 37,57 % des suffrages. Nathalie Kosciusko-Morizet est quant à elle largement battue dans le 14e par une quasi-inconnue, Carine PETIT, qui obtient 53,08 % contre 46,91 % pour la vedette de l'UMP dans la capitale. Anne Hidalgo ne fait pas mieux dans le 15e arrondissement : Philippe GOUJON obtient 63,37 % et bat Anne HIDALGO à plate couture (36,62 %). Dans le 16e arrondissement, Claude GOASGUEN avait été élu dès le premier tour avec 63,04 % face au socialiste Thomas LAURET (12,98 %) et au DVD David ALPHAND (9,31 %). Dans le 17e arrondissement, c'est aussi l'UMP Brigitte KUSTER qui s'était imposée dès le premier tour avec 53,53 % face à la socialiste Annick LEPETIT (25,38 %) et l'écologiste Pauline DELPECH (6,58 %). Le 18e arrondissement, fief de Bertrand Delanoë, reste à gauche, Eric LEJOINDRE écrasant Pierre-Yves BOURNAZEL pars 62,42 % des voix contre 37,57 %. Dans le 19e arrondissement, le candidat de la gauche François DAGNAUD écrase aussi celui de la droite Jean-Jacques GIANNESINI par 64,45 % contre 35,54 %. Enfin, dans le 20e arrondissement de Paris, Frédérique CALANDRA bat Danielle SIMONNET par 55,07 % contre 13,66 %.

"Je suis la première femme maire de Paris [...] J'ai conscience du défi que ça représente. Je serai la maire qui ne triche jamais", a annoncé Anne Hidalgo dans un discours en fin de soirée. Anne Hidalgo, donnée grande favorite avant le scrutin du 23 mars, s'était vue dépassée par Nathalie Kosciusko-Morizet dimanche dernier, plusieurs listes de l'UMP ayant réalisé, dans les arrondissements, de meilleurs scores qu'annoncés et quatre maires de droite ayant été élus dès le premier tour dans la capitale, contre aucun pour la gauche.

Un premier tour serré à Paris

Globalement, la candidate socialiste avait récolté entre 34 et 35 % des voix en moyenne dans les 20 arrondissements de la capitale quand sa rivale UMP glanait un point de plus la semaine dernière. De quoi rebattre les cartes pour ce 2eme tour des municipales à Paris. NKM est notamment parvenue un score honorable, malgré les dissidences qui avaient perturbé sa campagne et pouvait bénéficier d'un report de voix globalement favorable des "divers droite" ici et là au second tour. Mais Anne Hidalgo, qui a fusionné ses listes avec celles d'Europe-Ecologie-Les-Verts dans l'entre-deux tours, avait manifestement encore des ressources avant l'épilogue.

Anne Hidalgo a vécu une campagne des municipales à Paris plus "paisible" que sa concurrente. Dauphine désignée par Bertrand Delanoë depuis déjà plusieurs années, proche à la fois de Martine Aubry et de François Hollande, Anne Hidalgo, en bonne connaisseuse des rouages du Parti socialiste, s'est assurée un soutien du PS local et national. De son côté, Nathalie Kosciusko-Morizet a dû se qualifier lors d'une primaire difficile à l'UMP en novembre 2013 et a vu sa campagne émaillée de plusieurs candidatures dissidentes de membres de l'UMP déçus de ne pas figurer en bonne place sur ses listes, à commencer par Charles Beigbeder qui a mené ses propres listes à la bataille.

Une victoire pas suffisante pour éviter un remaniement ministériel

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a annoncé sa démission lundi, peu avant 18 heures. Selon le journal Le Monde, c'est le ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui devrait désormais être le locataire de Matignon. Avec le président, il donnera sans doute demain l'identité des nouveaux ministres. La victoire d'Anne Hidalgo à Paris a donc été insuffisante pour éviter à François Hollande de devoir faire un remaniement ministériel. La nouvelle maire de Paris avait elle-même appelé ce matin à un changement d'équipe gouvernementale.

Anne Hidalgo, de San Fernando à Paris

Née en Espagne, Anne Hidalgo voulait donc devenir la première maire (femme) de Paris, un poste qui a longtemps été vu comme un tremplin politique vers les plus hautes fonctions. Et ce même si Bertrand Delanoë semble avoir suivi le chemin inverse de Jacques Chirac, ancien maire de Paris devenu président de la République. Spécialisée en sciences sociales, Anne Hidalgo est à l'origine inspectrice du travail. Au PS, elle sera repérée par François Hollande, alors premier secrétaire du PS. Anne Hidalgo a plusieurs expériences au sein de cabinets ministériels à son actif. Elle entre en 2001 au conseil municipal de Paris, élue dans le XVe arrondissement. Elle deviendra presque immédiatement adjointe de Bertrand Delanoë.
Anne Hidalgo connaitra tout de même plusieurs passages à vide dans sa carrière. En 2002, elle échoue à se faire élire députée de la 12ème circonscription de Paris. Un premier échec suivi d'un second, en 2007, dans la 13e circonscription cette fois. Elle sera aussi battue dans le XVe arrondissement lors des municipales de 2008, mais sera tout de même élue "conseillère de Paris" (les conseillers de Paris ayant une fonction de conseillers généraux et le pouvoir d'élire le maire de Paris).

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