Syrie : Hervé Morin estime qu'il "faut discuter avec tout le monde"

Syrie : Hervé Morin estime qu'il "faut discuter avec tout le monde" S'il affirme sans équivoque que Bachar al Assad "n'a pas vocation à rester", Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, estime toutefois qu'il "faut bien discuter avec tout le monde". Le président du Nouveau Centre appelle par ailleurs à une réforme de l'ONU.

François Hollande l'a redit ce mardi sur Europe 1, "la seule solution" en Syrie "est qu'il y ait effectivement, à un moment ou à un autre, des élections et que Bachar al Assad ne puisse pas être candidat". C'est pourtant sur ce point que les négociations engagées à Vienne la semaine dernière patinent. En effet, les Etats-Unis, la France et leurs alliés occidentaux et arabes veulent établir un "calendrier précis" de départ du président syrien, rapporte Le Figaro. De l'autre côté, la Russie et l'Iran veulent absolument que Bachar al Assad assure un rôle de transition politique. Hervé Morin, président du Nouveau Centre et ancien ministre de la Défense, défend une position moins ferme que celle de la France.

"Hervé Morin pour "discuter avec tout le monde" sur la Syrie"

"Bachar al Assad est un criminel et un assassin et donc il n'a pas vocation à rester", affirme-t-il mardi dans l'émission #DirectPolitique (Linternaute.com, 20Minutes). Toutefois, Hervé Morin estime qu'il "faut accepter l'idée aussi que nous puissions avoir un dialogue politique qui soit le plus large possible" mettant en avant le besoin de "représentants pour discuter de cette phase de transition". "Il faut bien discuter avec tout le monde, ça ne fait aucun doute", ajoute-t-il. Les négociations sur ce sujet doivent reprendre dans deux semaines. Fait important, l'Iran est assis à la table des discussions sur l'avenir de la Syrie. "Je le demandais depuis des semaines. Quand j'évoquais cette question, je disais que les choses ne pouvaient pas évoluer sans l'Iran qui est un acteur majeur – dès lors que la question nucléaire est réglée", s'enthousiasme le président du Nouveau Centre.

Hervé Morin appelle à une évolution de l'ONU

Sur le plateau de #DirectPolitique, Hervé Morin s'est une nouvelle fois opposé à "l'idée de forces terrestres intervenant massivement sur le territoire", craignant un "enlisement". Il a fait part de sa proposition de créer "des zones sécurisées sous protection des casques bleus armés pour être en capacité de répondre". Une solution pour lui sur le terrain mais également une réponse à l'afflux des migrants en Europe. " Je veux que les Syriens se disent qu'à nouveau leur avenir est dans leur pays", affirme-t-il.

Hervé Morin a par ailleurs appelé de ses vœux une évolution du modèle de l'ONU. "On voit bien que la représentation du conseil de sécurité de 1945, des gagnants de la guerre, n'a plus de sens", estime-t-il. "En vertu de quoi le Brésil ne serait-il pas au sein du Conseil de sécurité ?", demande-t-il ainsi en guise d'exemple. "Il faut qu'on crée un modèle beaucoup plus collaboratif". Et pour faire évoluer l'ONU, l'ancien ministre compte sur l'Europe. "Le système (de l'Europe, ndlr) devrait inspirer la construction du monde de demain".