Interview de Macron : quelles annonces ce mercredi à 13h ?

Interview de Macron : quelles annonces ce mercredi à 13h ? À la veille de l'interview d'Emmanuel Macron dans les 13 Heures de TF1 et France 2, des propos tenus par le président, mardi soir, lors d'une réunion ont fuité. Le chef de l'État aurait notamment affirmé que "la foule n'a pas de légitimité" face "au peuple qui s'exprime à travers ses élus".

Mardi soir, Emmanuel Macron recevait les députés et les sénateurs de la majorité à l'Élysée. Au lendemain du rejet des motions de censure à l'Assemblée nationale, et alors même que pour la deuxième soirée consécutive de nombreux manifestants se mobilisaient, un peu partout en France, contre la réforme des retraites et le "passage en force", selon eux, de l'exécutif, des propos du chef de l'État ont fuité dans la presse. Face aux parlementaires, Emmanuel Macron aurait défendu le recours au 49.3. "Utiliser la Constitution pour faire passer une réforme est toujours une bonne chose si on veut être respectueux de nos institutions", aurait défendu le président de la République, selon des propos rapportés par plusieurs participants, dont Le Figaro se fait l'écho. 

Réagissant aux heurts et tensions observés dans plusieurs villes de France depuis deux jours, Emmanuel Macron a jugé que "la foule" qui se mobilise contre la réforme des retraites n'a "pas de légitimité face au peuple qui s'exprime souverain à travers ses élus", rapporte également BFM TV. Et d'insister : "L'émeute ne l'emporte pas sur les représentants du peuple." Promettant de défendre "l'ordre démocratique et républicain", Emmanuel Macron a estimé qu'"en démocratie, ça n'est pas parce qu'un texte passe à très peu de voix qu'il est illégitime". Enfin, le chef de l'État a reconnu que "s'ouvre une période [...] où il faut apaiser, calmer, retourner sur le terrain et écouter les colères". Des propos rapportés comme une ébauche de ce que le président de la République pourrait déclarer, mercredi 22 mars, dans son interview accordée à France 2 et TF1 et qui sera diffusée dans le cadre des JT de 13 Heures ? 

Une interview pour dire quoi ?

Il est probable que le président s'adresse aux Français pour tenter d'impulser une nouvelle dynamique politique. Le procès en déconnexion ? Les accusations de pourrissement du mouvement social ou d'autoritarisme ? Emmanuel Macron va devoir faire entendre qu'il est conscient de l'ampleur de la gronde. Sans doute devra-t-il admettre, aussi, que la méthode n'a pas été très bonne : le chef de l'Etat mesure le rejet que provoque l'utilisation du 49.3, il a pourtant choisi cette voie. Il mesure aussi que le compromis tant recherché, notamment avec les députés LR, a abouti à une impasse.

Alors, à quelle annonce faut-il s'attendre ? Mardi, l'entourage du président de la République a fait savoir à l'Agence France Presse que ce dernier ne comptait pas annoncer de remaniement ministériel, ni de référendum sur la réforme des retraites, ni de dissolution de l'Assemblée nationale. Une réunion entre Emmanuel Macron, conseillers et quelques ministres s'est tenue dans la matinée, et quelques participants ont ébruité auprès de l'AFP quelques certitudes sur cette intervention : le chef de l'Etat a demandé des "propositions" à l'exécutif pour impulser un "changement de méthode et d'agenda des réformes" d'ici un mois. Le président souhaite, selon cette source, "identifier quelques projets clairs, sur un agenda clair" pour "éviter de se retrouver dans une contestation de la légitimité d'un texte" pour la fin du quinquennat.

Cependant, selon des confidences de conseillers de l'Élysée, rapportées par La Dépêche, le changement de Premier ministre est une éventualité dans un futur plus éloigné, si la crise s'étale et persiste. "Si le fait de sacrifier Élisabeth Borne peut permettre d'apaiser la rue, nous n'hésiterons pas", disait un proche du président, tandis qu'un ministre assurait au même journal que "le remaniement, c'est la seule arme qu'il reste" à Emmanuel Macron. Mais même dans quelques semaines ou quelques mois, remanier pour remanier n'aurait pas de sens. C'est une stabilité politique que doit chercher le président. Et si cela passait par un "pacte de gouvernement" avec LR ? Emmanuel Macron intégrerait alors des personnalités du parti d'Éric Ciotti à l'exécutif, si tant est que la main tendue soit saisie. Une manière d'inscrire la fin de son quinquennat dans une forme de solidité institutionnelle, à droite, avec la constitution d'une majorité de fait à l'Assemblée nationale.