Boualem Sansal en prison en Algérie : la peine qu'il risque indigne ses soutiens

Boualem Sansal en prison en Algérie : la peine qu'il risque indigne ses soutiens Placé en détention en Algérie, l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal est accusé d'"atteinte à l'intégrité du territoire national", ce qui est assimilé à un acte terroriste. Il risque ainsi la réclusion à perpétuité, voire la peine de mort.

Les charges retenues contre Boualem Sansal ce 26 novembre sont particulièrement lourdes. Alors que l'écrivain franco-algérien de 75 ans était entendu mardi par le parquet antiterroriste d'Alger, une dizaine de jours après avoir été interpellé à son arrivée à l'aéroport d'Alger, Boualem Sansal a été placé sous mandat de dépôt. Il "est aujourd'hui placé en détention en vertu de l'article 87 bis du Code pénal algérien qui réprime l'ensemble des atteintes à la sûreté de l'État", a révélé son avocat en France, Me François Zimeray, dont Le Figaro se fait l'écho. Comme le précise le média officiel du gouvernement algérien, El Moudjahid, l'écrivain est poursuivi pour plusieurs chefs d'inculpation parmi lesquels celui d'"atteinte à l'intégrité du territoire national", assimilé à un acte de "terrorisme", précise Le Monde. Il risque ainsi la réclusion criminelle à perpétuité, voire même la peine de mort. Notons toutefois qu'aucune exécution n'a eu lieu depuis plus de trente ans en Algérie. 

Ses soutiens n'ont pas manqué de réagir ce mardi soir. Sur X, le député français Éric Ciotti a déploré la nouvelle, demandant "au Premier ministre d'agir maintenant pour exiger la libération d'un de nos compatriotes". Et de renchérir : "La liberté d'expression n'est pas un crime, c'est un droit !" De son côté, le maire de Cannes, David Lisnard, a estimé dans l'émission Esprits Libres que "Boualem Sansal n'a rien à faire en prison". Pour lui, Paris doit "être capable de montrer que nous avons encore une influence diplomatique".

Quels sont les faits reprochés à Boualem Sansal ?

Dans le viseur d'Alger, des propos tenus par Boualem Sansal auprès du média d'extrême droite Frontières. Dans un entretien paru le 2 octobre dernier, l'écrivain défendait la position marocaine sur le très sensible sujet de la frontière entre l'Algérie et le Maroc. Boualem Sansal estimait notamment que lorsque "la France a colonisé l'Algérie, toute la partie ouest de l'Algérie faisait partie du Maroc : Tlemcen, Oran et même jusqu'à Mascara […]. Quand la France colonise l'Algérie, elle s'installe comme protectorat au Maroc et décide, comme ça, arbitrairement, de rattacher tout l'est du Maroc à l'Algérie, en traçant une frontière". Toujours selon lui, "le régime algérien, qui est un régime militaire, [aurait] inventé le Polisario [le mouvement indépendantiste du Sahara occidental, ndlr.] pour déstabiliser le Maroc". Des propos qui s'inscrivent dans un contexte déjà tendu, Paris ayant reconnu le 30 juillet dernier la "souveraineté marocaine sur le Sahara occidental".