VIDEO. Mila et ses insultes sur l'islam : "J'aurais pu le dire sur une autre religion"

VIDEO. Mila et ses insultes sur l'islam : "J'aurais pu le dire sur une autre religion" Victime de harcèlement sur les réseaux sociaux suite à ses propos blasphématoires, la lycéenne Mila était restée silencieuse. Ce 3 février, elle s'est exprimée pour la première fois depuis le début de la polémique, sur le plateau de Quotidien.

"Je ne regrette absolument pas mes propos, c'était vraiment ma pensée," a déclaré Mila sur le plateau de Yann Barthès ce lundi 3 février. L'adolescente iséroise, âgée de 16 ans et déscolarisée depuis le début de la polémique sur le blasphème qui a pris une ampleur considérable. La jeune fille avait proféré des insultes à l'encontre de l'islam sur Instagram. En réaction aux propos de Mila, une vague de haine et de harcèlement s'est manifestée, en particulier sur les réseaux sociaux, où elle a été menacée de viol et de mort.

Mila avait depuis gardé le silence et a tenu a précisé sur le plateau de l'émission Quotidien, sur TMC, qu'elle n'a plus de compte sur les réseaux sociaux, alertant le public sur les "faux-comptes" et "fausses cagnottes" qui circulent en son nom sur internet. Revendiquant son droit à exprimer sa pensée sur une religion, la jeune fille a déclaré : "Je m'excuse un petit peu pour les personnes que j'ai pu blesser, qui pratiquent leur religion en paix, et je n'ai jamais voulu viser des êtres humains. J'ai voulu blasphémer, j'ai voulu parler d'une religion, dire ce que j'en pensais." Mila a toutefois déclaré regretter d'avoir tenu ces propos sur internet, dans un cadre ouvert à tous, et ne pas avoir mesuré "l'ampleur que [cela pourrait] prendre".

La jeune fille a souhaité pouvoir s'exprimer sur ce qui s'est passé, afin de nuancer "l'image de cette fille sur la vidéo devenue virale". Avec ses propres mots, Mila a relaté le commencement de l'affaire, le samedi 18 janvier : "Je faisais un direct sur Instagram, je me maquillais, j'étais contente (...). Un garçon me draguait lourdement durant ce live en me disant '"t'es belle, t'es bonne, t'as quel âge ?", je l'ai remis en place." Ensuite, lorsque le garçon l'a interrogée sur ses préférences sexuelles, elle a déclaré être lesbienne puis a précisé, pressée par ses interlocuteurs, ne pas être attirée par "les noirs et les rebeus". Dans la suite du live, un garçon l'a insultée "au nom d'Allah", et la conversation "a basculé sur la religion." "J'ai arrêté le live," conclut Mila.

En quelques minutes, la jeune fille a reçu une centaine de messages de haine et a repris son téléphone pour faire une mise au point en story sur Instagram :  "Je déteste la religion, le coran, il n'y a que de la haine là-dedans, c'est de la merde, c'est ce que j'en pense. On ne peut pas être raciste d'une religion. L'islam est une religion. J'ai dit ce que j'en pensais, vous n'allez pas me le faire regretter. Votre religion c'est de la merde." C'est à ce moment-là que le harcèlement a pris une autre ampleur, alors que sa vidéo était relayée en masse sur les réseaux sociaux.

L'adolescente a expliqué ne pas avoir pu retourner en cours depuis ces événements, et a assuré recevoir le soutien de l'Education nationale, qui "fait le maximum pour [l']aider, et [lui] trouver un endroit où elle sera en sécurité" pour poursuivre sa scolarité. Un objectif que Jean-Michel Blanquer a réaffirmé, déclarant que l'Education nationale souhaiter l'aider "avec une certaine discrétion" afin de rescolariser Mila "paisiblement, pour qu'elle ait une vie normale". Sur TMC, l'adolescente a témoigné de la violence du harcèlement qu'elle a subi, indiquant que sa vie est "clairement en pause" depuis. Et d'ajouter : "J'ai toujours été un personnage public, sur les réseaux sociaux. Je n'ai pas à me cacher. Je n'ai rien fait de mal."

Mila, menacée de mort pour des propos blasphématoires

Rapidement, les défenseurs de Mila ont utilisé le hashtag "je suis Mila" pour manifester leur soutien à la jeune fille, dont les coordonnées personnelles, comme son adresse, ont été diffusées sur internet. Suite aux insultes et menaces reçues par l'adolescente, la police était présente lundi matin devant son établissement, par mesure de prévention.

Le rectorat de Grenoble a indiqué au Huffington Post que "le proviseur de son établissement, situé dans le Nord Isère, a procédé à un signalement auprès du procureur de la République". Le rectorat a également indiqué qu'une "prise en charge physique et psychique" de Mila avait été confiée à la plateforme Net écoute. L'adolescente a de son côté porté plainte, selon France Info, et le procureur de Vienne a ouvert une enquête pour menaces de mort. Cette enquête sera menée par la section de recherches de la gendarmerie, compétente en matière de cybercriminalité.

Une autre enquête a été ouverte pour "incitation à la haine raciale" au sujet des propos de Mila, rapidement classée sans suite. Le procureur de la République de Vienne, Jérôme Bourrier, a précisé dans un communiqué : "Les investigations conduites aux fins d'exploitations des propos diffusés, d'analyse de leur dimension contextuelle, de la personnalité de leurs auteurs et des finalités poursuivies, n'ont révélé aucun élément de nature à caractériser cette infraction pénale."

Le harcèlement, un délit puni par la loi

Rappelons que le blasphème n'est pas condamnable en France : tout un chacun peut librement critiquer et même se moquer d'une religion, il s'agit d'une liberté consacrée en France. En revanche, les menaces, de viol ou de mort, sont passibles de condamnation, en vertu de l'article 222-17 du code pénal, qui dispose : "La menace de commettre un crime ou un délit contre les personnes (...) est punie de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende lorsqu'elle est, soit réitérée, soit matérialisée par un écrit, une image ou tout autre objet. La peine est portée à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende s'il s'agit d'une menace de mort."

Dans le code pénal, le harcèlement moral, numérique ou non, est considéré comme un délit, et passible de condamnation, comme le dispose l'article 222-33-2-2 : "Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés (...) est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende (...). L'infraction est également constituée : a) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l'instigation de l'une d'elles, alors même que chacune de ces personnes n'a pas agi de façon répétée ; les faits mentionnés aux premier à quatrième alinéas sont punis de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende : 1° Lorsqu'ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ; 2° Lorsqu'ils ont été commis sur un mineur de quinze ans ; 3° Lorsqu'ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ; 4° Lorsqu'ils ont été commis par l'utilisation d'un service de communication au public en ligne ou par le biais d'un support numérique ou électronique ; 5° Lorsqu'un mineur était présent et y a assisté. Les faits mentionnés aux premier à quatrième alinéas sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende lorsqu'ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux 1° à 5°."