Clarisse Agbegnenou (judo JO) : prématurée, gendarme... Qui est la championne olympique ?

Clarisse Agbegnenou (judo JO) : prématurée, gendarme... Qui est la championne olympique ? AGBEGNENOU. Clarisse Agbegnenou est devenue ce mardi championne olympique du judo -63kg aux JO de Tokyo. La Française a pris sa revanche sur la Slovène Tina Trstenjak qui l'avait battue aux JO de Rio, et décroche sa première médaille d'or au bout d'une journée parfaite.

[Mis à jour le 27 juillet à 13h59] Clarisse Agbegnenou était en mission ce mardi 27 juillet : remporter l'or olympique pour la première fois de sa riche carrière, déjà couronnée de cinq titre de championne du monde dans la catégorie -63kg. La Française a vécu une journée historique sur les tatamis de Tokyo lors de ces JO 2021, éteignant une à une ses adversaires pour s'offrir une finale de rêve contre la Slovène Tina Trstenjak, celle-là même qui l'avait privée du titre suprême en 2016 à Rio. Tournée depuis 5 ans vers cette revanche, Clarisse Agbegnenou a dominé la finale, finalement remportée après golden score sur un waza-ari.

Elle offre à la France sa 2e médaille d'or dans ces JO après l'escrimeur Romain Cannone sacré à l'épée mais aussi la quatrième médaille en judo après Luka Mhkeidze, Amandine Buchard et Sarah-Léonie Cysique, la première en or et s'inscrit un peu plus dans l'histoire du sport français avec un palmarès XXL. "Enfin, c'était la journée la plus dure mentalement. je l'ai enfin, je n'y crois pas, a-t-elle réagi à chaud au micro de France Télévisions. J'étais ambitieuse, ça n'a pas été simple, je n'ai même pas les mots". La Française a pris sa revanche sur Tina Trstenjak en finale. "C'est incroyable, cette journée a été dure pour nous deux, prendre ma revanche 5 ans après, je n'aurais pas pu rêver mieux ! Le chemin a été dur, long. Je suis contente de ramener cette médaille car mon équipe a été tellement excellente. Ce sont elles qui m'ont donné la force, je n'ai pas le compteur en tête mais on va ramener d'autres médailles".

Commment Clarisse Agbegnenou est elle devenue championne olympique ? Les résumés en vidéo

Première étape, au 2e tour, pour son entrée en lice, Clarisse Agbegnenou n'a fait qu'une bouchée de la Capverdienne Sandrine Billiet, 56e mondiale et sortie en 20 secondes.

En quarts de finale, Juul Franssen a mieux résisté mais cédé sur waza-ari après 4 minutes de combat.

En demi-finale, Clarisse Agbegnenou a écarté sur waza-ari la Canadienne Catherine Beauchemin-Pinard, n°7 mondiale avant de retrouver la Slovène Tina Trstenjak en finale, pour la revanche des JO 2016 de Rio. Face à la championne olympique en titre, la Française a trouvé l'ouverture après golden score.

Biographie courte de Clarisse Agbegnenou

Clarisse Agbegnenou est née de parents d'origines togolaises le 25 octobre 1992. Elle a donc 28 ans au moment de disputer les JO de Tokyo. L'enfance de Clarisse Agbegnenou, a été marquée par la maladie et les difficultés. Née grande prématurée avec son frère jumeau Aurélien, Clarisse passe le début de sa vie en couveuse durant quatre semaines et doit subir une opération due à la malformation d'un rein. Elle tombe même dans le coma pendant sept jours. Petite, même si elle est souvent malade et hospitalisée, elle se bat et finit par martyriser les garçons dans la cour de l'école primaire. Poussée au judo par la directrice de son école et ses parents alors qu'elle faisait de l'athlétisme et de la danse, la Française trouve sa voie et un moyen de canaliser son énergie.

Elle intègre le club des Art martiaux d'Asnières à 9 ans, puis entre au pôle de l'équipe de France à 14 ans, à Orléans, où elle continue de martyriser les garçons, mais sur les tatamis cette fois. Sacrée championne de France junior -63 kg en 2009, elle entre à l'INSEP et rejoint le Judo Club Escales Argenteuil, à 16 ans et demi. Clarisse Agbegnenou remporte sa première médaille d'or internationale aux championnats d'Europe en 2013. La première d'une longue lignée. Auréolée de ses titres de championne du monde et de championne d'Europe, elle débarque aux Jeux de Rio en 2016 avec la ferme intention de rafler la médaille d'or, mais perd en finale devant la Slovène Tina Trstenjak. Après les Jeux, elle rejoint le Red Star Club (RSC) de Champigny-sur-Marne.  Depuis, la judokate française règne sur sa catégorie des -63 kg. Elle a récolté quatre titres de championne du monde supplémentaire, trois titres européens et faisait évidemment figure de favorite pour les JO de Tokyo, où elle a été désignée porte-drapeau de la délégation française en compagnie du gymnaste Samir Aït Saïd. Après sa carrière, elle voudrait faire une formation à HEC pour devenir coach de vie. Clarisse Agbegnenou est aussi très engagée sur le plan associatif et est notamment la marraine et ambassadrice de l'association SOS Préma.

Clarisse Agbegnenou de grande prématurée dans le coma à championne olympique

Avant de dominer le judo mondial, Clarisse Agbegnenou a dû se relever d'autres combats. Née en 1992 grande prématurée avec deux mois d'avance en compagnie de son frère jumeau, la future judokate a vécu de premiers mois de vie bien difficiles. Sa naissance a été une épreuve entre réanimation et semaines en couveuse. Les médecins ont ensuite découvert une malformation du rein qu'il a fallu opérer avant que Clarisse Agbegnenou ne soit plongée dans le coma. "Elle avait besoin d'une intervention en raison d'une malformation d'un rein, racontait Pauline, sa mère, à L'Equipe en 2018. "Ce qui fut fait, alors qu'elle ne pesait que deux kilos. Et puis, elle est tombée dans le coma. Elle y est restée durant sept à huit jours. Lorsqu'elle s'est réveillée, dans une grande inspiration, tous ceux qui étaient présents dans sa chambre ont applaudi et je me souviens que le médecin a dit que ma fille était une battante." Clarisse Agbegnenou s'est depuis engagé avec l'association SOS Préma qui se bat pour un meilleur encadrement et aide les familles de bébés prématurés.

Quel est le palmarès de Clarisse Agbegnenou ?

Clarisse Agbegnenou possède tout simplement le plus beau palmarès du judo féminin français. La native de Rennes possède cinq titres de championne du monde (2014, 2017, 2018, 2019 et 2021) ainsi que deux médailles d'argent (2013 et 2015), cinq titres européens (2013, 2014, 2018, 2019 et 2020) et une médaille d'argent olympique (2016). Sans oublier trois titres nationaux (2009, 2010 et 2012). Elle a également été élue championne des championnes par le journal L'Équipe en 2018 et 2019. Le seule titre qui lui manquait était l'or olympique, qu'elle visait à Tokyo cet été. Mission accomplie !

Quel est le salaire de Clarisse Agbegnenou, gendarme et judokate ?

A l'image de Teddy Riner chez les hommes même si elle ne dispose pas de la même popularité, Clarisse Agbegnenou a la chance de pouvoir vivre du judo. La Française a fait carrière dans la gendarmerie en parallèle de sa carrière. Elle a été élevée au grade d'adjudant en avril 2021 et peut donc compter sur un salaire fixe. Très demandée par des sponsors pour des partenariats, elle a rejoint Allianz, l'un des partenaires officiels du comité international olympique, en 2019, jusqu'aux prochains Jeux olympiques de Paris, en 2024. Elle pourrait toucher après Tokyo les primes versés directement par l'Etat aux sportifs en cas de médaille, qui sont de 65 000 euros pour l'or.

Famille de Clarisse Agbegnenou : qui est son compagnon ?

Clarisse Agbegnenou a un frère jumeau, Aurélien, et deux autres frères, dont le plus jeune, Joris, est également judoka. Ils ont été élevés à Asnières, dans le département des Hauts-de-Seine en région Île-de-France, par leurs parents, Victor (vétérinaire) et Pauline, originaires du Togo. La judokate française n'a pas encore eu d'enfant avec son compagnon, Thomas mais elle aimerait fonder une famille, tout en revenant sur les tatamis après.