Sénat : profil des sénateurs, rôle, rémunérations... A quoi sert-il ?

Sénat : profil des sénateurs, rôle, rémunérations... A quoi sert-il ? Quel est le rôle du Sénat ? A quoi servent les sénateurs ? Quelle est leur rémunération ? Le point avant les élections sénatoriales de dimanche.

Le Sénat suscite depuis des années de nombreuses controverses. Chambre législative "inutile", au fonctionnement "opaque", remplie de "notables" bouffis de "privilèges"... Il est pourtant un contre-pouvoir important, connu pour un examen minutieux et parfois plus exigeant des lois. Autre argument en faveur de la "chambre haute" : les élections sénatoriales ne sont pas calquées sur l'élection présidentielle (voir 2017), comme le sont les législatives. La majorité du Sénat est donc généralement plus nuancée que celle de l'Assemblée. Les élections sénatoriales ne manqueront pas pourtant de soulever les mêmes questions : à quoi sert le Sénat ? Quel est le rôle des sénateurs ? Sont-ils vraiment privilégiés ?

Sur le rôle du Sénat tout d'abord, un poncif revient régulièrement : il a pour principale mission de proposer et de voter les lois de la République, soit exactement la même que l'Assemblée nationale avec laquelle il participe aux fameuses "navettes" parlementaires. De quoi accuser le Sénat de chambre "doublon". Les élus de la Haute Chambre se défendent généralement en arguant que le Sénat, grâce à sa moyenne d'âge, à la qualité des débats et aux majorités plus affinées qu'à l'Assemblée, permet au contraire de "mettre de la sagesse dans le processus législatif ".

Le Sénat a par ailleurs un rôle supplémentaire. Quand l'Assemblée représente le peuple, le Sénat représente les territoires. Les sénateurs sont d'ailleurs élus par les "grands électeurs" issus des collectivités locales. Commissions et autres délégations sont donc en charge, au sein de la Haute assemblée, de contrôler la "démocratie locale". Un rôle primordial en 2014, alors que doit être examinée en seconde lecture après les élections la réforme territoriale actant la nouvelle carte des régions. Véritables porte-paroles des régions et de leurs élus, les sénateurs se doivent d'assurer la "représentation des collectivités territoriales de la République". Un travail qui prend le plus souvent la forme de questions, rapports et autres débats au palais du Luxembourg.

Qui sont les sénateurs ? Les sénateurs sont parfois présentés comme des hommes, plutôt âgés et cumulant généralement leur mandat de sénateur avec un mandat local. La moyenne d'âge du sénat en 2014 est de 64 ans, soit près de dix ans de plus que la moyenne d'âge de l'Assemblée nationale (54,6 ans). Il faut dire que l'âge minimal pour être élu sénateur n'est pas 18 mais 24 ans. Jusqu'aux élections de 2011, cet âge était même de 30 ans ! Une chance pour rajeunir la Haute Assemblée : la moyenne d'âge des 1 733 candidats en 2014 est d'un peu plus de 55 ans.

Autre tare du Sénat : sa faible féminisation. On ne compte en effet aujourd'hui que 80 sénatrices sur 344 élus, soit 23,3 % d'entre eux. Petit lot de consolation : l'Assemblée nationale fait à peine mieux avec 26,2 % de femmes.

Quelques sont la rémunération et les privilèges des sénateurs ? La rémunération des sénateurs se divise en trois "indemnités" : une indemnité parlementaire de base qui s'élève à 5 514,68 euros, une indemnité de résidence de 165,44 euros et une indemnité de fonction de 1 420,03 euros. Les sénateurs sont régulièrement critiqués pour les privilèges dont ils bénéficient, parfois dans une grande opacité. Récemment la réserve parlementaire de 50 millions d'euros dans laquelle peuvent piocher les sénateurs pour leur territoire (financement de projets, subventions...) a fait débat.

Les sénateurs, comme les députés, peuvent aussi voyager gratuitement, une carte nominative leur permettant l'accès gratuit à l'ensemble du réseau SNCF en 1re classe et à 40 allers-retours entre Paris et leur circonscription par an. Ils disposent d'un certain nombre de primes, dont une "prime informatique" leur permettant de se faire rembourser l'achat d'équipements jusqu'à 5 000 euros en trois ans. Ils peuvent enfin devenir propriétaires des locaux de leur permanence en région, alors même que des fonds publics leurs sont versés pour l'acquérir. Ainsi, l'indemnité de représentation (l'IRFM) peut servir à acheter des locaux qui, une fois le mandat du sénateur terminé, reviennent parfois à l'intéressé.

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