Avant les élections départementales, grand flou sur l'avenir des départements

Avant les élections départementales, grand flou sur l'avenir des départements ELECTIONS DEPARTEMENTALES - Alors que leur suppression était un temps envisagé, les départements devraient toujours perdurer. Au moins pour quelques années encore.

[Mis à jour le 21 mars 2015 à 20h39] Les politologues n'ont pas manqué de souligner cette drôle de situation. Demain, nous voterons pour des conseils départementaux dont nous ne connaissons ni les compétences futures, ni l'avenir à moyen terme. Le Premier ministre, Manuel Valls, l'a dit : entre les régions et les communes, il y a "besoin de cet échelon intermédiaire". Une déclaration prononcée en novembre dernier, face aux conseillers généraux réunis à Pau, lors de l'Assemblée des départements de France (ADF). Besoin pour quoi faire ? C'est la question qui se pose cruellement à la veille des élections départementales.

Historiquement, les départements sont compétents dans l'action sociale (RSA, petite enfance, personnes âgées et handicapée...), dans l'aménagement, et en matière d'éducation (gestion des collèges). Mais tout est en train de changer avec la réforme territoriale, toujours en cours d'examen au Parlement. Les conseillers généraux, qui seront appelés "conseillers départementaux" à partir de 2015, "ont des compétences de proximité, de solidarité tout à fait essentielles", a appuyé le Premier ministre. Avant d'ajouter qu'elles seront "confortées, clarifiées,  parce qu'on a besoin de cette solidarité, de cette proximité, de cette efficacité". Sauf que le redécoupage des régions est censé leur apporter plus de compétences. Compétences dont seront dépossédés les départements à moyen terme (si l'on suit l'esprit de la loi, les collèges, les transports interurbains et scolaires ou encore les routes devraient passer les premiers à la région).

Une suppression annoncée 11 mois avant les élections départementales

Manuel Valls en défenseur du département, voilà un costume qui a au passage de quoi surprendre quand on sait qu'en avril 2014, il avait plaidé pour une suppression de cet échelon à l'horizon 2021. Avant cette volte-face du Premier ministre, nombreuses ont été les voix à s'élever pour faire disparaître cette échelon, créé il y a maintenant deux siècles. A commencer par celle du président de la République en personne. Le 14 janvier, comme le rappelle Le Monde, François Hollande déclarait ainsi vouloir "mettre un terme aux enchevêtrements et doublons" des collectivités territoriales.

L'idée se voulait plus précise encore, le 6 avril, moins d'un an avant les élections départementales : "Je pense que les conseils généraux ont vécu", déclarait le chef de l'Etat. Cinglant. Objectif : renforcer la puissance des régions françaises afin de les faire exister à l'échelle européennes, notamment face aux puissants länder allemands ou aux régions italiennes. Mais la levée de boucliers des élus départementaux, de gauche comme de droite, a été telle que le gouvernement a dû revoir ses plans. Et à repousser à après 2020 une éventuelle suppression des 101 départements français. Bref, à confier la patate chaude au prochain quinquennat.

En vidéo - Jean-Luc Mano, conseiller en communication et en stratégie politique, doute de la cohérence des élections départementales

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