Virus Ebola : en France, des cas bientôt, des morts "peut-être"

Virus Ebola : en France, des cas bientôt, des morts "peut-être" En France, le virus Ebola suscite de plus en plus d'inquiétude en France, où l'arrivée de l'épidémie est désormais quasi-certaine avec des morts probables à la clé.

[Mis à jour le 17 octobre 2014 à 14h37] Le virus Ebola a de nouveau fait peur en France ce jeudi 16 octobre 2014. Une patiente a été hospitalisée à l'hôpital militaire Begin, à Saint-Mandé, en région parisienne. Elle avait été en contact avec l'humanitaire française rapatriée le 18 septembre dernier et soignée à Begin grâce à un traitement expérimental. Les premiers tests effectués sur la patiente se sont finalement révélés négatifs dans la soirée. Un passager d'un vol Air France entre Paris et Madrid a été quant à lui pris en charge à sa sortie d'avion dans la capitale espagnole, alors qu'il présentait "tous les symptômes de la maladie". L'homme, qui avait transité par le Nigéria, avait fait escale dans une zone de transit de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulles pendant 3 heures ce matin.

Le virus Ebola a déjà fait un mort au Texas, deux aide-soignantes contaminées par le patient décédé, deux voire six autres cas en Espagne et un membre du personnel médical de l'ONU décédé en Allemagne... Les cas de fièvre hors du continent africain, où il a déjà fait plus de 4000 morts se multiplient depuis deux semaines, laissant craindre l'arrivée de la pandémie en Europe et notamment en France. Avant les alertes récentes à Begin et Roissy, deux cas suspects d'Ebola en France avaient déjà fait la une des médias la semaine dernière. Le premier à Cergy-Pontoise et le second à l'hôpital Bichat, à Paris. Dans les deux cas, la présence du virus n'a finalement pas été avérée. Mais l'arrivée de l'épidémie sur le sol français semble désormais une question de jours ou d'heures si l'on en croit les déclarations de plusieurs personnalités politiques qui connaissent le dossier.

"Il peut y avoir des morts, en faible quantité"

Pour la première fois le 14 octobre, un responsable politique envisageait que le virus Ebola fasse "des morts" en France. Invité de l'émission #DirectPolitique (Linternaute.com, Ouest-France et 20 Minutes), Bernard Debré, député UMP, urologue et ancien chef de service de l'hôpital Cochin a affirmé que "dans une semaine, il y aura des cas en France". Si ce médecin renommé assure que "le système d'alerte en France" peut "bloquer une épidémie", il n'en pense pas moins qu'"il peut y avoir des morts, en faible quantité". "Très sensible" à la progression de la maladie, celui qui a déjà travaillé avec Peter Piot, le découvreur du virus Ebola, juge la situation "dramatique". Le député UMP a proposé la création d'un plan d'épargne pour l'OMS visant à financer la vaccination de plusieurs millions de personnes quand un vaccin sera disponible. "Il va y avoir une vaccination possible", affirme Bernard Debré, très en pointe sur la question. Mais "dans 6, 8 mois, un an".

La ministre de la Santé Marisol Touraine rassurante

La ministre de la Santé Marisol Touraine s'est quant à elle évertuée à jouer la carte de la transparence sur la maladie ces derniers jours. Elle s'est engagée à informer "immédiatement" l'opinion en cas de malade avéré sur le territoire, promettant par ailleurs un point hebdomadaire sur la progression de la pandémie. Elle a ensuite détaillé le dispositif mis en place en France et comprenant une douzaine d'hôpitaux "référents", spécialement équipés et formés pour accueillir des malades. La ministre a également rappelé au grand public que les voyages dans "les pays à risque" étaient fortement déconseillés et que les personnes qui y ont séjourné doivent surveiller leur température pendant trois semaines et appeler le 15 le cas échéant. Un nouveau numéro vert a été mis en place pour se renseigner sur la maladie (0800 13 00 00).

Ebola : la France instaure des contrôles aux frontières

Marisol Touraine a évoqué des "contrôles" aux frontières "renforcés prochainement". Des contrôles des vols en provenance de Guinée, pays le plus touché par le virus ont finalement été annoncés à partir du samedi 18 octobre à Roissy. Il s'agit de contrôles systématiques de température, réalisés par l'équipe médicale de l'aéroport de Roissy avec l'appui de la Croix-Rouge et de la Protection civile. Ces contrôles, réalisés sur la passerelle, avant même l'entrée dans l'aéroport, restent pour l'instant cantonnés aux passagers voyageant depuis Conakry par le vol quotidien d'Air France.

Virus Ebola : questions sur le mode de contamination

Le mode de contamination pose également des questions pour l'opinion publique. Marisol Touraine a indiqué qu'un malade n'était pas contagieux lors de la période d'incubation, pouvant aller de 2 à 21 jours, mais uniquement quand la fièvre et les premiers symptômes intervenaient. Plus les symptômes sont importants, plus le malade est contagieux indiquent les documents de référence sur le sujet. Ce qui, là encore, peut être rassurant quand on sait qu'un malade, très affaibli, est moins disposé à se déplacer et à arpenter les lieux publics. Ce qui explique aussi que ce sont d'abord les personnels soignants qui, en Afrique, en Europe ou aux Etats-Unis, sont les plus exposés. La manipulation d'un cadavre serait la pire situation.
Photo vignette : une infirmière de l'hôpital militaire Begin, à Saint-Mandé, près de Paris. THOMAS SAMSON / AFP

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