Sédation profonde : euthanasie passive, suicide assisté ? Définition

Sédation profonde : euthanasie passive, suicide assisté ? Définition Instaurer un droit à la "sédation profonde et continue" ne revient pas à rendre légale l'euthanasie active. Il ne s'agit pas non plus de suicide assisté. Explications.

La "sédation profonde et continue jusqu'au décès" pourrait être une solution pour les personnes en fin de vie dans les prochains mois, après débat parlementaire sur le sujet en janvier. Il s'agit d'un traitement qui plonge le patient dans un profond sommeil pour lui éviter des souffrances jugées insupportables, jusqu'à ce que la mort, qu'on ne peut éviter, survienne. Avec l'accord impératif du malade, une injection de produits médicamenteux est effectuée pour stopper l'état de conscience, mais celle-ci n'a pas pour objectif de provoquer la mort. Celle-ci survient naturellement, soit parce que la maladie est arrivée à son stade terminale, soit parce que les traitements sont interrompus. Cette pratique est déjà autorisée en France, mais les parlementaires entendent lui donner "force de loi" pour que ce recours se généralise.

Suicide assisté, euthanasie passive ?

Il ne faut donc pas associer la "sédation profonde" à un suicide assisté ou à une euthanasie "active", qui consiste à provoquer la mort d'une personne souffrante, de manière délibérée. Cette pratique demeure interdite en France et aucune piste n'est envisagée pour l'introduire dans les solutions de fin de vie. La "sédation profonde et continue" pourrait se rapprocher des "soins palliatifs", effectués pour soulager les douleurs physiques et morales du patient atteint de maladie grave, en préservant une qualité de vie la plus qualitative possible, mais toujours sans provoquer la mort de manière intentionnelle. Mais la sédation profonde a, elle, pour but de rendre inconscient le malade jusqu'au décès.
La "sédation profonde" a été présentée à François Hollande comme solution de fin de vie ce vendredi 12 décembre par les députés Alain Claeys et Jean Leonetti dans un rapport. Le président a approuvé cette proposition, mais la pratique ne recueille pas l'unanimité. Le président de la Société française des soins palliatifs (SFAP), Vincent Morel, interrogé sur le sujet par l'Assemblée nationale, a estimé que "sa mise en place créerait une confusion majeure sur la finalité de cette pratique. Le parallèle entre euthanasie et sédation pourrait alors être effectué". 

EN VIDEO - Parmi les propositions présentées au président de la République par deux parlementaires, le droit à "une sédation profonde et continue" pour des malades en phase terminale :

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