Attentat déjoué à Nice : un policier et des civils visés, ce que l'on sait

Attentat déjoué à Nice : un policier et des civils visés, ce que l'on sait ATTENTAT DÉJOUÉ - Une dizaine d'individus ont été arrêtés par la police ce mardi 7 novembre, dans le cadre d'une enquête antiterroriste. Ils sont suspectés d'avoir élaboré un projet d'attentat très avancé.

[Mis à jour le 7 novembre 2017 à 18h40] - Dernière info - Plusieurs individus, âgés de 18 à 65 ans, ont été arrêtés ce mardi 7 novembre en Île-de-France et dans les Alpes-Maritimes, dans un vaste coup de filet préparé par le RAID, avec l'assistance de la Sous direction antiterroriste (SDAT), la Direction interrégionale de la police judiciaire de Marseille et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Selon les informations du Parisien, un "projet d'attentat pourrait avoir été déjoué", puisque les suspects auraient eu l'intention de passer à l'acte pour mettre en oeuvre une "intention matérialisée". Nice Matin indique de son côté qu'une "dizaine de personnes" interpellées dans la matinée.

Cette opération décrite comme "antiterroriste" s'inscrit dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte en mai 2017, par le parquet de Paris, pour "association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste". Plusieurs perquisitions ont été menées ce mardi matin par les services impliqués pour en savoir davantage sur les sept personnes interpellées et sur la nature exacte de la menace qu'ils constituent. Selon les informations du parisien, le groupe de suspects aurait mis sur pied un projet d'attentat dans la ville de Nice. Le journal s'appuie sur les dires d'enquêteurs qui ont évoqué des "conversations inquiétantes" sur les réseaux sociaux à ce sujet. Nice Matin indique que, selon ses informations, les suspects avaient l'intention de "tuer un policier et des civils". Ils ont été placés en garde à vue/ Parmi les personnes interpellées, Nice Matin mentionne la présence d'un ancien légionnaire, ainsi que deux frères "suivis pour radicalisation" et fichés S.

Un projet terroriste à Nice, des arrestations en France et en Suisse

Selon les informations de France 3 PACA, les investigations en cours font également intervenir des équipes suisses, qui auraient également procédé à une interpellation. Un homme a ainsi été arrêté en Suisse, il avait été identifié par les services de renseignement pour ses activités suspectes sur la messagerie en ligne cryptée Telegram. "Les investigations ont mis en évidence qu'il avait dans ce cadre des contacts avec des individus demeurant en France avec qui il évoquait notamment des projets d'actions violentes aux contours mal définis à ce stade", indique un enquêteur à l'AFP. Il était notamment "en lien sur les réseaux sociaux avec un adolescent de 13 ans, soupçonné de préparer une attaque jihadiste au couteau", écrivent nos confrères du site de France 3. Cet adolescent avait été arrêté le 21 juin dernier en région parisienne. Il est actuellement mis en examen et écroué. Selon France 3, la vaste opération menée ce mardi a permis l'arrestation de 9 individus en France, en plus de la personne appréhendée en Suisse.

EN SAVOIR PLUS SUR LES ATTENTATS DEJOUES


Page spéciale - La France sous la menace terroriste

La France, sous menace terroriste, a été frappée par plusieurs attentats d'envergure ces dernières années, mais les pouvoirs publics ont fait savoir que des dizaines, depuis 3 ans, ont été évités grâce aux enquêtes menées par le renseignement et la police. Plusieurs ont donné lieu à des explications ou à une médiatisation. Retour sur les principaux attentats déjoués sur l'Hexagone.

Attentat déjoué à Paris

Octobre 2017 - Des mosquées et des politiques visés à Paris et dans le sud de la France

Dix personnes âgées entre 17 et 25 ans ont été arrêtées mardi 17 octobre à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône et en région parisienne. Décrites comme "proches de la mouvance d'ultra-droite", elles sont soupçonnées d'avoir voulu commettre un attentat contre des personnalités politiques et contre des mosquées. D'après les informations du Monde, les attaques devaient avoir lieu dans plusieurs endroits, tels que "le marché aux puces de Marseille, un restaurant indien d'Aix-en-Provence et des personnalités telles que Jean-Luc Mélenchon ou Christophe Castaner".

Les enquêteurs recherchent des liens entre les suspects et Logan Alexandre Nisin, un ex-membre de l'Action française âgé de 21 ans et arrêté fin juin après avoir menacé de s'en prendre à des migrants et des jihadistes. Le jeune homme de 28 ans résidait dans le Vaucluse et avait notamment écrit vouloir passer à l'action contre les "blacks", "racailles", "jihadistes" et les "migrants". L'homme possédait plusieurs armes et avait pratiqué le tir. Selon Le Monde, ce proche du mouvement d'ultra-droite s'était vu proposer un poste au sein du Front national en mars 2017. "Au détour d'une cérémonie de commémoration des 'martyrs' de l'Algérie française au cimetière de Marignane, en mars, un cadre frontiste tente de le débaucher à travers un ami commun. Il aimerait lui confier la section locale du FNJ, la branche 'jeunesse' du parti frontiste", rapporte le journal. Si le jeune homme a refusé, il a soutenu la campagne de Marine Le Pen et les législatives, en se rangeant du côté du candidat FN dans les Bouches-du-Rhône.

Octobre 2017 - Des bouteilles d'essence sous des camions Lafarge

Jeudi 5 octobre 2017, six bouteilles d'essence ont été découvertes sous trois camions du cimentier franco-suisse Lafarge, reliées à "un dispositif d'allumage rudimentaire", à Paris. Les camions, manifestement piégés, se trouvaient dans le XIXe arrondissement de la capitale, selon des "sources proches de l'enquête". Le parquet a d'ouvrir une enquête en flagrance du chef de "tentative de destruction par incendie". Selon les informations de LCI, les enquêteurs disposent d'images de vidéosurveillance montrant deux individus "rôdant vers 3h30 du matin autour des camions qui étaient garés là". LCI indique que le film permet de voir qu'un dispositif a commencé à prendre feu, mais qu'il s'est rapidement éteint. On voit également les deux malfaiteurs prendre la fuite. Les six bouteilles étaient des bouteilles d'eau d'une contenance de 1,5 litre, remplies de carburant. Elles ont été reliées à un dispositif d'allumage très artisanal, constitué d'aluminium et d'allumettes. Ce qui laisse à penser que cet attentat raté n'est pas un acte "terroriste".

Septembre 2017 - Des Bonbonnes de gaz dans l'attentat le XVIe arrondissement

Alertée dans la nuit de vendredi à samedi par un habitant du secteur de la porte d'Auteuil, rue Chanez, la police avait découvert deux bonbonnes dans le hall d'un immeuble et deux autres à l'extérieur, sur le trottoir. L'homme qui a donné l'alerte avait été intrigué par des bruits à l'extérieur et une forte odeur d'essence, avant de découvrir les bonbonnes. Des hydrocarbures avaient en effet été dispersés autour des bonbonnes et un dispositif de mise à feu, confectionné avec un téléphone portable relié à des fils, a également été retrouvé sur place. Selon le Point, qui a révélé l'affaire, il y aurait eu plusieurs tentatives - vaines - de mise à feu. Une information que le ministre n'a en revanche pas confirmée. Le dispositif était "parfaitement confectionné" indique l'hebdo qui cite un enquêteur. Ce dernier estime avoir "évité le pire". "C'est une chance inouïe" que les bonbonnes n'aient pas explosé, a confirmé à l'AFP une voisine de l'immeuble, qui n'a "pas dormi depuis samedi". 

La cible, un immeuble d'habitation dans un quartier calme de la capitale, interroge toutefois les enquêteurs. "Est-ce que faire sauter un immeuble dans un quartier chic de Paris, c'était pas un signe que personne n'est en tranquillité et que cela ne se passe pas simplement dans la banlieue et les quartiers un peu populaires mais que cela peut se passer partout en France ?", s'est demandé Gérard Collomb. Selon le Figaro, "aucune personnalité sensible ne réside dans cet immeuble", mais les terroristes présumés ont pu confondre un homonyme d'"un associatif militant contre l'islamisme radical" habitant l'immeuble... L'affaire n'est en tout cas pas sans rappeler un autre attentat à Paris déjoué lui aussi il y a un an.

On a aussi appris que parmi ces suspects, un homme aurait été en contact avec la Syrie. Il s'agit de l'individu fiché S pour radicalisation évoqué par Gérard Collomb dès mardi. Cet homme, âgé d'une trentaine d'années, et "connu pour sa fréquentation du milieu djihadiste" "ferait partie de la mouvance islamiste radicale", a indiqué un journaliste de France 2. L'homme "aurait établi des contacts avec la Syrie et consulté des sites jihadistes", précise encore la chaîne qui indique que les enquêteurs tentent désormais d'analyser les ordinateurs portables et les éléments perquisitionnés.

Ces informations semblent en tout cas confirmer une fois encore que c'est bien un attentat qui a été déjoué dans le XVIe arrondissement de la capitale. "Parmi les personnes qui ont été arrêtées, l'un était fiché au fichier FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, ndlr), ça veut dire radicalisé", a déclaré le ministre sur France Inter, au lendemain de la révélation de cette enquête antiterroriste. Pour le reste, on sait des auteurs présumés de cet attentat déjoué à Paris qu'elles sont trentenaires et ont été interpellées dans plusieurs communes de l'Essonne, Arpajon, Bretigny-sur-Orge, Draveil, mais aussi Villejuif dans le Val de Marne. Elles seraient  toujours en garde à vue mardi matin, selon une source proche de l'enquête.

Septembre 2016 - Des bonbonnes de gaz près de Notre-Dame de Paris

Le 4 septembre 2016, une voiture avec cinq bonbonnes pleines de gaz, feux de détresse allumés et sans plaque d'immatriculation était découverte en pleine nuit, à quelques centaines de mètres de Notre-Dame-de-Paris. Selon les enquêteurs, elle devait servir à un attentat, manifestement manqué. François Hollande évoquait dans les jours qui ont suivi une attaque "déjouée" et "un groupe annihilé". Trois femmes âgées de 19, 23 et 39 ans ont été interpellées à Boussy-Saint-Antoine, dans l'Essonne. Elles furent alors présentées comme "radicalisées, fanatisées" par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve. Elles "préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes, et de surcroît imminentes", avait-il ajouté. Vendredi 9 septembre, le procureur de Paris, François Molins, a fait savoir que les trois jeunes femmes étaient "téléguidées depuis la Syrie par le groupe Etat islamique.Inès Madani, 19 ans, Sarah H., 23 ans, et Amel S., 39 ans, formaient alors un "commando de femmes", dont les deux plus jeunes étaient connues des services pour leur radicalisation. Elles avaient évoqué des gares de l'Essonne et de Paris, ainsi que des policiers comme cibles potentielles et envisageaient de se procurer des ceintures explosives ou de lancer des voitures contre des bâtiments, selon des sources proches de l'enquête.

Attentat déjoué à Clermont (février 2017)

Trois individus suspectés de vouloir commettre un attentat en France ont été interpellés le 21 février 2017 à Clemont-Ferrand, Marseille et en région parisienne. L'AFP écrivait à l'époque, via une source proche du dossier, que "les suspects avaient un projet et ils étaient suffisamment avancés pour que les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure décident de leur interpellation". Ils ont été arrêtés dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris. Si un individu, âgé de 31 ans, a été libéré à l'issue de sa garde à vue, deux autres hommes de 19 et 27 ans, connus des services de renseignement et soupçonnés de projeter un attentat, avaient été présentés à la justice antiterroriste en vue d'une mise en examen. Le jeune homme de 19 ans, domicilié à Marseille, était notamment en lien avec Malik Hammami, rencontré sur les réseaux sociaux. Avec son compagnon de 27 ans, dont il avait fait également connaissance sur internet, ils avaient fait part de leur volonté "de partir en Syrie ou à défaut de commettre une attaque en France".

Attentat déjoué à Montpellier (février 2017)

Quelques jours avant les arrestations à Clermont et Marseille, mi-février, quatre personnes dont une adolescente de 16 ans, ont été soupçonnées de vouloir commettre un attentat "imminent" en France, d'après le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux. Elles avaient été arrêtés à Montpellier et à Sète. Les perquisitions avaient révélé que Thomas Sauret, sa compagne Sarah et Malik Hammami, suspecté d'avoir joué un rôle de "mentor" auprès des deux jeunes gens, avaient acquis et manipulé des dizaines de grammes de TATP, un explosif artisanal puissant, prisé des jihadistes, et du matériel utilisé pour la fabrication d'engins explosifs.  Un projet d'attentat "contre un lieu touristique parisien ou un lieu de fête montpelliérain", avait alors été évoqué.

Attentat déjoué à Marseille (avril 2017)

Le 18 avril 2017, à cinq jours du premier tour de la présidentielle, deux hommes soupçonnés de préparer un attentat ont été arrêtés à Marseille par la DGSI. Les deux individus, Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, de nationalité française, avaient l'intention de passer à l'acte "dans les tout prochains jours", a indiqué alors le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl. Les photos des deux suspects, radicalisés et fichés S depuis 2016 et 2015, avaient été distribuées la semaine précédente aux services de sécurité des candidats. Les suspects avaient effectué sur Internet "un certain nombre de recherches tous azimuts", "notamment en lien avec le Front national". Lors d'une perquisition dans un "appartement conspiratif" du IIIe arrondissement de Marseille, les enquêteurs sont tombés sur un impressionnant arsenal : "un fusil-mitrailleur Uzi 9 mm" et deux armes de poing, "des boîtes de munitions", "un sac de boulons" a détaillé le procureur. Ils ont aussi découvert dans ce "petit appartement d'étudiant" "3 kilos de TATP", un explosif instable prisé des jihadistes du groupe EI, ainsi qu'"une grenade artisanale constituée de 250 grammes de TATP". Au mur de l'appartement, étaient accrochés un plan de Marseille et des photos d'"enfants morts, victimes de guerre, de bombardements ou d'exactions". Selon une source proche de l'enquête, "ils cherchaient à impacter la période" de campagne électorale.

Attentats de Paris

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