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Marie France Izoulet le 13 novembre 2008
Ce que j'ai aimé : « Le sel de la mer » film de la réalisatrice palestinienne : Annemarie Jacir avec Salek Bakri de nationalité israélienne et Suheir Hamad, palestinienne. « D’où venez-vous ? Où êtes-vous née ? Et votre famille ? » Premières questions d’un interrogatoire musclé que subit Soraya (Suheir Hamad) au poste de contrôle de l’aéroport. Interrogatoire humiliant, fouille au corps. Palestinienne née à Brooklyn, passeport américain, elle se rend à Ramallah, sur la terre de ses ancêtres, pour récupérer l’argent que son grand-père, chassé de Palestine en 1948 avait placé en banque, fruit de son travail. Prétexte d’un voyage en quête des ses origines. L’émotion intense qu’elle éprouve de voir flotter le drapeau palestinien sera vite balayée par le refus des banquiers de lui rendre son dû, ne la reconnaissant pas comme héritière de ce bien, bien d’ailleurs depuis longtemps rayé de la carte. Qui est-elle pour oser exiger cette récupération ? Elle apprendra avec douleur que se dire « Palestinien » attire la suspicion et le rejet. Elle n’est pas la bienvenue. Elle se lie avec Emad, palestinien qui rêve de liberté, cantonné en Cisjordanie, il n’a qu’une envie fuir pour aller au Canada. Tous deux entreront dans l’illégalité et la criminalité pour faire valoir leurs droits, droit d’exister en tant que Palestiniens, droit de justice et d’égalité, droit de reconnaissance. Tous deux spoliés, on leur a pris leur territoire, on leur a pris leur identité, on leur prend leur mémoire. Un voyage aux sources sur le territoire de leurs origines : Jaffa (La fiancée de la mer) pour Soraya et Dawayama (village martyr) pour Emad. Un récit fiction qui flirte avec la réalité, on y voit ce fameux mur de la honte, ces gens qui le franchissent, ces barbelés érigés, ces villages rayés de la carte, ces terres confisquées, Jérusalem interdite, ces postes de contrôles nombreux ; on y entend ce cri de rage et de détresse de Soraya s’adressant à l’occupante israélienne de la maison de son enfance : « Votre quotidien est notre passé » ainsi que le refus de cette israélienne de reconnaître l’usurpation du lieu. Film désespérant car on ne perçoit aucune issue à cette situation.