Affaire Pélicot : les mots terribles des enfants du "diable" de Mazan face à leur père
David, Florian et Caroline, les trois enfants du couple Pélicot, ont longuement pris la parole cet après-midi du 18 novembre. Si Caroline, qui se considère comme "la grande oubliée de ce procès" - seule la captation d'image la concernant a été retenue par la justice -, avait déjà eu l'occasion de s'exprimer au début du procès des viols de Mazan, c'était la première fois que les fils de Gisèle et Dominique Pélicot livraient leur point de vue.
Parmi leurs propos, loin d'être tendres avec leur père, qui est accusé d'avoir drogué et orchestré le viol de leur mère par des hommes recrutés sur Internet durant près d'une décennie, on retiendra notamment ceux du benjamin de la fratrie : Florian. Se remémorant une soirée à Mazan, chez ses parents, où il avait vu sa mère "décrocher" après l'apéritif, jusqu'à se faire mettre au lit par son époux, il a remonté le fil de l'histoire : "Le puzzle se met en place [...] Si j'avais oublié une affaire ce soir-là, sur quoi serais-je tombé..." Il a ensuite parlé de son père qui qualifiait sa mère de "sainte" : "Oui, c'est une sainte, elle ne pouvait pas être au meilleur endroit, lui c'est le diable !", relate BFMTV. Et d'estimer : "Ça fait quatre ans que j'ai perdu mon père."
"Comment fait-on pour se construire ?"
"On a manqué de rien, on a reçu une bonne éducation. Mais quand on apprend ce qu'il se passe, cet homme qui est mon père, comment on se construit, comment on fait, c'est quoi le mode d'emploi ?" a interpellé son père Florian Pélicot, alors que celui-ci baissait la tête. Et le troisième enfant du couple de révéler que cette affaire lui "a coûté un divorce et mille questions". Alors que des photos de sa sœur ont également été découvertes dans les affaires de son père, Florian Pélicot a intimé de dire "la vérité à Caroline" à ce dernier. "Aujourd'hui, on est tous dans la survie. Elle, elle ne vit plus."
Florian Pélicot n'a pas hésité à parler de "crise d'identité", faisant part de sa volonté de faire un test de paternité pour savoir si Dominique Pélicot était bien son père, alors que sa mère a eu une relation extra-conjugale à l'époque de sa naissance. "Ce serait un soulagement de ne pas être le fils de Dominique Pélicot. [...] Ça fait partie de ma reconstruction personnelle." Florian Pélicot a également appelé les co-accusés de son père à prendre "leurs responsabilités", avant de s'adresser à ses enfants, neveux et nièces : "Il faut que nos enfants soient fiers de porter ce nom Pélicot. Souvent, dans les histoires criminelles, on retient le nom du méchant, mais là, c'est Gisèle Pélicot qu'on retient."
"Toute mon enfance a disparu, elle a été comme effacée"
Avant Florian, l'aîné des Pélicot, David, avait pris la parole. "J'ai perdu un homme qui, comme ma mère, m'a donné une bonne éducation, des valeurs, une colonne vertébrale", a-t-il expliqué, n'hésitant pas à évoquer leur complicité ou encore l'admiration de certains de ses amis pour son père. "Toute mon enfance a disparu, elle a été comme effacée", a-t-il confié.
Le ton est monté entre le fils et le père lorsque David a appelé Dominique Pélicot à dire "la vérité" sur sa sœur, qui a la certitude d'avoir également été droguée et violée, mais aussi son propre fils, à qui Dominique Pélicot aurait demandé de "jouer au docteur". "Si tu as encore un peu d'humanité, tu entends, je veux que tu dises la vérité sur les agissements que tu as eu sur ma sœur, qui souffre tous les jours et qui souffrira toute sa vie", a-t-il déclaré, comme le rapporte franceinfo, ajoutant : "Je ne passerai qu'une fois [à la barre] et je n'ai pas de temps à perdre : sur mon fils, dis-nous ce que tu as fait !" Depuis son box, Dominique Pélicot a réagi : "Rien, je n'ai rien fait sur personne ! Sur aucun des enfants et petits-enfants ! Rien !"
Dernière à parler, Caroline Darian, la fille du couple Pélicot, a confié se "consid[érer] comme la grande oubliée de ce procès". "Je sais que j'ai été sédatée. Ce n'est pas une hypothèse, c'est une réalité. Je le sais", a-t-elle déclaré, avant de souligner : "La seule différence entre Gisèle et moi, ce sont des preuves tangibles et implacables. Ma vie a été suspendue. Je m'engage pour toutes les victimes de France, parce que les 'Gisèle Pelicot' [comprendre les victimes pour qui il existe des preuves ndlr.] ça n'existe pas, c'est 0,5%." Caroline Darian a créé l'association #MendorsPas pour venir en aide aux victimes de soumission chimique.