Enterrement, funérailles, obsèques et coronavirus : les réglementations en vigueur

Enterrement, funérailles, obsèques et coronavirus : les réglementations en vigueur En cette période de confinement, les obsèques sont fortement réglementées, une situation pénible pour les familles et les sociétés de pompes funèbres.

Le ministère chargé des relations avec les collectivités territoriales a pris, vendredi 27 mars 2020, un décret pour faciliter le travail des sociétés de pompes funèbres. Parmi ces mesures, l'allongement de 6 à 21 jours — voire plus avec l'accord du préfet — du délai pour précéder à l'inhumation ou la crémation d'un défunt. Pour les familles désireuses d'un délai supplémentaire, le décret stipule que "le dépôt d'un cercueil hermétique dans un dépositoire ne peut excéder six mois. A l'expiration de ce délai, le corps est inhumé." 

Conformément aux mesures de confinement, Edouard Philippe, le Premier ministre, a décrété que les obsèques devaient "se dérouler dans la limitation d'une vingtaine de personnes au maximum, ce qui veut dire la très proche famille." En pratique, les lieux de recueillement sont fermés au public. Les chambres mortuaires, considérées comme "services publics essentiels à la vie de la Nation", demeurent toujours ouvertes. Les crémations se déroulent à huis clos, seuls cinq membres de la famille sont autorisés à entrer. Les inhumations dans les cimetières se font en nombre restreint, avec pas plus de dix personnes sont autorisées à entrer.

La situation est délicate pour les sociétés de pompes funèbres. Christophe Lantz, gérant d'une société à Mulhouse, a multiplié son "activité par trois" depuis le 13 mars 2020. Il a expliqué au Parisien : "Je n'ai jamais rien vécu de tel. Une semaine de folie, c'est pour nous 25 décès maximum, là on est chaque semaine à 45. On travaille non-stop." Abattu, le propriétaire a déploré : "On vit une catastrophe, on est désorientés de ne pouvoir aider davantage les familles et en plus, les protections de nos gars n'arrivent pas. Où sont les gants, les blouses? Le gouvernement veut des soldats, mais il lui donne des balles en caoutchouc." Au cimetière du Père Lachaise, 27 crémations sont réalisées quotidiennement. Alain Pouget, le directeur général des Crématoriums de France, a dépeint : "Comme vous l'imaginez, les circonstances dans lesquelles nous travaillons sont compliquées. Nous faisons face à une hausse du nombre de crémations mais l'organisation mise en œuvre par le crématorium du Père-Lachaise permet de gérer la tension d'activité." Le directeur général a envisagé l'après : "Nous réfléchissons à proposer aux familles la possibilité d'organiser des hommages dès la crise terminée." 

La prise en charge d'un défunt porteur du Covid-19

Le Haut Conseil de la Santé Publique a rendu un avis le 28 février 2020 concernant la prise en charge des individus décédés du coronavirus. Si le décès a lieu au domicile du défunt, un transfert en chambre funéraire doit être effectué. Il devra être placé dans une housse mortuaire qui ne pourra plus être ouverte. La victime peut être placée dans un cercueil simple, nul besoin d'utiliser un cercueil hermétique. La fermeture du cercueil doit être effectuée au plus vite.

Les intentions apportées aux défunts sont également restreintes. Il n'est pas autorisé de pratiquer des soins de conservation ou de thanatopraxie. De plus, les toilettes rituelles, juive ou musulmane ne sont plus possibles. Les rapatriements à l'étranger sont toujours possibles sur autorisation de l'ARS (Agence Régionale de Santé). En raison de l'utilisation d'une hausse mortuaire et de la nécessaire rapidité de la mise en bière, les proches ne pourront voir la dépouille du défunt avant la fermeture du cercueil.