Vaccin Pfizer : des cas de myocardite liés à l'injection ?

Vaccin Pfizer : des cas de myocardite liés à l'injection ? Lors de la campagne vaccinale contre le Covid-19, le laboratoire Pfizer semble tenir sa place de grand champion en matière de vaccin. Toutefois, de nouveaux effets secondaires pourraient avoir été décelés. Des cas de myocardite sont actuellement à l'étude en Israël.

[Mis à jour le 4 juin 2021 à 16h08] La campagne vaccinale avance en France et les primo-vaccinés sont désormais près de 27 millions de personnes. Si le vaccin Pfizer/BioNtech semble le plus populaire, des effets secondaires restent encore à découvrir. D'après les autorités israéliennes, de nouveaux cas de myocardie pourraient être liés à la vaccination du produit Pfizer/BioNtech. Cet effet indésirable correspond à une inflammation du muscle cardiaque. Elle a été remarquée, en Israël, chez les hommes les plus jeunes, âgés pour la plupart de 16 à 19 ans. Toutefois, le laboratoire américain dément tout lien avec son produit. De plus, les cas de myocardie restent faibles. Depuis le début de la campagne vaccinale dans le pays, en décembre 2020, 275 cas de myocardie ont été signalés, dont 27 cas survenus après la première dose et 121 après la seconde. Cependant, la fameuse balance bénéfice-risque n'est pas touchée par ces nouvelles suspicions, souligne le couple Pfizer/BioNtech. 

Selon des chercheurs de l'Institut Pasteur, le vaccin reste toutefois très efficace face au variant indien. Malgré "une efficacité légèrement diminuée, d'après les tests en laboratoire, le vaccin Pfizer est probablement protecteur", rassure Olivier Schwartz, coauteur de l'étude et directeur de l'unité virus et immunité à l'Institut Pasteur. 

Pour rappel le vaccin Pfizer désormais officiellement autorisé en Europe. Dans un avis très attendu ce 28 mai, l'Agence Européenne du médicament (EMA) a donné son feu vert lors d'une conférence de presse. "L'utilisation recommandée du vaccin Comirnaty COVID19 chez les enfants de 12 à 15 ans sera la même que chez les personnes âgées de 16 ans et plus. Il est administré en deux injections dans les muscles du bras, à au moins 3 semaines d'intervalle" explique le communiqué. Marco Cavaleri, responsable de la stratégie vaccinale de l'EMA, a précisé que chaque État européen était libre de décider quand utiliser, ou non, ce vaccin pour les adolescents.

Plus de 60 ans, plus de 50 ans... Qui peut recevoir le vaccin Pfizer ?

Depuis le 27 mars, le vaccin du laboratoire américain est injecté uniquement aux personnes de plus de 70 ans. A parti du 16 avril, tous les volontaires à la vaccination de plus de 60 ans pourront également recevoir le produit. La cible éligible à la vaccination avec Pfizer évoluera en même temps que le calendrier vaccinal.

Toutefois, les personnes âgées entre 50 et 54 ans souffrant de comorbidités peuvent prétendre à une vaccination à l'aide du produit Pfizer-BioNTech en centre de vaccination. Quant aux personnes souffrant de pathologies entraînant des risques de formes graves de la maladie et âgées de 18 à 54 ans, elles peuvent également prendre rendez-vous pour se faire vacciner avec le produit américain, sur présentation d'une prescription médicale.

Composition du vaccin Pfizer

La Food and Drug Administration (agence américaine du médicament) a publié la liste des composants du sérum fabriqué par le duo américano-germanique. On retrouve ainsi des lipides, du sucre, du sel et de l'eau, tout cela venant accompagner le principe actif de l'ARN-Messager, qui vise à donner à l'organisme les informations génétiques nécessaires pour déclencher une protection contre le virus. Plus en détail, on retrouve dans le vaccin de Pfizer quatre types de sel (chlorure de potassium, chlorure de sodium, phosphate de potassium monobasique, phosphate dibasique de sodium dihydraté), chargés d'équilibrer le pH de la préparation.

Quelle est l'efficacité du vaccin Pfizer Biontech contre le Covid ?

Les laboratoires américain et allemand ont publié très tôt les résultats de la phase 3 des essais clinique. Il s'agit de la toute dernière avant que soient consolidés les résultats en vue d'une homologation officielle des autorités sanitaires, ce qui a été fait depuis dans l'UE, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Canada. Dans son communiqué de presse publié le 18 novembre, le duo américano-germanique a assuré que son vaccin était efficace à 95 %, sans donner plus de précision. Depuis, une revue médicale très renommée aux Etats-Unis, The New England Journal of Medicine, a publié l'intégralité des résultats des essais cliniques et a confirmé ce chiffre, qualifiant le tout de "triomphe". Le vaccin Pfizer-BioNTech reste-t-il efficace contre les virus mutants, qui se propagent en France ? La réponse est oui, selon BioNTech. Ce vendredi 8 janvier, la société allemande a indiqué dans un communiqué que son produit, développé avec le laboratoire américain, "peut neutraliser" les variants détectés en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud. "Les anticorps des personnes ayant reçu le vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 neutralisent efficacement le SRAS-CoV-2 avec une mutation clé qui se trouve également dans deux souches hautement transmissibles", a précisé l'entreprise, selon l'AFP dont Le Figaro se fait l'écho.

Dans quels pays le vaccin Pfizer est-il disponible ?

La France participe activement à la production du vaccin Pfizer, depuis le vendredi 9 avril grâce à un site de l'industriel Delpharm, mobilisé pour mettre en flacon le précieux liquide anti-covid. Emmanuel Macron s'est rendu dans l'usine d'Eure-et-Loire, pour le lancement de la production du vaccin. Le président de la République a rappelé l'objectif du gouvernement : produire 250 millions de doses de vaccin contre le Covid-19 cette année. "Nous allons nous organiser pour, sur notre sol, développer de la capacité de production de la substance même d'ARN messager", a-t-il déclaré, lors de ce déplacement. Le vaccin Pfizer-BioNTech est le premier à avoir été autorisé sur le sol français. D'après l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), 0,2% des vaccinés ont fait part d'effets secondaires. Sur BFMTV, ce vendredi, le directeur vaccins de Pfizer France, David Lepoittevin affirmait que le sérum maintenait "un très haut niveau d'efficacité" face aux variants britannique, sud-africain et brésilien.

L'Europe compte pour la moitié de la production de vaccins Pfizer, alors que les Vingt-Sept accélèrent la vaccination sur leur territoire. Le laboratoire américain compte vendre aux États-Unis jusqu'à 600 millions de doses, 120 millions de doses pour le Japon et 40 millions pour la Grande-Bretagne. D'autres pays ont passé commande auprès du laboratoire américain, dont la Chine, l'Indonésie et le Canada. De son côté, la Commission européenne a commandé 300 millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer-BioNTech. Ce réassort porte à 600 millions le nombre de doses commandées pour l'Union européenne. "Nous avons désormais sécurisé l'achat de suffisamment de doses pour vacciner 380 millions d'Européens, soit 80 % de la population européenne, et d'autres vaccins vont suivre dans les semaines et mois à venir ", a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, lors d'une conférence de presse, citée par Le Monde.

Quels sont les possibles effets secondaires du vaccin Pfizer ?

Si la protection offerte par le produit de Pfizer est conséquente, les effets secondaires sont également particulièrement scrutés par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) à la suite de l'injection du vaccin. De l'hypertension artérielle a été diagnostiquée pour plusieurs personnes, un symptôme plus grave qu'une simple inflammation, mais dont l'évolution a été positive dans la plupart des cas. L'ANSM indique dans son dernier rapport que cet effet indésirable doit être signalé et surveillé mais ne remet pas en cause la campagne vaccinale. 

Le zona, un vrai effet secondaire ?

Le zona pourrait-il devenir un effet secondaire reconnu du vaccin Pfizer ? Réputé pour avoir des effets secondaires bénins, le vaccin du laboratoire américain pourrait revoir son discours après la découverte de plusieurs cas de zona potentiellement liés à l'inoculation du vaccin anti-Covid. Le zona, qui est une maladie liée à la réactivation du virus de la varicelle, souvent observée chez des personnes aux défenses immunitaires faibles entrainant des pustules qui restent très douloureuses pendant des jours ou des semaines, a été recensé à 112 reprises selon l'Agence nationale de sécurité des médicaments, dont 86 fois avec le vaccin Pfizer-BioNTech. Pour l'heure, les cas sont peu nombreux mais ils sont tout de même sous la vigilance des autorités car cet effet secondaire n'a pas été évoqué par le laboratoire américain lors du lancement de son vaccin.

Des cas de myocardite ? 

Après quelques inquiétudes en Israël avec la découverte de plusieurs cas de myocardite sur les jeunes patients, cinq cas ont été recensés en France selon le dernier rapport de l'ANSM ce 30 avril. Début juin, le ministère israélien de la Santé a affirmé voir un possible lien entre le vaccin Pfizer et une minorité de cas de myocardite. Ces inflammations cardiaques pourraient surtout survenir chez les hommes les plus jeunes, vaccinés par le produit Pfizer. En Israël, 275 cas de myocardite ont été détectés depuis le début de la campagne vaccinale, en décembre 2020. Au total, 5 millions de personnes ont été vaccinées dans le pays. Parmi eux, 95 % des cas de myocardite ont été déclarés comme "légers". 

Une seule dose de Pfizer efficace aussi efficace que deux ?

Une étude publiée le 10 mars dans la revue scientifique New England Journal of Medecine suggère qu'une seule dose du vaccin Pfizer administré à une personne ayant déjà contracté le Covid-19 protège davantage qu'une vaccination complète, soit deux injections, chez une personne encore épargnée par le virus. Les anticorps seraient entre 10 fois et 45 fois plus nombreux dans le cas d'une immunité préexistante. Les chercheurs à l'origine de l'analyse ont expliqué que "des études de suivi en cours montreront si ces différences précoces dans les réponses immunitaires se maintiennent sur une période de temps prolongée." En février, la Haute Autorité de Santé défendait déjà l'idée de prendre en compte le mémoire immunitaire des anciens malades et de n'utiliser qu'une seule dose du vaccin Pfizer sur ces personnes, en guise de piqûre de rappel. 

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