Tangentopoli : corruption généralisée

Bettino Craxi, leader des socialistes et ancien président du Conseil (Premier ministre) a fui l'Italie pour échapper à la prison. © MATTEINI / SIPA

Une enveloppe contenant sept millions de lires change le destin de l'Italie. En 1992, le patron d'une entreprise de nettoyage milanaise décide que trop c'est trop. Il en a marre de verser des pots-de-vin pour obtenir des contrats à un certain Mario Chiesa, un politicien socialiste. Il parle aux policiers, qui l'équipent de micros, puis se rend au bureau de Chiesa. Au moment où il accepte l'enveloppe, les carabiniers entrent dans la pièce. Le juge Antonio di Pietro mène l'enquête, très vite surnommée Mani pulite ("mains propres"). Car l'affaire implique progressivement des centaines d'hommes politiques, de tous les partis, jusqu'à Bettino Craxi, ancien Premier ministre. Suicides, confessions et assassinats se succèdent tandis que les italiens désertent les partis traditionnels (démocrates-chrétiens, socialistes et communistes). Devant l'immensité du Tangentopoli ("la ville des dessous-de-table"), l'enquête du juge di Pietro s'éternise. La plupart des cas finiront par être prescrits. Silvio Berlusconi profite de la confusion pour arriver au pouvoir.

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