Discours de Jean Castex : les départements en sursis, que retenir des annonces ?

Discours de Jean Castex : les départements en sursis, que retenir des annonces ? Une situation qui se dégrade au niveau national, vingt départements sous le coup d'un confinement et une vaccination qui avance : Jean Castex a fait un nouveau point d'étape ce jeudi soir sur le Covid-19 en France.

Une nouvelle conférence de presse gouvernementale s'est tenue ce jeudi soir, en présence de Jean Castex. Le Premier ministre, qui n'était pas intervenu dans ce cadre depuis plusieurs semaines, a délivré un discours en forme d'avertissement, compte tenu de la situation sanitaire qui s'est soudainement dégradée ces derniers jours. Après l'officialisation, quelques jours plus tôt, des reconfinements locaux dans les Alpes-Maritimes et dans l'agglomération de Dunkerque, le même sort était redouté pour d'autres territoires également en difficulté face à l'épidémie de Covid-19.

Finalement, Jean Castex n'a pas annoncé de nouvelles restrictions, mais - et c'est bien l'information de la soirée - a placé vingt départements en vigilance renforcée, autrement dit sous la menace de nouvelles mesures, dont des confinements. L'exécutif se donne quelques jours pour considérer l'évolution de la situation dans ces départements et si des mesures étaient prises, elles seront appliquées dès le 6 mars, a-t-il précisé. Interrogée sur RTL, l'infectiologue Karine Lacombe s'est montrée en désaccord contre les annonces du Premier ministre. On a l'impression que c'est reculer pour mieux sauter. Les chiffres vont dans le sens de l'augmentation croissante. À partir du moment où le variant anglais devient majoritaire, il se multiplie de façon beaucoup plus rapide par rapport à la souche traditionnelle. Quand il devient dominant, les infections reprennent et augmentent de façon plus rapide. C'est ce qu'on est en train de voir actuellement".

Alors que la mairie de Paris a réclamé un confinement de 3 semaines avant de finalement rétropédaler en évoquant une simple hypothèse, Jean Castex  a qualifié vendredi de "fadaises" l'idée d'instaurer des confinements locaux de trois semaines ayant pour objectif une réouverture totale ensuite. "Vous avez entendu la mairie de Paris dire qu'il faut qu'on confine trois semaines et puis c'est fini. Mais vous savez très bien qu'avec les variants etc, ce n'est pas possible", a déclaré le Premier ministre, lors d'un déplacement au centre hospitalier de Nantes. "Il ne faut pas raconter des fadaises. Il ne faut jamais raconter des fadaises." a-t-il expliqué avec agacement.

Retrouvez ci-dessous en détail les annonces du chef du gouvernement, qui a également laissé la parole à Olivier Véran pour les questions purement sanitaires.

Les principales annonces de Jean Castex

  • Une liste de 20 départements "sous surveillance renforcée" a été établie, des confinements locaux pourraient y être instaurés dès le 6 mars. Il s'agit de Paris, l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, le Val-d'Oise, les Yvelines, le Nord, l'Oise, la Somme, le Pas-de-Calais, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Var, le Rhône, la Drôme, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle et l’Eure-et-Loir.
  • "J’ai demandé aux préfets des départements concernés d’engager des concertations avec les élus en vue d’inviter sans attendre tous les habitants à la plus grande vigilance et d’envisager, dans tout ou partie de ces territoires, des mesures de freinage proches de celles mises en place à Nice et Dunkerque".
  • "Nous ferons un point au terme de ces concertations la semaine prochaine et, si et seulement si la situation continue à se dégrader, nous prendrons des mesures renforcées qui entreront en vigueur à compter du week-end du 6 mars". 
  • Sur la décision de ne pas confiner le pays : "La situation sanitaire de notre pays s'est dégradé au cours des derniers jours. Après plusieurs mois se situant sur un plateau, le virus progresse en France". "Certains appellent à un confinement strict, pour nous débarrasser une fois pour toute du Covid. Ce n'est pas possible, compte tenu de la nature des variants". "Le confinement est un levier auquel on doit recourir lorsque nous en sommes contraints. Nous devons le repoussons autant que nous le pouvons".
  • "Notre choix de ne pas reconfiner à un corollaire : être très soucieux de l'évolution de la situation".
  • "Le confinement le week-end ciblé dans les Alpes-Maritimes et dans le Nord, sur certains territoires donc, est la bonne méthode pour obtenir des résultats rapides, sans en impacter d'autres". "La situation dans d'autres départements suscite une vigilance élevée".
  • Sur la campagne de vaccination. "La campagne vaccinale a déjà des effets sur la protection des personnes âgées". "La campagne de vaccination se poursuit et s'amplifie, fait valoir le premier ministre. A la fin de ce mois de février, plus de 4 millions de vaccins auront été administrés à près de 3 millions de personnes".
  • "D'ici fin mars, les deux tiers des plus de 75 ans seront vaccinées. En avril, nous ouvrirons la vaccination aux plus de 65 ans. A la mi-mai, la totalité des plus de 50 ans se seront vu proposer une première injection".
  • Sur les anticorps monoclonaux. Olivier Véran assure que la France a identifié "des pistes thérapeutiques intéressantes, des espoirs nouveaux qui permettront de renforcer notre arsenal de moyens pour lutter contre la diffusion de ce virus". "L'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a validé de manière "temporaire" l'utilisation des anticorps monoclonaux, à utiliser pour éviter aux malades du Covid des formes graves".

Discours en vidéo de Jean Castex

Les dernières allocutions de Jean Castex

Discours de Jean Castex le 4 février

Le chef du gouvernement a organisé une grande conférence de presse le 4 février pour faire le point sur les restrictions maintenues pour contrôler l'épidémie. Il a lancé un appel aux Français pour les inciter à la prudence pour les congés. Voici ce qu'il faut retenir :

  • Au sujet des vacances d'hiver. "Nous avons choisi de ne pas limiter les déplacements entre régions durant les vacances d'hiver. Gérer une crise sanitaire, c'est rechercher le bon point d'équilibre. Mais le plus important des critères est celui de la santé des Français. Nous nous y tenons, quitte à prendre des mesures impopulaires".
  • Au sujet d'un recours possible au confinement. "Le confinement n'est pas nécessaire aujourd'hui. Mais en cas de nécessité, nous n'hésiterions pas. [...] L'objectif n'est pas de repousser le confinement, il est de l'éviter. [...] Effectivement, face à la situation actuelle, qu'il y ait eue des interrogations sur la perspective de reconfiner, je vous le confirme. Cette perspective n'a pas disparu".
  • Au sujet du télétravail. "Le télétravail doit être la règle pour toutes les activités qui le permettent. Aujourd'hui plus d'un tiers des actifs peuvent le faire. Or le recours au télétravail s'érode. 30 % de ceux qui peuvent télétravailler à 100 % le font. C'est difficile, mais nous n'avons pas le choix ! Le télétravail est un levier important dans la lutte contre le Covid. Nous n'entendons pas revenir sur les règles actuelles, mais je demande à toutes les entreprises à se mobiliser en urgence".
  • Au sujet de la campagne de vaccination. "Le taux d'adhésion dans les Ehpad est très bon, preuve que notre stratégie était la bonne. 70 % des résidents en Ehpad seront vaccinés d'ici les tout prochains jours". "La campagne de vaccination suit son cours à un rythme soutenu. Nous avons pour objectif de vacciner toutes les personnes de plus de 65 ans qui le souhaitent d'ici le mois de mai". "Le nouveau vaccin AstraZeneca va nous permettre d'atteindre l'objectif des 4 millions de premières injections d'ici la fin février".
  • Au sujet de la campagne de tests, notamment à l'école. "Au retour des vacances, nous espérons réaliser plusieurs centaines de milliers de tests par prélèvement salivaire dans les écoles, plus simples et moins désagréables pour les enfants".

Discours de Jean Castex le 29 janvier

Le Premier ministre Jean Castex a pris la parole vendredi 29 janvier. Le chef du gouvernement n'a pas annoncé de reconfinement immédiat, mais a prévenu les Français que le pays était au bord de ce 3e confinement. "La question d'un confinement se pose légitimement", compte tenu des données du virus. "Nous pouvons nous donner une chance de l'éviter", a-t-il néanmoins estimé. Les mesures suivantes avaient été annoncées :

  • Toute entrée ou toute sortie du territoire pour les pays hors UE est interdite sans motif valable. Elles sont aussi conditionnées à la réalisation d'un test pour les pays de l'UE, à l'exception des travailleurs transfrontaliers.
  • Les centres commerciaux non-alimentaires d'une surface supérieure à 20 000 m2 sont fermés.
  • Les jauges sont renforcées dans toutes les grandes surfaces. Les mesures d'aide s'appliquent aux entreprises concernées.
  • Le recours effectif au télétravail a été renforcé.
  • Les policiers et gendarmes sont davantage mobilisés pour contrôler le non-respect du couvre-feu, les fêtes clandestines et l'ouverture illégale des restaurants.

Interview de Jean Castex le 18 janvier

Jean Castex a répondu à l'invitation d'Anne-Elisabeth Lemoine le 18 janvier pour évoquer la crise sanitaire, les nouvelles mesures entrées en vigueur, mais aussi la campagne de vaccination du gouvernement, qui a suscité plusieurs polémiques depuis son lancement. Interrogé sur les chiffres de la vaccination en France et la deuxième phase de la campagne commencée plus tôt que prévu initialement, Jean Castex a confirmé que "le calendrier avait évolué, puisque le contexte en lui-même a évolué, notamment vis-à-vis des variants". Jean Castex a également souligné qu'"avant que les vaccins donnent une immunité suffisante à toute la population, il y en a pour plusieurs mois". En conséquence, le confinement "reste à l'étude". "Je veille à un équilibre, qui peut être mis en cause quasiment tous les jours. Nous devons nous réserver des capacités d'action, le confinement en est une !", a expliqué le Premier ministre.

Discours et annonces de Jean Castex le 14 janvier

Jean Castex a fait un point sur les restrictions mises en place pour endiguer la propagation du Covid-19 en France le 14 janvier. A l'occasion d'une conférence de presse ayant également réuni six de ses ministres, le chef du gouvernement a annoncé un renforcement des mesures, provoqué par une situation sanitaire toujours inquiétante : le couvre-feu a été avancé à 18 heures pour l'ensemble de la métropole à partir du samedi 16 janvier, les conditions d'entrée sur le territoire national ont été durcies dès le lundi 18 janvier, tous les voyageurs hors UE voulant entrer en France devant présenter un test négatif avant même d'embarquer. Dans les écoles, le protocole sanitaire a été renforcé, notamment dans les cantines, comme cela était attendu. Concernant l'enseignement supérieur, et seulement pour les élèves de première année, le présentiel a été rendu possible dès le 25 janvier mais uniquement par demi-groupes. La vaccination a été élargie dès le 18 janvier aux personnes pouvant développer une forme grave de la maladie, quel que soit leur âge (800 000 personnes). Elle a aussi été ouverte, comme prévu, à toutes les personnes de plus de 75 ans. 

Discours de Jean Castex le 7 janvier 2021

Le Premier ministre a fait un point sur l'accélération de la campagne de vaccination jeudi 7 janvier. Il avait alors annoncé que 10 départements avaient été identifiés pour passer à un couvre-feu débutant à 18h, comme 15 autres départements déjà sous ce régime.

Discours de Jean Castex le 10 décembre 2020

Le chef du gouvernement a annoncé à cette date le report de la réouverture des salles de spectacle et des enceintes sportives. Il avait aussi fait savoir qu'un couvre-feu allait être mis en place dès le 15 janvier à partir de 20h. 

Discours de Jean Castex le 26 novembre

Le Premier ministre avait à cette date fait le point sur la situation sanitaire et le prolongement du deuxième confinement, avec des mesures d'allégement.