On paye tous plus de taxes sur l'essence, et voilà à quoi elles vont servir
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, semble s'être donné pour mission de ne pas apparaître comme un bénéficiaire de la crise énergétique. Ce mercredi 1er avril, le chef du gouvernement a donné l'instruction à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et réduire la dépendance aux hydrocarbures importés. Il suggère de les financer par les "surplus" de recettes fiscales liés aux prix des carburants, qui flambent depuis le début des tensions au Moyen-Orient, a indiqué Matignon à l'AFP, relayé par France Info.
Le Premier ministre a ainsi demandé au ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, de travailler à une affectation de ces recettes pour financer les mesures prioritaires du plan d'électrification, selon le texte de ces instructions consulté par BFM TV.
Est-ce que l'envolée des prix à la pompe permet à l'État de s'enrichir considérablement via l'impôt ? En réalité, ce n'est pas le cas. L'essentiel de la fiscalité repose sur des taxes fixes par litre, qui n'augmentent pas avec le prix du produit. Les éventuels gains seraient modestes, puisqu'ils dépendent directement du volume de consommation (lequel a tendance à baisser quand les prix montent). Seule la TVA, étant proportionnelle au prix de vente, génère bien des taxes et des recettes supplémentaires, mais dans des proportions limitées.
Les prix du carburant se sont envolés dans un contexte géopolitique tendu. C'est dans ce cadre que Sébastien Lecornu a aussi appelé à une meilleure "électrification" de l'économie du pays afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles et au gaz. L'ancien ministre des Armées souligne que la France dispose d'une électricité abondante, compétitive et décarbonée.
Les chiffres affichés du carburant sont déterminés par différents éléments, dont 55% de taxes, détaille Bercy, composées de la TVA et de l'accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). Le montant de l'accise est fixé par litre, il n'augmente donc pas avec la hausse des prix. Que le litre de diesel soit à 1,70 ou 2 euros, l'accise est de 61 centimes par litre. Idem pour l'essence, à 67 centimes.
Le gouvernement a pour ambition de faire passer de 60% à 40% d'ici 2030 cette dépendance par l'électrification des transports avec davantage de voitures électriques ou de bâtiments équipés de pompes à chaleur.