Une guerre civile est en cours dans ce pays entre... animaux, les experts n'en reviennent pas
Alors que la situation géopolitique mondiale est marquée par des conflits persistants, du Moyen-Orient à l'Ukraine, les experts de la vie sauvage font face à une découverte stupéfiante. En Ouganda, une guerre d'une extrême violence oppose non pas des factions humaines, mais deux clans de chimpanzés issus d'une même communauté originelle. Ce conflit meurtrier, qui dure depuis plusieurs années, défie les connaissances actuelles des primatologues.
L'Ouganda, pays d'Afrique de l'Est situé entre le Kenya et la République démocratique du Congo, abrite l'une des plus grandes communautés de chimpanzés au monde : les Ngogo. Depuis 2015, ce groupe autrefois soudé s'est scindé en deux camps rivaux se livrant une lutte brutale. Le 9 avril dernier, les résultats d'une recherche menée depuis plus de trois décennies ont été dévoilés, mettant en lumière l'ampleur de ce que les spécialistes n'hésitent plus à qualifier de guerre civile, précise Le Monde.
Selon l'étude, les affrontements ont déjà causé la mort de 17 bébés et de 7 adultes issus du groupe central. Quatorze autres individus manquent à l'appel et pourraient avoir succombé à des attaques. "C'est vraiment triste de voir ces chimpanzés s'entretuer, surtout de voir mourir des chimpanzés que je connais si bien. J'ai parfois l'impression d'être un correspondant de guerre", a déclaré Aron Sandel, un chercheur.
Ce qui surprend la communauté scientifique, c'est que cette espèce était auparavant connue pour sa cohésion sociale au sein de la tribu. "J'ai l'impression que nous touchons à quelque chose d'essentiel dans la nature des chimpanzés", a déclaré Sandel, qui a ajouté : "En observant l'évolution spectaculaire de ces relations, nous comprenons mieux les chimpanzés, ce que la simple observation ne nous permet pas d'appréhender. C'est une véritable fenêtre ouverte sur leur esprit et leurs émotions."
D'après les observations du chercheur John Mitani de ce phénomène nouveau, dont les propos sont repris par Science.org, "les conflits mortels entre groupes d'animaux autrefois socialement liés ont rarement été observés en dehors de l'espèce humaine".
Ce conflit est sans doute lié à des questions territoriales entre chimpanzés. La fragmentation du groupe aurait été précipitée par une série de morts de causes inconnues en 2014, suivie d'une épidémie respiratoire en 2017. Ces crises successives ont fragilisé les interactions sociales, transformant d'anciens alliés en ennemis mortels pour le contrôle des ressources et du pouvoir.
