Coupure d'électricité : les prévisions aujourd'hui et dans les prochains jours

Coupure d'électricité : les prévisions aujourd'hui et dans les prochains jours COUPURE DE COURANT. Le risque de coupure d'électricité en France s'éloigne depuis la fin d'année, mais la surveillance du réseau électrique reste de mise jusqu'en février 2023. Suivez le signal Ecowat et la situation en temps réel...

Y aura-t-il des coupures de courant cet hiver ? Après la panique provoquée début décembre par un plan de délestages du gouvernement, visant à prévenir les pénuries d'électricité lors des journées les plus froides de l'année, l'exécutif rassure pour les mois de janvier et février 2023. Mais la surveillance du réseau électrique reste de mise cet hiver. L'électricité ne pouvant être stockée, Réseau de transport d'électricité (RTE), en charge du transport et Enedis, chargé de la distribution, doivent en effet coordonner à chaque instant les niveaux de production et de consommation électriques dans le pays.

En plus d'un nouvel outil, Ecowatt, visant à inciter les Français à la sobriété et à les alerter en cas de tensions, RTE fournit à travers la plateforme Eco2Mix des données précieuses, mises à jour en temps réel ou presque, pour établir un tableau de bord de la situation électrique du pays. Ce dernier dépeint une situation maîtrisée depuis les fêtes de fin d'année, avec une production d'électricité supérieure à la consommation au quotidien, même si le retour du froid a périodiquement refait passer les données dans le rouge à partir du 17 janvier.

Ce contexte est en tout cas bien différent de celui de l'automne, avec une France qui se trouvait en déficit électrique chronique, obligée importer chaque jour plusieurs dizaines de milliers de mégawatts depuis l'étranger. Suivez le signal Ecowatt et les prévisions de coupures près de chez vous.

Des coupures d'électricité risquent-elles d'avoir lieu en France aujourd'hui ?

Le principe d'Ecowatt est de déterminer si les capacités de production sont en mesure de répondre à la consommation du moment, ou prévue dans les prochains jours, à l'échelle nationale. De multiples données sont donc prises en compte, comme la consommation en temps réel et la consommation prévue en France, tout comme les capacités maximales de production aux mêmes moments.

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PRECISION : les données du jour et de la veille sont des cumuls réalisées par nos soins depuis le début de la journée à partir des données "temps réel" mises à disposition sur Data.gouv par l'Open Data Réseaux Énergies (ODRÉ), plateforme réunissant les données de GRTgaz, RTE, Teréga et plusieurs autres organismes clés du secteur de l'énergie en France. Les moyennes à la même date ces 5 dernières années sont calculées à partir des données "consolidées" de 2017 à 2021.

Production et consommation par quart d'heure en France

 
Suivez la consommation et la production d'électricité en temps réel et au jour le jour depuis le 15 septembre dans notre tableau de bord détaillé.

Notre tableau de bord de l'électricité en France

Pourquoi les coupures de courant sont redoutées cet hiver ?

Des coupures d'électricité ciblées et programmées ont été envisagées dans le cadre d'un plan de délestages, prévu par le gouvernement, en cas de fortes tensions sur le réseau électrique cet hiver. Une circulaire envoyée aux préfets début décembre en a dévoilé les contours. En résumé, si la production d'électricité en France et les importations ne sont pas en adéquation avec la consommation aux moments les plus froids de la saison, Enedis, sur demande de RTE, pourrait couper préventivement des tranches entières du réseau pour éviter le blackout complet. Une panne géante qui, incontrôlée, aurait des conséquences plus graves encore. 

La crainte d'une pénurie d'électricité cet hiver est liée en premier lieu à une production électrique perturbée depuis l'été dernier par d'importantes opérations de maintenance et des problèmes de corrosion dans les centrales nucléaires françaises. EDF prévoit ainsi qu'une dizaine de réacteurs environ sur les 56 que compte son parc nucléaire seront toujours débranchés fin janvier 2023 (ils étaient jusqu'à 36 à l'arrêt à la rentrée de septembre). En novembre 2022, le fournisseur d'énergie a été contraint d'abaisser ses prévisions de production annuelles de 280-300 TWh d'électricité d'origine nucléaire prévus à 275-285 térawattheures.

Un risque qui s'éloigne depuis décembre

Le gouvernement a communiqué dès la rentrée de septembre sur de possibles coupures d'électricité ou délestages programmés en cas de fortes tensions durant l'hiver. Officiellement, ces coupures ne devraient intervenir qu'en cas d'hiver particulièrement rigoureux et si les écogestes lors des pics de consommation sont insuffisants.

Dès le 18 octobre en conférence de presse, RTE a prévenu que les marges disponibles en hiver seraient réduites et que la "vigilance" serait de mise en hiver jusqu'en 2024. Début décembre, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité a également établi trois scénarios hivernaux précisant le nombre de ces "signaux rouges" selon plusieurs paramètres (consommation et efficacité du plan de sobriété du gouvernement, températures, redémarrage des réacteurs...). Dans le meilleur des cas, aucun signal rouge ne devrait être émis, mais dans le pire scénario, entre 12 et 20 activations pourraient avoir lieu et même entre 20 et 28 si l'hiver était très froid. Un scénario qui semble s'éloigner.

Le gestionnaire du réseau annonçait en effet le 20 décembre puis le 19 janvier, dans l'actualisation de ses perspectives sur le système électrique en France, un risque "moyen" de tensions jusqu'à la fin de l'hiver, alors qu'il était "élevé" à l'automne. Quelques signaux Ecowatt rouge restent possibles sur les mois de l'hiver (de 0 à 3 selon les prévisions). Des signaux synonymes de coupures d'électricité, en cas de tension persistante. RTE assure désormais que "la probabilité d'activation du signal "Ecowatt rouge" est réduite par rapport à l'analyse de septembre, mais toujours possible en cas de conditions météorologiques défavorables". Le gestionnaire écrit que la "situation électrique est désormais significativement plus favorable qu'au début de l'automne".

Quelles sont les recommandations en cas de pic de consommation ?

Une baisse de la température de 1 degré entraîne statistiquement au niveau national une hausse de la consommation de 2400 mégawatts… RTE a donc dégainé un plan pour les pics de consommation qui ne manquent pas d'arriver durant l'hiver. Parmi les mesures qui peuvent être prises en cas de situation tendue, on trouve en premier lieu des alertes qui incitent les Français à réduire leur consommation. Selon le gestionnaire, une baisse de la consommation de 1 à 5% pourrait déjà suffire à éviter des coupures de courant lors des périodes de tensions sur le réseau électrique.  

Sur le site Ecowatt, RTE détaille les "écogestes" permettant de limiter sa consommation, notamment entre 8h et 13h et entre 18h et 20h, autrement dit quand les Français débutent leur journée et que l'activité économique s'accroit, puis quand les appareils électroménagers sont remis mis en fonctionnement et le chauffage très sollicité le soir, alors que certains salariés sont encore au bureau et que sont mis en route les éclairages publics. Parmi ces "écogestes" : 

  • Réduire autant que possible la température du chauffage
  • Décaler certains usages domestiques (lave-vaisselle, machine à laver, etc.)
  • Modérer l'utilisation des appareils de cuisson (par exemple en évitant les cuissons longues)
  • Eteindre les lumières inutiles
  • Prévoir une programmation spécifique du chauffage (par ex. en réduisant la température de 1°C supplémentaire)
  • Réduire la ventilation au niveau minimum requis
  • Eviter de recharger les véhicules électriques pendant les périodes de tension

Comment les coupures d'électricité vont se dérouler ?

Si les "écogestes" des consommateurs s'avéraient insuffisants en période de tension et si la situation l'exigeait, des délestages tournants seraient donc envisagés, autrement dit des coupures d'électricité programmées sur une partie du réseau pendant une période donnée. Selon le plan dévoilé début décembre, c'est Enedis qui devrait se charger de ces délestages, sur alerte de RTE, en agissant sur des tranches entières du réseau. La coupure interviendrait au niveau des postes sources alimentant des quartiers ou des communes entières.

Selon le plan du gouvernement, ces coupures pourraient intervenir "sur une courte période de moins de deux heures", le matin entre 8h et 13h et le soir entre 18h et 20h, soit les heures les plus consommatrices de la journée selon les estimations de RTE. Elles devraient se limiter à une seule coupure par jour, mais pourraient se répéter sur un ou plusieurs jours si nécessaire. Une même adresse ne devrait a priori pas être visée deux fois d'affilée et les coupures ne devraient pas intervenir durant les week-ends. Elles seraient en tout état de cause une solution de dernier recours. Ces modalités ont été confirmées lors du Conseil des ministres du 29 novembre et précisées dans une circulaire de Matignon aux préfectures début décembre.

Les particuliers informés via une carte sur Ecowatt 

Si elles étaient décidées, les coupures d'électricité seraient d'abord annoncées par un signal Ecowatt rouge trois jours à l'avance sur le site et l'application Ecowatt. Une carte des départements concernés serait publiée la veille à 15 heures. Puis à 17 heures, les utilisateurs pourront en théorie vérifier s'ils sont concernés sur le site Monecowatt.fr, dans un espace "Coupures temporaires", où il suffira d'entrer son adresse. Il sera également possible de contacter Enedis via le numéro de dépannage indiqué sur la facture d'électricité. Enedis continuera à suivre la situation et pourra revoir ses plans jusqu'à la fin de la nuit précédente, jusqu'à la dernière minute. Une coupure d'électricité annoncée ne sera donc pas forcément une coupure d'électricité réalisée.

Des baisses de tension peuvent aussi être décidées de manière préventive, autrement dit la réduction de 230 volts à 220 volts du réseau, une mesure quasi indolore pour les ménages selon les autorités. RTE peut aussi lancer un "ordre d'effacement" auprès des centaines de sites industriels dits "électro-intensifs", autrement dit un appel aux entreprises les plus gourmandes à décaler ou réduire l'utilisation de certains appareils ou à s'alimenter avec des sources d'énergie internes. La déconnexion volontaire de clients (moyennant indemnisation) ou l'arrêt de l'approvisionnement en électricité des des 21 sites industriels nationaux les plus "gourmands" sont aussi envisageables.

Paris, Lyon, Marseille... Quelles sont les villes à risque de coupure d'électricité ?

Si on sait que les grandes métropoles sont particulièrement gourmandes en énergie, difficile dans le détail de déterminer les villes les plus exposées aux pannes et délestages. Du point de vue des installations (sites) et de la consommation, les données sont régionales. On apprend ainsi que la région Ile-de-France enregistrait la plus forte consommation en 2015 avec 29,8 millions de mégawattheures et 6,3 millions de sites, suivie de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec 23,9 millions de mégawattheures et 4,5 millions de sites et enfin par les régions PACA, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon et Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, entre 18 et 19 mégawattheures et environ 3,5 millions de sites.

En toute logique, les zones urbaines à forte concentration comme Paris, Lyon, Marseille et plusieurs autres villes sont les plus consommatrices et donc, peut-être, les plus exposées. La Bretagne vient s'ajouter à la liste, avec la Provence-Alpes-Côte d'Azur, "péninsule électrique" et donc territoire sensible.