1er janvier : impôts, smic et prix du gaz... ce qui change en 2018

1er janvier : impôts, smic et prix du gaz... ce qui change en 2018 1ER JANVIER 2018 - Bonnes ou mauvaises nouvelles ? La loi de finances pour 2018 a définitivement été adoptée et un certain nombre de changements sont arrivés au 1er janvier. Qu'est-ce qui change pour votre portefeuille ?

[Mis à jour le 3 janvier 2018 à 18h05] Comme chaque année, le 1er janvier est synonyme de changement pour le portefeuille des Français. Modification des tarifs postaux, augmentation du gaz, revalorisation du Smic... Mais aussi et surtout une panoplie de nouvelles mesures fiscales. Le premier budget du quinquennat d'Emmanuel Macron a été validé par le Conseil constitutionnel, peu avant le passage en 2018. Et celui-ci amène avec lui son lot de changements.

Au programme de cette loi de Finances : refonte de l'impôt sur la fortune (ISF), transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI), création d'un prélèvement forfaitaire unique (PFU ou "flat tax"), réforme de la taxe d'habitation, augmentation de la CSG, réduction des aides au logement, etc. Certaines de ces réformes sont d'ailleurs entrées en vigueur dès le 1er janvier. Linternaute.com vous détaille tout ce qui change pour votre porte-monnaie en ce début d'année.

Smic et salaires

Comme chaque année, le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) a été revalorisé au 1er janvier. En 2018, le Smic augmente ainsi de 1,24%, passant de 1 480,27 euros à 1 498,47 euros mensuels, sur la base de la durée légale du travail de 35 heures hebdomadaires.
Le minimum garanti, qui sert de montant de référence dans le calcul de certaines indemnités et minima sociaux, est quant à lui rehaussé à 3,57 euros (au lieu de 3,54 euros en 2017).

Fiche de paie simplifiée

Obligatoire depuis janvier 2017 dans les entreprises de plus de 300 salariés, la fiche de paie simplifiée est cette année généralisée à toutes les entreprises. Le nouveau modèle de bulletin de salaire est plus lisible, avec une réduction de moitié du nombre de lignes inscrites au document. Le salaire et les éléments de rémunération doivent désormais être présentés dans un tableau distinct et les cotisations payées par le salarié doivent être regroupées sur une même ligne. Les contributions liées à l'assurance maladie sont elles rassemblées dans un cadre "Santé".

Prix de l'essence et du diesel

Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : les prix du carburant ont de nouveau augmenté au lundi 1er janvier. A la pompe, le prix du diesel à flambé de 10% : une hausse moyenne de 7,6 centimes par litre. Le prix de l'essence a quant à lui augmenté de 3,84 centimes en moyenne. Un décalage assumé : le gouvernement entend aligner la fiscalité du diesel, jusqu'ici très avantageuse, sur celle de l'essence, dans les prochaines années . Les deux carburants devraient arriver aux même tarifs en 2021. Les automobilistes voient par ailleurs le grand retour de "la prime à la conversion" (ancienne prime à la casse) : le gouvernement offre un chèque de 1 000 euros aux automobilistes qui vendent leurs vieilles voitures pour acheter un véhicule neuf ou récent. Une prime de 6 000 euros est prévue pour les personnes qui investissent dans une voiture électrique. Objectif : sortir 100 000 voitures polluantes du parc automobile en 2018.

Prix du gaz

Le prix du gaz grimpe lui aussi. Au lundi 1er janvier, les tarifs réglementés de vente de gaz naturel ont en moyenne augmenté de 2,3%. Dans le détail, cette majoration ne s'applique pas de la même manière pour tous : les personnes utilisant le gaz uniquement pour la cuisine ne subissent qu'une augmentation de 0,7%. La hausse s'élève en revanche à 1,4% pour les personnes utilisant le gaz pour l'eau chaude et à 2,4% pour les personnes se chauffant au gaz. En parallèle, la Taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel, qui représente environ un tiers de la facture, passe de 5,88 euros par MWh à 8,45 euros par MWh. Au total, la facture de gaz augmente en moyenne de 6,9%.

    Tarifs postaux

    Les tarifs de La Poste sont également revalorisés une fois par an, au 1er janvier. Ainsi, le prix du timbre augmentera en janvier prochain. Il faudra donc débourser 0,95 euros pour le timbre rouge, contre 0,85 euros actuellement. Soit une augmentation de 11,7%. La lettre verte passera quant à elle de 0,73 euros à 0,80 euros. Le tarif des envois en recommandé augmentera lui aussi, passant de 3,95 euros à 4,05 euros (niveau R1, 20g). Consultez la grille tarifaire complète de La Poste.

    Frais bancaires

    Pensez à vous renseigner auprès de votre établissement… Car dans une grande majorité des banques, une nouvelle grille tarifaire entre généralement en vigueur au 1er janvier. Selon la dernière étude menée par le comparateur Panorabanques, une augmentation "plus modérée" sera observée en 2018. Les Français paieront en moyenne 194,30 euros de frais bancaires annuels, soit une augmentation de 0,25% par rapport à 2017. L'étude rappelle que cette augmentation était de 2,3% entre 2015 et 2016 et de 1,7% l'année passée.

    CSG et cotisations salariales

    Pilier parmi les réformes fiscales : l'augmentation prévue de la CSG de 1,7 point, couplée à la baisse des cotisations chômage (2,4%) et maladie (0,75%), payées par les salariés. Si le gouvernement prévoyait de supprimer les cotisations salariales dès le 1er janvier, la mesure sera finalement appliquée en deux temps. Au 1er janvier, les cotisations salariales maladie ont été supprimées, et les cotisation chômage diminuée de 1,40 point. ce n'est qu'au 1er octobre 2018 qu'elle seront supprimée, via une seconde baisse de 0,95 point.
    La bascule des cotisations salariales vers la CSG entraînera une augmentation des salaires dès le mois de janvier, surtout pour les salariés du secteur privé. Lire : Les gagnants et les perdants face à la hausse de la CSG.

    Taxe d'habitation

    C'était certainement la promesse phare du début de quinquennat. La taxe d'habitation sera supprimée pour 80% de ses assujettis à l'horizon 2020, via trois baisses successives de son montant. La réforme entrera en vigueur dès 2018, avec une diminution de 30% du montant de la taxe pour les personnes concernées. Les contribuables mensualisés verront donc les effets de la réforme dès janvier 2018. A noter que vous pouvez vérifier votre éligibilité à la mesure grâce à un simulateur mis en ligne sur le site des impôts. Il vous suffit de saisir votre revenu fiscal de référence et le nombre de parts fiscales du foyer pour savoir si vous bénéficierez de la réforme. En ajoutant le montant de la taxe payée en 2017, le simulateur vous indiquera le montant dont vous devrez vous acquitter en 2018.

    L'ISF remplacé par l'IFI

    Conformément à l'engagement présidentiel, l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) disparaît en 2018, remplacé par un impôt recentré sur les valeurs immobilières : l'Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Le seuil d'imposition reste le même, mais seuls les actifs immobiliers sont concernés. Ainsi, seuls les patrimoines nets taxables de plus de 1,3 million d'euros, c'est-à-dire après réduction des dettes, seront soumis au nouvel impôt. L'abattement de 30% sur la résidence principale est conservé, mais pas le dispositif d'ISF-PME, qui permettait de réduire son imposition à hauteur de 50% des sommes investies en numéraire au capital de PME.

    Flat tax : le prélèvement forfaitaire unique

    C'est peut-être l'une des mesures majeures du premier budget du gouvernement. A compter du 1er janvier 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou "flat tax", entrera en vigueur. Cette nouvelle taxe de 30% (12,8% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux) s'appliquera à tous les revenus de capitaux mobiliers, exceptés les livrets A, LDD, livrets jeunes et livrets d'épargne populaire. Seront donc concernés :

    • les livrets d'épargne fiscalisés,
    • les comptes à terme,
    • les Comptes d'épargne logement (CEL), 
    • les Plan d'épargne logement (PEL)
    • les dividendes d'actions et de parts sociales, 
    • les plus-values réalisées sur la cession de titres, de parts de sicav et de fonds communs de placement (FCP).

    Concernant le PEL, il est à noter que seuls les plans ouverts à compter du 1er janvier sont soumis dès la première année au PFU. L'avantage de l'exonération d'impôt sur les intérêts produits au cours des 12 premières années est donc maintenu pour les PEL ouvert jusqu'au 31 décembre 2017. Ils ne seront soumis à la flat tax qu'à partir de la 13e année de détention. L'assurance-vie, elle, conserve un régime privilégié. Seules les parts d'encours dépassant 150 000 euros sont soumises au PFU. Les autres continuent de bénéficier du taux réduit d'imposition (7,5%) après 8 années de détention. Et de manière générale, tous les contrats de plus de huit ans (quel que soit leur encours) disposent de l'abattement annuel sur les gains retirés (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 pour un couple). En revanche, pour les contrats concernés,  les produits des primes versées depuis le 27 septembre (date de l'annonce du budget pour 2018) se voient appliquer la nouvelle taxe.

    APL accession

    La mesure est passée presque inaperçue au sein du projet de loi de finances pour 2018. Elle concernerait pourtant 10% des primo-accédants à la propriété, soit 30 000 à 50 000 foyers français... Les APL accession, une aide accordée aux ménages modestes accédant à la propriété via un Prêt conventionné ou un Prêt Accession Sociale, sont en partie supprimées en 2018. Ce coup de pouce, d'un montant moyen de 155 euros mensuels, est supprimé dans le neuf et conservé dans l'ancien, mais seulement dans certaines zones détendues et pour une période de deux ans. A compter de 2020, l'aide disparaîtra définitivement.

    Dispositif Pinel

    La loi Pinel est un dispositif d'investissement immobilier permettant d'obtenir une réduction d'impôt pour l'acquisition d'un bien immobilier neuf, à condition que celui-ci soit mis en location pour une période d'au moins 6 ans, sous certaines conditions. la loi de finances pour 2018 a prorogé le dispositif pour les quatre prochaines années, soit jusqu'au 31 décembre 2021. Seulement, ses conditions d'application ont changé au 1er janvier. En 2018, l'appareil estrecentré sur les zones les plus tendues du territoire. Seuls les investissements réalisés en zones urbaines A, Abis et B1 sont désormais éligibles à la réduction d'impôt Pinel.

    Assurance emprunteur

    Depuis le 1er janvier, il devient possible à tout consommateur de changer chaque année l'assurance de son crédit immobilier, à sa date anniversaire. D'après une étude du courtier Réassurez-moi, relayée dans le Figaro, l'assurance de l'emprunt (dont certaines garanties sont obligatoires, selon le type de projet financé) représenterait jusqu'à 30% du coût total du crédit. L'étude estime que faire jouer la concurrence permettrait d'économiser en moyenne 6 310 euros sur la durée d'un prêt.

    Crédits d'impôt

    En 2018, certains dispositifs de restitution d'impôt sont également modifiés. C'est le cas du Crédit d'impôt pour transition énergétique, le Cite. Si le dispositif a été prorogé pour les dépenses effectuées jusqu'au 31 décembre 2018, son cadre subi quelques allègement dès le 1er janvier : les chaudières à fioul, les fenêtre à double vitrage, les portes et volets isolants sont progressivement exclus du Cite. Pas de délai pour les chaudières à fioul les moins performantes, puisqu'elles ne sont plus éligibles au crédit d'impôt depuis le 1er janvier. Certaines chaudières plus performante (définies par arrêté) bénéficient toutefois encore de l'avantage jusqu'au 30 juin 2018, mais pour un taux de restitution réduit à 15%. Elles sortiront ensuite définitivement du Cite à compter de cette date.

    Idem pour les fenêtres, portes et volets isolants. Le remplacement ou l'installation de tels équipements est toujours éligible au Cite, mais pour un taux réduit de 15% et seulement jusqu'au 30 juin 2018. A compter de cette date, ils seront exclus du crédit d'impôt. Si cette mesure d'allègement représente une mauvaise nouvelle pour les ménages n'ayant pas encore profité du Cite, une bonne nouvelle pourra en ravir d'autres. Jusqu'alors réservé aux salariés et demandeurs d'emploi, le crédit d'impôt pour emploi d'une personne à domicile est généralisé à tous les Français à compter du 1er janvier. Les retraités et les non-imposables, qui ne pouvaient jusqu'alors pas bénéficier de l'avantage fiscal, pourront donc obtenir un crédit d'impôt pour leurs dépenses de garde d'enfant à domicile, de soutien scolaire, de jardinage, etc. Le taux du crédit d'impôt reste lui à 30% du montant des dépenses engagées.

    Vaccins obligatoires

    Les nouveaux nés seront davantage vaccinés à compter de 2018. Le nombre de vaccins obligatoires passe de 3 à 11 pour les enfants nés après le 1er janvier 2018. Jusqu'à maintenant, seuls les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite étaient obligatoires. Les vaccins contre la rougeole, les oreillons, la rubéole et la coqueluche n'étaient pas imposés, mais seulement recommandés. Ceux-ci sont devenus obligatoires depuis le 1er janvier 2018.

    Amende de stationnement

    Depuis le 1er janvier 2018, ce n'est plus l'Etat mais les communes qui fixent elles-mêmes le montant des amendes de stationnement payant. Exit donc les amendes de 17 euros... Bonjour le forfait de post-stationnement (FPS). A titre d'exemple, il est maintenu à 17 euros à Lille, est fixé à 25 euros à Brest, 35 euros à Bordeaux et peut atteindre 60 euros à Lyon. Par ailleurs, cette année, les communes auront le choix de confier la surveillance du stationnement payant à des sociétés privées.

    Prime et bonus-malus auto

    Dans le domaine de l'automobile, bien des changements sont intervenus au 1er janvier et d'autres pourraient être actés dans l'année. La prime à la casse évolue par exemple, avec 1 000 euros versés au propriétaires de véhicules antérieurs à 1997 décidant de les mettre au rebut. La date est avancée à 2001 pour les diesel. Mais pour profiter de cette pime, il y a des conditions : acheter un véhicule rejetant moins de 130 g/km de CO2, neuf ou d'occasion, et dont la vignette Crit'Air est de  1 ou 2. La prime à la casse est en outre doublée pour les ménages non imposables. La prime à la conversion est moins intéressante, avec une baisse de 4 000 à 2 500 euros pour les électriques et de 2 500 à 1 000 euros pour les hybrides rechargeables. Le bonus-malus écologique évolue lui aussi, avec la fin du bonus pour les hybrides rechargeables pour aider plus les électriques. Le malus augmente et même commence avec des rejets moindres : côté neuf, les automobilistes seront pénalisés dès 120 g/km, au lieu de 127 et les pénalités pourront aller jusqu'à 10 500 euros au lieu de 10 000 et ce dès 185 g/km au lieu de 191. Côté occasion, c'est tout le système qui change avec un malus désormais basé sur la puissance fiscale. s'ajoutent à ces bonnes nouvelles, une nouvelle taxe pour les véhicules puissants, autrement dit d'une puissance fiscale égale ou supérieure à 36 CV. Le montant va de 500 à 8000 euros avec  500 euros de plus à chaque chevaux.le tout sans compter l'augmentation des prix de l'essence avec la revalorisation de la taxe carbone, combinée à une hausse de la fiscalité sur le diesel. 

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