Résultats des européennes : déjà des estimations en Europe

Résultats des européennes : déjà des estimations en Europe Les élections européennes sont déjà terminées dans plusieurs pays membres, dont le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la République Tchèque. Un embargo paneuropéen est en place jusqu'à ce soir 23 heures, mais des estimations sont d'ores et déjà publiées.

[Mis à jour le 25 mai 2014 à 12h21] - La participation aux élections européennes à midi s'élève à 15,7 % en France. Un taux légèrement plus élevé qu'en 2009 où il s'élevait à 14,8 % à la même heure. Avec plus de 84 % d'abstention à la mi-journée, on ne peut pas en revanche parler d'un raz-de-marée. Le vote matinal étant plutôt un vote rural, on peut s'attendre à ce que les villes fassent baisser ce taux par ailleurs dans la seconde moitié de la journée.
Les premiers chiffres et résultats des élections européennes se succèdent depuis jeudi sous la forme d'estimations et de sondages réalisés à la sortie des urnes. Si elles commencent ce dimanche en France, les élections européennes sont en effet lancées depuis plusieurs jours dans le reste de l'UE. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni votaient dès ce jeudi, suivis par l'Irlande vendredi, puis par la Lettonie, Malte et la Slovaquie ce samedi. La République-Tchèque votait quant à elle pendant deux jours et les bureaux de votes ont été clôturés ce samedi vers midi. Selon les premiers sondages diffusés sur place, l'abstention aurait atteint des sommets à Prague. La participation avoisinerait les 20 %. Mais les électeurs ne se sont pas nécessairement tournés vers les eurosceptiques pour le moment en République-Tchèque, même si on le craint encore dans les autres pays. C'est le parti TOP 09, conservateur, qui serait en tête selon les premières estimations avec environ 18 % des voix. Les socio-démocrates du CSSD auraient glané 17 % des suffrages, les centristes d'ANO 15,5 % et le mouvement Usvit, qui a fait de la lutte contre l'immigration son cheval de bataille, n'aurait obtenu que 2 %.
Des estimations sur les Pays-Bas étaient aussi diffusés dès ce jeudi. Selon un sondage Ipsos diffusé sur la chaîne publique néerlandaise, le PVV, "Parti de la Liberté" de Geert Wilders, serait arrivé en troisième voire en quatrième position des élections européennes, qui se sont déroulées ce jeudi 22 mai en Hollande. Ce parti eurosceptique, allié du Front national en France, était pourtant donné vainqueur dans les enquêtes réalisées avant le scrutin. Il aurait finalement obtenu un peu plus de 12 % des suffrages selon les estimations des sondeurs à la sortie des urnes, contre 20 à 25 % annoncés par les mêmes il y a quelques jours. Il a été devancé par les chrétiens-démocrates et les socio-démocrates qui obtiennent, selon le même sondage, environ 15 % des voix chacun et devraient obtenir 4 sièges. Le parti libéral au pouvoir terminerait quant à lui quatrième avec trois sièges et pourrait même dépasser le parti d'extrême droite.
La percée annoncée des eurosceptiques reste donc des plus incertaines compte tenu de ces premières estimations. Il reste encore vraisemblable que ces dernières doublent leur nombre de sièges au Parlement européen à l'issue du scrutin. mais quand bien même ils obtiendraient un quart des sièges ce dimanche soir, le poids des anti-euro resterait somme toute limité. En premier lieu parce qu'ils serait encore loin d'obtenir une majorité bloquante à Bruxelles. ensuite parce que les partis nationalistes restent divisés à l'échelle européenne. Ainsi, le parti Ukip de Nigel Farage outre-Manche, qui prône pourtant la sortie de l'UE, a refusé de s'allier avec le Front national en France. Bien d'autres division empêcheront à coups sur la création d'un véritable bloc europhobe.

Résultats des européennes : des règles complexes

Comme en 2009 et peut être même plus qu'en 2009, la publication des résultats des européennes vire au casse-tête pour les médias. Contrairement à des élections nationales comme les présidentielles, les municipales ou les départementales, l'élection se déroule en effet sur 4 jours dans les 28 pays de l'Union. Certains ont commencé à voter dès ce jeudi : le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Comment garder secrets les résultats dans ces pays pour ne pas influencer ceux qui voteront dimanche, comme la France ? C'est certainement la question que s'est posée la Commission européenne, déjà échaudée par la publication des résultats par La Haye en 2009. Pourtant, celle-ci a décidé de ne rien changer en 2014. Il faudra bien que les états européens attendent la fermeture des derniers bureaux de vote avant de diffuser les chiffres officiels. En 2009, c'est l'Italie qui fermait le bal à 22 heures. Cette fois, Rome a décidé de fermer ses bureaux de vote une heure plus tard ce dimanche, à 23 heures. De quoi prolonger encore un peu l'attente et donc les fuites.

Des estimations autorisées

Question de sémantique : les "estimations", elles, sont en revanche autorisées par l'UE et par les pays membres avant l'heure fatidique. Autrement dit, un média qui souhaiterait diffuser des sondages sortie des urnes ou des estimations réalisées par un institut de sondage à la fin du scrutin au niveau national le peut. On a ainsi appris que les médias néerlandais diffuseraient des estimations le soir même sur l'élection européenne dans leurs frontières. D'après nos sources, c'est aussi le cas de certains médias outre-Manche. La BBC envisageait ainsi de diffuser les premières estimations sur le vote britannique à 22 heures heure locale (23 heures en France), soit à la fermeture des derniers bureaux de vote à Londres. Pour l'heure seuls des chiffres sur les élections locales, qui se déroulaient le même jour, ont été diffusées. Elles actent d'ores et déjà une percée du parti eurosceptique Ukip (UK Independance Party) de Nigel Farage.

Même si elles sont partielles, on connait donc les premières tendances du scrutin dans l'UE. Sans connaitre précisément la répartition des sièges entre socio-démocrates, conservateurs et eurosceptiques ("estimations" obligent) c'est tout de même une indication sur plus de 20 % du Parlement européen qui pourrait être dévoilée.

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