Alicia D : Facebook, Twitter, du harcèlement aux menaces de mort

Alicia D : Facebook, Twitter, du harcèlement aux menaces de mort Agression à Nancy - La grand-mère d'Alicia réagit aux provocations et insultes publiées sur le Web à l'encontre de sa petite-fille. L'ado avait indigné les internautes avec une vidéo la montrant agresser une jeune fille.

[Mis à jour le 23 septembre à 11h29] Sur le Web, les réactions de haine se multiplient encore et encore contre Alicia, cette adolescente qui apparaît sur une vidéo virale, dans laquelle elle s'en prend à une jeune fille qu'elle martyrise et humilie. Son nom et son adresse, ainsi que son compte Facebook ont été communiqués sur les réseaux sociaux. En l'espace de quelques heures, l'auteure présumée des faits est devenue la cible numéro 1 de tous les indignés. Les insultes pleuvent, à tel point que la police pourrait s'intéresser à ce nouveau débordement et au lynchage public dont fait l'objet la coupable présumée de la vidéo. La grand-mère d'Alicia a lancé un appel sur la radio France Bleu Lorraine, pour demander à ce que tout cela cesse : "Les jeunes mettent des menaces de mort, de lapidation, de rassemblement de la maison ! [...] Ils ont harcelé les commerçants qui ont le même nom, ils harcèlent ma petite-fille de huit ans, les cousines d'Alicia, la voisine de 90 ans reçoit des coups de fil en pleine nuit !" a-t-elle déclaré affolée, ajoutant qu'elle était "désolée pour la victime" prise à partie dans la vidéo.

Des profils Twitter et Facebook ont été créés dans le but de nuire à la présumée coupable de l'agression, parmi lesquels plusieurs faux comptes sur lesquels l'adolescente continuerait de se moquer de ses détracteurs. La jeune femme continue-t-elle d'alimenter la polémique ? La police nationale a cru bon de poster sur son compte Facebook un message pour appeler au calme : "Les enquêteurs ont remarqué la création de faux comptes au nom de l'agresseur sur Facebook et Twitter, celle-ci étant actuellement dans nos locaux, il lui est impossible d'interagir sur les réseaux sociaux. Afin de ne pas compliquer le travail d'enquête des policiers de Nancy, nous appelons à l'apaisement et nous vous remercions pour votre vigilance sur le Web".

Agression, harcèlement, vidéo et réseau sociaux : le cocktail terriblement destructeur a donc fait de nouvelles victimes le week-end dernier en Lorraine, transformant un sordide fait divers en emballement médiatique ces dernières heures. Tout est parti d'une scène d'agression, filmée sur téléphone portable par des ados, puis publiée sur Internet. On y voit une adolescente s'en prendre à une jeune fille de 18 ans, souffrant d'un léger handicap, visiblement terrorisée par son agresseur. Une jeune fille qui n'hésite pas à la harceler moralement et physiquement dans un parc de Nancy. La vidéo a fait le tour du web samedi, conduisant la police a interpeller la coupable présumée dimanche. La jeune femme a été mise en examen pour "violences volontaires en réunion et sur personne vulnérable". Les trois autres personnes accompagnant l'agresseur présumé ont également été placées en garde à vue un temps.

La scène de harcèlement a suscité sur les réseaux sociaux une indignation générale. L'émotion dans la région a même fait l'objet d'un reportage sur France 3, qui a diffusé la vidéo. Depuis dimanche, c'est l'emballement sur les réseaux sociaux. L'adolescente mise en examen, nommée Alicia, est à son tour victime d'un harcèlement extrêmement violent sur Facebook et Twitter. Des groupes se créent sur la toile, sur lesquels des dizaines de milliers de "fans" se retrouvent pour injurier sans retenue la coupable présumée. Les réactions continuent de se propager sur Internet et sont d'une rare violence. Le fait divers est terriblement révélateur de l'acharnement public difficilement contrôlable sur Internet et les réseaux sociaux.

La jeune fille mise en examen pour harcèlement a "exprimé des regrets" à la police selon le parquet. En attendant sa comparution devant le juge des enfants, elle est confrontée à son tour à la violence des réseaux sociaux. Elle a été placée provisoirement en "liberté surveillée préjudicielle" sous la surveillance d'un éducateur.

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