Affaire Jubillar : le fils du suspect s'en prend à son père et explique pourquoi il ne veut "plus le revoir"
Si le procès de Cédric Jubillar doit faire la lumière sur ce qui est arrivé à son ex-femme Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 et présumée morte, il soulève aussi des questions sur la relation de l'accusé avec ses enfants. Le peintre-plaquiste de 38 ans n'a aujourd'hui plus de contact avec son fils Louis, âgé de 11 ans, et sa fille Elyah, âgée de 6 ans. Et l'aîné de la fratrie ne souhaite pas renouer le lien avec son père a indiqué son avocate, Me Malika Chmani, au cours du procès.
"Louis a exprimé le souhait de ne plus revoir son père. (...) Il estime que son père ne dit pas les choses, ne lui rend pas des comptes", a déclaré l'avocate au micro de BFMTV. Le jeune garçon, qui vit chez la sœur de Delphine Jubillar depuis le placement en détention de son père en juin 2021, exprime "de la colère envers son père" selon sa tante. S'il avait encore envie d'aller le voir en prison au printemps dernier, cela a "changé" au cours de l'été. Il est persuadé que son père a joué un rôle dans la disparition de sa mère, voire de la mort de cette dernière. Pour autant, il est "dépouillé d'une possibilité de faire son deuil" en l'absence de corps et donc de funérailles. Cinq avec après la disparition de sa mère, Louis souhaiterait pouvoir se recueillir ajoute l'avocate.
L'écoute des auditions de son fils Louis a semblé mettre Cédric Jubillar mêle à l'aise dans le box des accusés selon les médias présents. L'homme a d'ailleurs saisi l'occasion de répondre à la demande lors de l'audience du 29 septembre : "Moi aussi j'aimerais avoir une vérité à leur dire et que je n'ai pas."
Des punitions sévères et des violences à l'égard de Louis évoquées
La colère de Louis semble surtout portée sur ce qui est arrivé à sa mère et sur les soupçons qu'il porte sur son père, plus que sur le comportement que Cédric Jubillar a eu à son égard. Avec le procès, Me Chmani a évoqué des lettres que l'enfant a arrêté de vouloir écrire à son père faute de réponse. Mais elle n'a jamais cité d'éventuelles violences paternelles comme une raison de la distanciation entre Louis et Cédric Jubillar. Pourtant, il a été question de plusieurs violences au cours du procès, notamment dans les témoignages des proches de Delphine Jubillar appelés à la barre le 30 septembre.
Les membres de la famille de Delphine Jubillar dépeignent un portant assez négatif de l'accusé et ils sont plusieurs à lui reprocher des comportements "violents" ou "impulsifs" à l'égard de son fils, selon les mots de la sœur de la disparue. Cette dernière dit avoir assisté à des scènes qui l'ont choqué et voir chez Louis des réflexes liés à d'anciennes punitions de son père. "Quand on lui disait d'aller au coin, de lui-même, il se mettait à genoux, les mains par-dessus la tête. Il disait que chez lui, c'était sur des Lego", a-t-elle déclaré à la barre. Des punitions qui pouvaient durer "longtemps" ajoute Me Malika Chmani.
Des punitions sur lesquelles Cédric Jubillar a été interrogé. Il reconnaît avoir mis son fils au coin sur les genoux : "Peut-être, oui, à chaque fois qu'il faisait de grosses bêtises ou qu'il m'écoutait pas". Y compris sur des Lego ? Réponse de l'accusé : "C'est pas de faute s'ils trainaient par terre. Je ne faisais pas attention." Il assure qu'il s'agissait "situations normales".
"Mon fils, je ne le terrorisais pas"
Des gestes violents ont aussi été évoqués. Louis aurait par exemple reçu une gifle au visage alors qu'il n'avait que deux ans selon le témoignage de la cousine de Delphine. Laquelle était "en retrait" et "n'avait pas son mot à dire". Un coup de pied donné par l'accusé à son fils lors d'une fête locale et dénoncé par un passant a également été cité, de même qu'une scène lors d'un repas chez la sœur de Delphine. Louis "jouait, courrait et Cédric était sur le tabouret et lui a donné un coup de pied assez violent". Des moments qui ne reviennent pas toujours en mémoire au père de famille. L'homme de 38 ans reconnaît toutefois être partisan d'une éducation "à la dure" selon les mots de son ex-belle-soeur sans avouer des violences pour autant : "Il faut que les enfants aient peur de leurs parents, sinon on se fait bouffer. Mais pas à ce point-là non plus. Mon fils, je ne le terrorisais pas."
Et qu'en est-il des comportements qu'il avait avec sa fille, encore en bas-âge au moment des faits ? Des proches de Delphine Jubillar ont évoqué des différences faites par l'accusé entre ses deux enfants : "Louis, petit, il s'en occupait. J'ai pu voir dans un mariage qu'Elyah, il ne s'en est pas du tout occupé." Une cousine de la disparue a aussi rapporté des mots blessants qu'aurait eus le père pour sa fille : "Regarde encore ce qu'elle fait ton handicapée de fille." Cédric Jubillar, lui, nie avoir fait une différence et avoir été violent.