Changement d'heure : la date du passage à l'heure d'été 2018

Changement d'heure : la date du passage à l'heure d'été 2018 CHANGEMENT HEURE ETE - Quelle est la date du prochain changement d'heure, le passage à l'heure d'été de 2018, mais aussi l'histoire de ce fameux changement d'heure ? Toutes les infos dans cette page spéciale...

[Mis à jour le 13 novembre 2017 à 15h46] Le prochain changement d'heure aura lieu dimanche 25 mars 2018 à 2 heures du matin. Il se passera alors l'inverse de ce qui s'est produit pour le dernier changement d'heure en date, celui de l'heure d'hiver en France, fin octobre : à deux heures du matin le jour J, nous sauterons d'une heure en avant pour atterrir à trois heures du matin. Nous "perdrons" une heure de sommeil, mais gagnerons une "heure de jour" le soir. A l'origine de ce décalage, un mécanisme lancé en 1976 dans l'Hexagone pour booster les économies d'énergies. 

Le changement d'heure a beau revenir deux fois par an depuis quarante ans, au printemps (pour le changement d'heure d'été) et à l'automne, étonnamment, les questions demeurent : à quelle date passe-t-on à l'heure d'été et d'hiver ? A quelle heure exacte la France bascule-t-elle dans le nouveau fuseau ? Quand et comment a été instauré le changement d'heure ? Pourquoi une double transition entre heure d'hiver et heure d'été ? Découvrez les réponses à toutes ces questions - et bien d'autres - dans notre page spéciale.

Le changement d'heure impacte le sommeil, voici les secrets de celui-ci :

Date du changement d'heure

La date du changement d'heure est fixée le dernier dimanche de mars à 2 heures (pour passer à 3 heures) l'été et au dernier dimanche d'octobre à 3 heures (pour revenir à 2 heures) l'hiver. Aujourd'hui régie par une directive de l'Union européenne, la date du changement d'heure est fixée par un décret dans le journal officiel. Selon ces actes, le passage à l'heure d'été doit toujours être effectué le dernier dimanche de mars et le retour à l'heure d'hiver le dernier dimanche d'octobre, à 1h du matin heure universelle (GMT), soit 2 ou 3 heures en France selon les saisons. Le changement d'heure implique en effet une heure ou deux de décalage en France par rapport à l'heure GMT, selon les périodes (lire ci-dessous). Dans un souci de précision, l'UE rappelle les dates et heures exactes du changement d'heure tous les 5 ans. La dernière publication a eu lieu en 2011.

Changement d'heure 2018

Quand aura lieu le prochain changement d'heure ? En 2018, avec le passage à l'heure d'été, prévu pour le dimanche 25 mars à 2 heures. A deux heures du matin, il sera directement trois heures et nous reviendrons aux mois les plus ensoleillés de l'année. Le changement d'heure d'été surviendra trois mois avant le solstice d'été et permettra de nous donner une heure de plus d'ensoleillement en fin de journée pour réduire artificiellement les besoins en éclairage artificiel. Le mouvement inverse se fera pour le passage à l'heure d'hiver, le 28 octobre 2018.

Changement d'heure 2019

Ci-dessous, vous trouverez la date des changements d'heure suivant ceux de 2018. Autrement dit les dates du passage à l'heure d'été et à l'heure d'hiver pour l'année 2019.

Voici les prochaines dates du changement d'heure :

  • Changement d'heure d'été 2019 : dimanche 31 mars
  • Changement d'heure d'hiver 2019 : dimanche 27 octobre

Règles du changement d'heure : avancer ou reculer ?

Chaque année depuis 40 ans, la période de l'heure d'été s'étale sur 7 mois, contre 5 seulement pour l'heure d'hiver. Le fonctionnement des deux changements d'heure demeure le même, en fonction du moment de l'année :

  • Pour le passage à l'heure d'été (changement d'heure du printemps) : à 2 heures du matin, il sera 3 heures. Il faut avancer sa montre.
  • Pour le passage à l'heure d'hiver (changement d'heure de l'automne) : à 3 heures du matin, il sera 2 heures. Il faut retarder sa montre.

La définition de l'heure légale et le choix du fuseau horaire incombent, en principe, aux Etats. Mais depuis plusieurs années, la situation juridique s'est complexifiée. En 1998, les Etats membres de l'Union européenne ont choisi d'harmoniser les dates de changement d'heure dans un souci de bonne coordination du marché unique. Fixer ces dates est donc devenu une compétence communautaire. En 2000, le changement d'horaire a même été reconduit sans limitation dans le temps par une directive du Parlement européen traduite dans la législation française. C'est la directive 2000/84/CE du 19 janvier 2001 qui sert désormais de point de repère aux modalités exactes du changement d'heure.

Heure d'été

Le saviez-vous ? Le principe du changement d'heure en France est d'abord basé sur le passage à l'heure d'été. En effet, quand le premier changement d'heure tel qu'on le connait aujourd'hui est instauré, en mars 1976, c'est bien pour créer un décalage, en été, avec l'heure initiale. Le changement d'heure d'hiver n'est donc, en soit, qu''un retour à la normale". Et comme la France vit déjà traditionnellement en décalage avec son heure solaire, c'est à dire à GMT+1, le changement d'heure provoque un double décalage en été, passant nos montres et horloges à GMT+2.

En d'autres termes, à midi à l'heure du soleil, il est 14h heure en France pendant l'heure d'été. D'où l'expression d'heure d'été "double", créée par ce décalage : l'heure française a alors deux heures de "retard" par rapport à l'heure du soleil ! En 1997, un rapport du Sénat envisageait même d'adopter l'heure d'été toute l'année (ce qui donnerait un lever du jour vers 9 heures et un coucher du soleil vers 18 heures en hiver). La réforme pourrait bénéficier aux cafetiers en améliorant l'ensoleillement et retirer le problème du changement d'heure tous les six mois. Mais ce projet n'a jamais vu le jour... D'après l'ACHED, l'Association contre l'heure d'été double, l'Espagne et les pays du Bénélux seraient les seuls autres pays au monde à conserver un tel système. La Russie, la Chine, les pays baltes et le Portugal l'auraient abandonné. Cette association demande aujourd'hui à la France de faire de même.

Comment passer à l'heure d'été ?

Pour ceux qui ne l'avaient pas déjà fait la veille au soir, il  faut changer l'heure de certains appareils le dimanche matin suivant le changement d'heure. Le principe du changement d'heure d'été en lui même est simple : quelle que soit l'heure où l'on décide de passer à l'heure d'été, ajouter une heure au cadran. Officiellement, à 2 heures du matin le dimanche du changement d'heure d'été, on passe à 3 heures.

Changement d'heure : pour l'heure d'été, on avance d'une heure.
Changement d'heure : pour l'heure d'été, on avance d'une heure. © pio3, 123RF

Heure d'hiver

L'heure d'hiver correspond à l'heure "normale" de la France, mais elle reste en décalage d'une heure par rapport à l'heure GMT (Greenwich mean time). En d'autres termes, l'heure d'hiver en France ne correspond pas à l'heure de son fuseau horaire géographique. Et cette pour cette raison que l'on parle de "GMT+1". L'explication de cette situation particulière est historique : pendant la Seconde guerre mondiale, le régime de Vichy a adopté "l'heure allemande" en calant la France sur le fuseau horaire de Berlin. L'heure légale est ainsi avancée d'une heure par rapport à son fuseau de référence. Depuis plus de 70 ans, la situation n'a pas changé, si ce n'est qu'en adoptant un horaire d'été en 1975, la France a choisi d'accentuer encore le décalage.

En hiver, l'heure française a ainsi une heure de "retard" par rapport à l'heure du soleil. Et même un peu plus, si l'on considère que le soleil atteint son zénith théorique à Paris une dizaine de minutes avant Londres. L'ensoleillement reste très limité au moment de l'hiver dans l'Hexagone. Et pour cause : le changement d'heure d'hiver suit d'un mois environ l'équinoxe d'automne, moment où le soleil brille moins de la moitié de la journée environ (les journées passant sous le seuil des 12 heures). La durée d'ensoleillement, qui a commencé à se réduire dès le 20 ou 21 juin et le solstice d'été, continue donc à chuter jusqu'au solstice d'hiver (20 ou 21 décembre), date à laquelle le jour est le plus court de l'année. Et l'impression d'obscurité sera encore accentuée le soir avec le changement d'heure. En résumé : la durée d'ensoleillement se trouve artificiellement réduite chaque soir par le changement d'heure d'hiver, alors que les journées avaient déjà naturellement considérablement raccourci.

Comment passer à l'heure d'hiver ?

Le dimanche matin suivant le changement d'heure d'été, on change manuellement l'heure de la façon suivante sur les appareils qui ne le font pas automatiquement : quelle que soit l'heure où l'on décide de passer à l'heure d'hiver, soustraire une heure au cadran. Officiellement, à 3 heures du matin le dimanche du changement d'heure d'été, on passe à 2 heures.

Changement d'heure : pour l'heure d'hiver, on recule d'une heure.
Changement d'heure : pour l'heure d'hiver, on recule d'une heure. © antimartina / 123 RF

Pourquoi le changement d'heure ?

L'objectif du changement d'heure avancé par les autorités est simple : faire mieux correspondre les horaires d'activité avec les horaires d'ensoleillement afin de limiter les dépenses d'éclairage artificiel en profitant de 60 minutes supplémentaires de jour en fin d'après-midi ou en soirée en été. En effet, le passage à l'heure d'été a des conséquences sur l'heure de lever et de coucher du soleil. L'astre apparaît plus tard aux petites heures du matin. En revanche, il disparaît à l'ouest 60 minutes plus tard. Or, en France, les activités sont beaucoup plus importantes en fin de journée (c'est notamment entre 18 et 21 heures que l'on constate la plus forte consommation d'électricité) qu'aux premières heures du jour (autour de 6-7 heures du matin). Ce décalage permet donc, selon ses partisans, de mieux faire coïncider les heures d'éclairage naturel et les habitudes de consommation des citoyens en jouant sur la luminosité en soirée. C'est bien cet argument qui a participé à la mise en place du changement d'heure tel que nous le connaissons aujourd'hui.

L'ADEME - à l'origine de cette mesure - est l'agence gouvernementale chargée de trouver des moyens d'alléger la facture énergétique. Elle finance et organise notamment des programmes de recherche et des actions de formation et d'information auprès des entreprises, des collectivités territoriales, des administrations et des particuliers. Pour elle, le lien entre changement d'heure et économie d'énergie est évident car "la plupart des gens se lèvent entre 6h et 7h du matin, or en hiver, il fait jour le matin vers 8h et en été vers 6h". Un chiffre confirmé par Médiamétrie qui a déterminé l'heure moyenne de lever des Français en fonction de leur écoute de la radio. En moyenne, ils se réveillent à 6h48 ! Mais le mécanisme du changement d'heure est aujourd'hui contesté par certains experts, ainsi que par des "victimes" du nouvel horaire.

En mars 2015, juste avant le passage à l'heure d'été, la ministre de l'Environnement et de l'Énergie de l'époque, Ségolène Royal, promettait une réévaluation du changement d'heure dont, disait-elle, "les Français doutent de l'impact sur les économies d'énergie". "Le ministère va les vérifier", promettait alors Ségolène Royal su Twitter, où elle promettait également des résultats "rendus publics pour décider de l'opportunité l'année prochaine". Ces déclarations n'ont été suivies d'aucune suites, ni au ministère, ni du côté de l'Ademe à ce jour.

Histoire du changement d'heure

L'idée d’appliquer un changement d'heure est très ancienne. La mesure a été appliquée pour la toute première fois en 1916 en Allemagne et en Autriche-Hongrie. Objectif : conserver du charbon pour l'effort de guerre. La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont imité cette invention avant de l'abandonner en temps de paix. En France, c'est en 1975 que le système a été adopté, par le gouvernement mené par Jacques Chirac, afin de réduire la consommation d'énergie pendant la crise pétrolière. Le premier passage a l'heure d'été de l'ère moderne a eu lieu le dimanche 28 mars 1976. L'ensemble des pays européens ont fini par introduire la pratique au début des années 1980.

Benjamin Franklin avait des idées bien arrêtées sur le changement d'heure. 123RF

Mais jouer avec les aiguilles est une vieille lune ! Avec pour point de départ, une insomnie : celle de l'inventeur et homme politique américain Benjamin Franklin. En 1784, alors qu'il est ambassadeur des Etats-Unis en France, il est réveillé très tôt par un bruit dans la rue. Constatant à travers les rideaux qu'il fait grand jour, il envoie une lettre sarcastique au Journal de Paris. Dans le courrier, il se désole des heures de lumière matinale perdues et propose aux Parisiens de se lever plus tôt. Les gens iraient, de fait, se coucher de bonne heure, ce qui permettrait d'économiser des milliers de bougies et chandelles. Il propose même, à demi sérieux, de faire sonner les cloches des églises dès l'aube pour réveiller les dormeurs et, si cela ne suffit pas, de tirer des coups de canon pour les forcer à se lever...

Plus de cent ans plus tard, un entomologiste néo-zélandais se lasse de voir ses chasses aux insectes interrompues par la nuit. Georges Vernon Hudson retourne l'argumentation : et si on demandait aux horloges de changer, pas aux gens ? Il invente donc l'idée d'une heure d'été qui s'appliquerait à la belle saison australe. Il propose à la Royal Society of New Zealand de décaler les horloges de deux heures aux équinoxes afin de permettre à chacun de profiter au mieux : "du cricket, du jardinage, du cyclisme ou toute autre activité extérieure". Ses amis scientifiques sont très sceptiques, mais l'intense débat provoqué dans la presse par cette proposition est entendu à l'autre bout du monde...

En Grande-Bretagne, le patron d'une entreprise de travaux publics, William Willett, promeut l'idée à partir de 1907. Il propose que les horloges soient progressivement avancées au printemps par petits sauts de 20 minutes. C'est finalement pendant la Première guerre mondiale que ces argumentaires sont entendus. A l'époque, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie cherchent à économiser un maximum de charbon. Pour limiter la consommation domestique, les autorités militaires décrètent dans les deux pays l'adoption de l'heure d'été. Au printemps 1916, les deux pays changent d'heure pour la première fois, bientôt suivis par le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis. Chacun de ces pays abandonne la mesure une fois la paix revenue.

En 1940, l'Allemagne nazie réintroduit l'heure d'été, toujours pour préserver ses réserves de charbon. Afin de favoriser la bonne circulation des trains entre les deux pays, l'occupant exige du régime de Vichy qu'il adapte les horloges françaises. Paris et le reste de l'Hexagone quittent le fuseau de Londres (Greenwich) pour rejoindre celui de Berlin et adopte en même temps l'heure d'été. Un état de fait qui inspirera le titre du roman "Mon village à l'heure allemande" de Jean-Louis Bory (qui remporte le Prix Goncourt). Pendant longtemps, l'idée de changement d'heure restera associée avec cette période sombre dans l'esprit des Français. Après la fin du conflit, l'Etat conserve l'heure de Berlin (C.E.T.), renonçant à retrouver le fuseau horaire de Londres. En revanche, l'heure d'été est abolie. 

Mais fin 1973, le prix du pétrole quintuple en quelques semaines. La conjonction d'un ralentissement économique et de la Guerre du Kippour, qui oppose Israël à de nombreux pays arabes, alourdit la facture pour les pays occidentaux. En France, comme ailleurs en Europe, l'heure est aux économies d'énergie drastiques, résumées par l'astucieux slogan : "On n'a pas de pétrole, mais on a des idées". Les stations-service sont rationnées, les chaînes de télévision arrêtent leurs programmes dès 23 heures... En 1975, le gouvernement de Jacques Chirac propose alors la réintroduction du changement d'heure. Un décret publié au Journal officiel rend la transition obligatoire. Le premier changement d'heure de l'ère moderne a eu lieu le 28 mars 1976. Dans le journal télévisé de TF1, le journaliste vedette de l'époque, Roger Gicquel, déclare tout de go : "Je n'y comprend rien" (voir la vidéo sur le site de l'INA). Près de 40 ans plus tard, les Français demeurent aussi dubitatifs.

Abandonner le changement d'heure, possible ?

Dans ce contexte, les Etats européens peuvent-ils toujours décider seuls de revenir sur l'alternance entre heure d'été et heure d'hiver ? L'ambiguïté domine. L'ACHED (Association contre l'heure d'été double) a formé un recours contre cette directive européenne auprès du tribunal de Luxembourg. Résultat : le tribunal a estimé que le choix de l'heure légale restait une option des pays membres. Mais des responsables politiques français estiment que c'est juridiquement et politiquement difficile pour l'instant.

D'autres pays dans le monde ont déjà fait marche arrière. La Russie a ainsi décidé d'abroger le changement d'heure en février 2011. Il avait été introduit en 1981, à l'époque soviétique. La même année, l'Egypte, l'Ukraine et la Biélorussie choisissaient aussi d'abandonner le changement d'heure. L'Arménie a fait de même en 2012, la Tunisie en 2009. En reculant dans le temps, on constate que le Japon a appliqué l'heure d'été entre 1949 et 1952 (l'archipel était alors contrôlé par l'armée américaine). Cette mesure, alors très impopulaire, a fait l'objet de nouveaux débats dans les années 1990. 

Pays concernés par le changement d'heure

L'ensemble des 28 pays de l'Union européenne, et donc la plupart des pays du continent européen, appliquent le changement d'heure. Les zones tempérées du monde ont davantage intérêt à appliquer ce dispositif qui permet de gagner des heures de lumière et diminuer du même coup l'éclairage artificiel. En Amérique, le Groenland, le Canada et les Etats-Unis, mais aussi le Brésil, le Chili, le Paraguay et l'Uruguay sont concernés. En Afrique, il s'agit du Maroc, de la Libye, de l'Egypte et de la Namibie. Plus à l'est, la Syrie, l'Iran et la Turquie utilisent également le changement d'heure. L'Australie et la Nouvelle-Zélande ferment la marche.

De nombreux pays dans le monde n'appliquent pas le changement d'heure. Pour que le système ait un sens, il faut que les variations saisonnières de luminosité soient suffisamment importantes pour que changer d'heure soit pertinent. C'est par exemple le cas en France. A Paris, la durée entre le lever et le coucher du soleil passe ainsi de 16h10 au solstice d'été à 8h14 au solstice d'hiver. Si nous restions constamment à l'heure d'hiver, comme c'était le cas auparavant, le soleil se lèverait dès 4h47 du matin le 21 juin dans la capitale, et se coucherait dès 20h58.

Pour les partisans du changement d'heure, les petites heures du jour (de 4 heures à 6 heures) seraient "perdues". A l'inverse, à Lagos (Nigeria), ville située légèrement au nord de l'équateur, la durée du jour n'évolue que de 45 minutes sur l'ensemble de l'année, rendant la mesure inopérante. C'est donc dans les régions tempérées du globe que la mesure est appliquée, avec quelques différences. En Amérique du nord par exemple, le passage à l'heure d'été s'effectue le deuxième dimanche de mars, le passage à l'heure d'hiver se fait lui le premier dimanche de novembre. Au delà, l'intérêt énergétique est considérablement amputé dans certains pays chauds et développés : en effet, une heure d'ensoleillement supplémentaire constitue une heure de plus où les climatiseurs fonctionnent à plein rendement. C'est cet argument qui a permis à l'Etat américain d'Arizona de ne plus appliquer de changement d'heure (alors que la quasi totalité des Etats-Unis s'y soumet).

Pour ou contre le changement d'heure

 La réalisation d'économies d'énergie

POUR : Selon l'ADEME, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, les économies d'électricité sont estimées par EDF à 1,3 milliards de kw/h, soit 290 000 tonnes équivalent pétrole en énergie primaire. Cela correspond à environ 4 % des consommations d'éclairage en France, soit la consommation totale d'électricité sur une année d'une ville de 200 000 habitants.CONTRE : Les opposants rétorquent que ces économies représentent une fraction infime de la consommation française de l'ordre de 0,3 à 0,5 %. Bien plus, ces heures d'éclairage artificiel gagnées le soir sont largement compensées par les dépenses énergétique supplémentaires induites le matin : notamment en chauffage au début du printemps. Des associations demandent ainsi au gouvernement la réalisation d'une étude prospective du résultat énergétique du système d'heure d'été.

 L'impact sur l'environnement

CONTRE. Nombre d'opposants à l'heure d'été dénoncent des effets négatifs sur l'environnement de ce décalage horaire. Selon eux, il provoquerait des pics d'ozone car la circulation et l'activité industrielle commencent plus tôt et leurs pointes coïncident avec les heures les plus chaudes de la journée : le décalage horaire augmenterait ainsi la concentration d'ozone par phénomène de photo-oxydation.POUR. L'ADEME conteste ces arguments. Selon elle, "les études réalisées n'ont pas donné de résultats significatifs."

 Les effets sur la santé

CONTRE. Selon le rapport d'information du Sénat, le monde médical voit dans ces changements horaires "une source supplémentaire de fatigue au moment du printemps." Cette "chrono-rupture" perturberait le rythme biologique et occasionnerait aussi des "troubles du sommeil, de l'appétit, de la capacité de travail, voire de l'humeur." Les écoles, les crèches, les hôpitaux, les maisons de retraite seraient particulièrement confrontés à ces problèmes d'adaptation, car les plus jeunes et les plus âgés sont les plus sensibles au décalage de l'heure du coucher et du lever et sont donc ceux qui rencontrent généralement le plus d'effets indésirables.

Mais le changement d'heure a au moins le mérite de nous offrir une heure de sommeil en plus quand il se produit en hiver, n'est-ce pas ? Pas si sûr, selon le chercheur en histoire des sciences à l'université Paris-Diderot Alexandre Moatti. Dans un billet publié sur le blog "Ramène ta science", il estime qu'on oublie l'influence du cycle circadien, ce processus biologique rythmant le ballet veille/sommeil chez la grande majorité des êtres vivants. Chamboulée par le changement d'heure, notre horloge biologique n'accueille pas sans résistance la modification horaire imposée lors du dernier week-end d'octobre. Cette heure gagnée en théorie, l'organisme s'en passerait sans souci, et nous le fait payer. A cause de notre rythme circadien perturbé, il y a donc de fortes chances de se réveiller ou de se lever plus tôt dans les jours suivant le passage à l'heure d'hiver, explique le scientifique. Et de sentir également son estomac gargouiller plus tôt que d'habitude. Nous voilà prévenus...

POUR. Les défenseurs soulignent néanmoins que les médecins restent divisés sur ce sujet. Ces effets du changement d'heure sur l'organisme sont le plus souvent qualifiés de "transitoires" et résorbés dans une période maximale de trois semaines.

 L'impact sur l'économie

POUR. Le changement d'horaire impose de nombreuses adaptations de la vie économique : réglage de l'heure intégrée à des équipements (horodateurs, installations informatiques, matériels électroménagers...) modification de l'organisation des transports (en pratique les trains arrivent une heure en retard lors du passage à l'heure d'été et son mis à l'arrêt une heure au retour à l'heure d'hiver). Mais l'informatisation croissante des systèmes rend ces réglages relativement indolores.

CONTRE. Dans les activités de construction ou agricoles étroitement liées à l'heure solaire, le décalage horaire a un impact direct sur l'heure des travaux : dans le bâtiment, il contraindrait à commencer la journée de travail plus tôt. Dans le monde agricole, il empêcherait le début des travaux dès le matin en raison de l'humidité des sols. Dans les deux cas, dans la journée, les travaux seraient souvent effectués aux heures les plus chaudes : s'ils prennent leur pause-déjeuner à 12h30 (10h30, heure du soleil), les travailleurs reprendront en effet leurs activités aux heures de grande chaleur (12h, heure du soleil).

 L'influence sur la sécurité routière

POUR. Les partisans de l'heure d'été soulignent que "retarder" d'une heure le coucher du soleil permet de réduire le nombre d'accident de la route en améliorant la visibilité des automobilistes à l'heure de la sortie du travail ou de l'école.

CONTRE. Mais cette analyse est contestée par certains chercheurs : selon eux, la fatigue induite par la réduction du temps de sommeil le soir, et la détérioration des conditions atmosphériques le matin, aux heures de grande circulation, entraînent, au contraire, une augmentation du nombre d'accidents. Le changement d'heure serait ainsi générateur d'accidents. Selon la Police nationale, un pic d'accidents de la route a lieu à l'aube (entre 8h et 10h) et au crépuscule (entre 17h et 21h) de novembre à janvier. "L'heure d'hiver accroît la période d'obscurité aux heures de pointe, heures auxquelles les usagers de la route sont les plus nombreux et les plus fatigués" estime la Sécurité routière, qui recommande aux piétons et aux cyclistes de porter des vêtements clairs. "Une vingtaine de piétons est tuée en plus sur cette période chaque année" estime Sophie Fégueux, conseillère santé du délégué interministériel à la Sécurité routière, auprès de nos confrères de 20 Minutes.

Equinoxe de printemps / Solstice d'été

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