Budget 2018 : IFI, flat tax, CSG, taxe d'habitation... Ce qui change

LOI DE FINANCES 2018 - Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont présenté leur projet de budget pour 2018. ISF, IFI, hausse de la CSG, PFU, crédits d'impôt... Linternaute.com fait le point sur les mesures phares du projet de loi de finances.

Le projet de loi de finances pour 2018 a été dévoilé le 27 septembre. Ce premier budget du quinquennat d'Emmanuel Macron présente les différentes réformes fiscales, les dépenses et économies prévues par l'exécutif. L'objectif annoncé : faire baisser les dépenses publiques et redonner du pouvoir d'achat aux Français. Le gouvernement a confirmé la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des assujettis, à l'horizon 2022, mais aussi celle de l'impôt de solidarité sur la fortune. Celui-ci sera remplacé par un nouvel impôt sur la fortune immobilière (IFI), recentré sur les actifs immobiliers. L'exécutif est en outre revenu sur la création de la flat tax, le prélèvement forfaitaire unique qui taxera à hauteur de 30% les revenus tirés de capitaux mobiliers, ainsi que sur la double réforme qui prévoit la hausse de la CSG et une baisse des cotisations salariales pour les salariés du secteur privé.

Le budget 2018 fait aussi la part belle à la transition écologique. L'exécutif a ainsi annoncé la mise en place et la généralisation de plusieurs dispositifs fiscaux censés encourager les Français à changer leurs habitudes, dans un objectif de transition solidaire. Généralisation du chèque énergie, coup de pouce des Certificats d'économie d'énergie (CEE), prime à la conversion (une prime à la casse nouvelle génération)... Ces mesures visent à permettre aux ménages les plus modestes de réaliser des économies d'énergie, ou d'utiliser des énergies plus propres.

Loi de finances 2018 et PFU

Appelée "flat tax" dans le programme d'Emmanuel Macron, elle portera finalement le nom de PFU. Le prélèvement forfaitaire unique entrera en vigueur au 1er janvier et est prévu pour taxer à hauteur de 30% les intérêts, dividendes et plus-values de valeurs mobilières. Seront ainsi concernés tous les revenus de capitaux mobiliers soumis au barème de l'impôt sur le revenu : Plan d'épargne logement (PEL), assurance-vie, livrets bancaires, etc. Les produits d'épargne réglementés que sont le Livret A et le LDD ne seront quant à eux pas soumis à une nouvelle fiscalité. Idem pour le Plan d'épargne en action (PEA), qui restera exonéré d'impôt sur le revenu. Les PEL ouverts à compter du 1er janvier 2018 seront quant à eux soumis au PFU. 

Concernant son application à l'assurance-vie, Bercy a confirmé les craintes exprimées par les assureurs et les courtiers : les contrats soumis au PFU seront bien taxés pour les plus-values générés à compter du 27 septembre 2017. Pour les contrats dont l'encours est supérieur à 150 000 euros, tout versement opéré à partir de ce jour et générant une plus-value sur le rachat sera taxé à hauteur de 30% (si le rachat a lieu en 2018). Tout savoir sur la flat tax

Loi de finances 2018 et taxe d'habitation

La suppression de la taxe d'habitation était également annoncée de longue date. La réforme, qui prévoit de supprimer la taxe d'habitation pour 80% des contribuables (soit environ 17 millions de foyers), sera bien initiée en 2018. Toutefois, la réforme s'appliquera sur trois ans, via trois baisses successives d'un tiers du montant de l'impôt. Bercy a d'ailleurs précisé les plafonds de revenus à ne pas dépasser pour bénéficier de la baisse dès 2018. Le seuil est fixé à 27 000 euros de revenu fiscal de référence pour une personne seule, à 43 000 euros pour un couple et à 49 000 euros pour un couple avec un enfant. Si votre revenu fiscal de référence ne dépasse pas ces plafonds, le montant de votre taxe d'habitation sera réduit de 30% en 2018, puis de 65% en 2019, pour être porté à 0 euro en 2020. En savoir plus que la suppression de la taxe d'habitation

Loi de finances 2018 et ISF

Exit l'ISF, bonjour L'IFI. Emmanuel Macron en avait fait une promesse de campagne : il supprimerait l'Impôt de solidarité sur la fortune, pour le recentrer sur les biens immobiliers, afin de privilégier le risque face à la rente. L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) entrera donc bien en vigueur au 1er janvier 2018. Seuls les actifs immobiliers seront soumis à cette nouvelle imposition. Les titres, les placements bancaires et financiers, les liquidités en seront exclus. Le seuil d'imposition et le barème progressif seront conservés, tout comme l'abattement de 30% sur la résidence principale. Par ailleurs, l'exécutif prévoit d'intégrer les véhicules d'investissement immobilier dans l'assiette de calcul du nouvel impôt. Les SCPI et OPCI seront donc concernés par l'IFI. Plus d'infos sur l'Impôt sur la fortune immobilière

Loi de finances 2018, CSG et cotisations salariales

Emmanuel Macron en avait fait une promesse de campagne : il augmenterait le taux de la CSG de 1,7 point. Cette réforme, menée en parallèle d'une baisse des cotisations chômage et maladie pour les salariés, est censée redonner du pouvoir d'achat aux actifs. Selon Bercy, un salarié du privé payé au Smic gagnera 130 euros de plus par an en 2018 et 260 euros en 2019. Si les retraités sont annoncés comme les grands perdants de la réforme, cette affirmation est à tempérer. Déjà parce que les retraités aux revenus les plus modestes sont exonérés de CSG. Ensuite, les retraités ne sont pas tous soumis au même taux de CSG. "[Si un retraité] perçoit une retraite au-dessous de 14 375 euros, la CSG applicable est au taux réduit de 3,8 %" rappelle ainsi Le Monde. Plus de la moitié des retraités ne seront pas concernés par la réforme. Tout les détails sur la hausse de la CSG

EN VIDEO - Le budget 2018 : une équation impossible ?