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Abbaye aux Hommes de Caen

Abbaye aux Hommes de Caen Photo : Raphaël JURADO

Un voyage à : Abbaye aux Hommes de Caen

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Si l'Abbaye Saint-Étienne, dite l'Abbaye aux Hommes, est une demande de  pardon de Guillaume auprès l'Eglise pour son mariage avec Mathilde (voir Abbaye aux Dames), elle est aussi l’œuvre de l'abbé Lanfranc de Pavie. Durant sept ans, cet abbé d'origine italienne va diriger les travaux avant d'être nommé archevêque de Cantorbéry. Pendant sept encore, la construction se poursuivra, tandis que Guillaume le « bâtard » sera devenu Guillaume le Conquérant après sa victoire sur Harold à Hasting le 14 octobre 1066. Véritable chef d’œuvre de l'art Roman et d'un style Normand qui influencera les plus grandes cathédrales anglaises, l'Abbaye aux Hommes est le monument qui symbolise à la fois la puissance de Guillaume et l'histoire de Caen.

Consacrée en 1077, l'Abbaye aux Hommes a été construite en seulement quatorze années, années durant lesquelles le royaume Anglo-normand a pris son essor. Caen, qui quelques années auparavant n'était pas encore une véritable ville, est alors devenue la capitale régionale voulue par Guillaume. Elle se structure autour de trois pôles : l'Abbaye aux Dames, le Château et l'Abbaye aux Hommes.

Les bâtiments conventuels de cette dernière et l'abbatiale Saint-Étienne sont construits en pierre de Caen. Elle rendent hommage au Dieu chrétien avec monumentalité, finesse mais sans fioritures. Les moines bénédictins qui en auront la charge veilleront pendant des siècles à sauvegarder son unité de style. Ainsi, si la gigantesque tour lanterne est remplacée par une tour plus modeste après son effondrement au XVIe siècle, les travaux de l'abbé Jean de Baillehache au XVIe, puis la reconstruction des bâtiments conventuels au XVIIIe siècle respectent l'architecture originale des lieux.

Le fémur de Guillaume et les tours de la monarchie anglaise
Pourtant, les vicissitudes n'ont pas épargné l'Abbaye aux Hommes. Comme un mauvais présage, la mort du Conquérant devint en ces lieux une véritable tragi-comédie. Blessé après une chute à cheval lors d'une bataille contre le roi de France, Guillaume s'est éteint à Rouen avant d'être ramené à Caen dans des conditions difficiles. Conformément à ses souhaits, il doit être enterré dans choeur même de l'abbatiale Saint-Étienne. Mais son cortège a quelque difficultés à l'atteindre, un incendie se déclarant à Caen. Les vivants primant toujours sur les morts même les plus nobles, la dépouille fut abandonnée le temps que les moines accourent pour maîtriser l'incendie. L'incident passé et la messe dite, le corps pouvait alors être placé dans le tombeau. Mais l'embonpoint du roi s'accordait mal avec les dimensions de sa dernière demeure. Sous la pression des religieux qui s'évertuaient à plier ce corps aux exigences du tombeau, les entrailles du Conquérant s'ouvrirent pour répandre une odeur si pestilentielle que l'abbatiale en fut désertée.

Les combats de la Guerre de Cent Ans n'épargnèrent pas l'abbaye, mais c'est surtout les guerres de religions qui la mirent à mal. Les protestants incendièrent une partie de la ville dont l'abbaye, non sans avoir préalablement saccagé la tombe de Guillaume, qui décidément ne pouvait pas reposer en paix. Ses ossements furent dispersés dans la ville et seul un fémur reviendra aux moines qui le conserveront avec soin.

La reprise en main du site par Jean de Baillehache puis la reconstruction des bâtiments conventuels aux XVIIIe redonneront à l'Abbaye aux Hommes tout son lustre. La Révolution, utilisant les bâtiments comme siège administratif puis comme lycée impérial, épargnera l'Abbaye. Toutefois, le tombeau de Guillaume sera à nouveau profané. Enfin, la Seconde Guerre mondiale fit souffrir la ville de Caen, soumise à d'intenses bombardements en 1944. Mais l'entente entre la résistance et les Alliés permit de sauver l'abbaye qui devint un refuge pour la population. L'armée britannique n'était par ailleurs pas prête à saccager ce monument : la légende affirme en effet que la monarchie anglaise tombera avec les tours de l'abbatiale Saint-Étienne…

L'abbatiale Saint-Étienne
L'abbatiale fut dès sa construction munie de nefs à trois étages. Malgré les innovations techniques, il s'avérait encore trop risqué de se permettre une couverture de pierre. Mais celles-ci faciliteront cette modification seulement un siècle plus tard. L'austérité de l'architecture romane est compensée et allégée par quelques éléments gothiques : les tours sont coiffées de flèches puis le chœur est agrandi. Plus lumineux et imprégné de l'architecture gothique, celui-ci s'inscrit toutefois dans la continuité de la nef.

Outres les peintures de maîtres disposées dans le déambulatoire et les chapelles rayonnantes, il ne faut pas manquer la grande horloge et l'orgue. L’œil attentif remarquera qu'au dessus des chiffres romains de l'horloge, les chiffres arabes sont également indiqués. Par ailleurs l'orthographe du « quatre » romain n'est pas vraiment orthodoxe. L'orgue, également construit au XVIIIe, exprime sa puissance par les sculptures « héraclitéenne » qui miment de le soutenir.
 
Enfin le tombeau de Guillaume le Conquérant occupe le chœur sous une dalle qui a été refaite au XIXe siècle suite aux dégradations successives. Il devance le luxueux maître autel qui fut aussi autel de l’Être Suprême lors de la Révolution. Il abrita un temps la Déclaration des Droits de l'homme.

Les bâtiments conventuels
Érigés au XVIIIe, tout en respectant en partie les plans et le style architectural romans, les bâtiments conventuels confèrent à l'Abbaye aux Hommes une impression de grandeur renforcée par l'Esplanade de l'hôtel de ville. En forme de H, ces bâtiments abritent désormais l'hôtel de ville, après avoir longtemps accueilli un lycée.

De l’œuvre de Guillaume de La Tremblaye, il reste toutefois de très belles salles, recouvertes de luxueuses boiseries. Ces dernières sont l’œuvre de toute une vie, l'artisan François Poche y ayant consacré sa carrière. La salle capitulaire et la sacristie sont particulièrement riches : les boiseries couvrent intégralement les murs et sont agrémentées de tableaux. Leur luxe ostentatoire rompt avec l'austérité de la vie bénédictine. Bien qu'entièrement construit en pierre, l'escalier des matines donne un sentiment de légèreté grâce à l'absence de pilier central.

Enfin, le cloître de style toscan abrite désormais un jardin à la française. En 1944, alors qu'il accueillait la population réfugiée, des obus sont tombés dans la cour. On distingue encore des éclats le long des murs.

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Latitude : 49.18 - Longitude : -0.37

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