"La pire phrase qu'on puisse écrire" et autres boulettes : au bac de philo, voici les 5 erreurs qu'il faut absolument éviter
Le lundi 15 juin, les élèves vont réfléchir à un des sujets du bac de philosophie pendant quatre heures. La note comptant coefficient 8 en filière générale, ce n'est clairement pas une épreuve à négliger. Il est primordial de bien regarder les trois sujets pour choisir celui qui inspire le plus, qui donne envie de réfléchir. Pour maximiser ses chances de réussite, il est nécessaire d'éviter les erreurs récurrentes que les professeurs repèrent dans les copies. Linternaute.com a alors demandé à Vincent Cespedes, ancien professeur et philosophe, de nous indiquer quelles étaient les plus fréquentes. Il en a dénombré cinq et a également détaillé comment ne pas les commettre.
1. Le hors-sujet. C'est un grand classique des épreuves du bac et notamment de l'épreuve de philosophie. Selon Vincent Cespedes, il découle souvent de la problématique demandée en introduction. "Je problématise le sujet, je ne réponds plus au sujet mais à la problématique que j'ai tirée du sujet et toute la copie, je réponds à ma problématique. Soit elle est magnifique, c'est la problématique du sujet donc parfait, vous avez une bonne note, soit elle restreint, détourne le sujet, elle est un peu à côté de la plaque et vous avez une très mauvaise note", détaille-t-il. Le hors-sujet ne pardonne pas : moins de 8/20 ! Son conseil : "Donne ta problématique dans l'intro comme on te l'a demandé et après tu l'oublies, c'est la meilleure façon de ne surtout pas faire de hors-sujet".
Pour garder l'intitulé en tête, le philosophe recommande de le recopier en haut de chaque page de brouillon. Il est aussi capital d'en étudier chacun des termes. Quand le sujet tombe sur une notion classique que la majorité des élèves ont bien révisée, ils ont tendance à ne pas prendre assez en compte les autres mots et donc de nouveau à passer à côté de ce qui est attendu.
2. L'exposé. Rédiger une copie de philo, ce n'est pas réciter son cours et citer le plus de philosophes possible à la suite. Il ne faut pas avoir une "succession de trucs qui n'ont aucun lien, alors que le but est d'argumenter, de lier, de prendre par la main le lecteur. C'est parce qu'on a été à l'étape 1 qu'on peut aller à l'étape 2... Ce n'est pas un self-service, c'est un chemin une dissertation", explique l'auteur de Philo : la méthode voyoute. "Ce qui compte, c'est de prendre le lecteur par la main et lui faire vivre un film d'aventure, avec des dangers, des obstacles... Dès que vous récitez du cours ou du philosophe, vous sortez du film d'aventure et on est dans l'exposition." Pour bien réaliser ce procédé, quelques astuces d'écriture peuvent aider : il est conseillé d'utiliser le "nous" plutôt que le "je", d'employer des mots de transition comme "par conséquent", "cependant"...

3. Les fautes de références. Les références ne peuvent pas être choisies au hasard, il faut privilégier celles qui ont été vues durant la scolarité et ce, que ce soit en philosophie, mais aussi en histoire, en français, en SES... Pour Vincent Cespedes, "citer des rappeurs à tout bout de champ dans une dissertation, ça ne peut pas marcher, citer la pop culture à tout bout de champ, comme un film, une série sur Netflix, ça ne marche pas. Ce ne sont pas des preuves face à un livre qui a fait ses preuves sur 300 ans et qui a bien plus de poids". Il donne d'ailleurs 52 références qui peuvent être utilisées de façon pertinente, "qui vont plaire aux correcteurs".
4. L'appel à l'actualité. L'ancien professeur est clair : "On a regardé le JT et on balance le conflit en Iran, on balance l'Ukraine... Hors de question de citer l'actualité, une copie de philosophie doit être intemporelle". S'il faut contextualiser l'urgence du sujet dans l'introduction, il faut évoquer le monde d'aujourd'hui dans sa globalité, sans rentrer dans le détail. Cependant, ce n'est pas pour autant qu'il "faut commencer par la phrase la pire qu'on puisse écrire : 'depuis l'aube de l'humanité', elle doit être bannie". A la rigueur, dans une phrase de la conclusion, il peut y avoir un "clin d'oeil", par exemple sous la forme "on voit bien aujourd'hui que...".
5. L'absence de conclusion. Le temps peut rapidement devenir l'un des pires ennemis des élèves pendant l'épreuve de philo. La tendance à vouloir être très scolaire, notamment en écrivant tout au brouillon, conduit souvent à ne pas finir dans le temps imparti et à louper la conclusion. "C'est une copie sur sept", précise Vincent Cespedes. Il recommande donc de "diviser les quatre heures en morceaux de vingt minutes". "Le premier, vous mettez tout ce qui vous vient dans la tête par rapport au sujet, le deuxième morceau c'est pour l'intro et après un par sous-partie avec 9 sous-parties et il reste un dernier morceau pour la conclusion". Une sous-partie, il faut compter environ 8 phrases. Les dernières phrases respectives de celles-ci peuvent être rédigées au brouillon car "ça doit être un peu des punchlines, qui répondent bien au sujet, faut un peu les travailler", tout comme l'introduction qui est très importante, sinon il est préférable de tout rédiger sur la copie directement.
Ces cinq éléments sont donc à avoir bien en tête face à sa copie le 15 juin prochain. Si le hors-sujet est l'erreur la plus pénalisante, les autres feront aussi perdre beaucoup de points aux candidats. Evidemment, faire attention à l'orthographe est aussi primordial. Alors bonne chance à tous les bacheliers !