Vaccin Moderna : plus recommandé pour la dose de rappel, pourquoi ?

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"Vaccin Moderna : plus recommandé pour la dose de rappel, pourquoi ?"

Vaccin Moderna : plus recommandé pour la dose de rappel, pourquoi ? MODERNA. Alors que plusieurs pays de l'Est ont suspendu le vaccin Moderna pour les moins de 30 ans, la HAS a décidé de le suspendre pour les doses de rappel.

[Mis à jour le 18 octobre 2021 à 13h13] Précaution. Voilà en un mot comment on pourrait qualifier la décision de la Haute autorité de Santé de "déconseiller" le vaccin du laboratoire Moderna pour les doses de rappel. Dans son communiqué, l'organisme met en avant une étude scandinave (pas encore publiée) attestant de risques de péricardites et de myocardites qui pourrait être plus important, notamment chez les plus jeunes. "En toute hypothèse, celles-ci demeurent rares et spontanément résolutives dans la quasi-totalité des cas. Mais ce contexte, la circulation actuellement modérée du virus et le travail en cours à l'EMA pour définir la population cible (quelle limite d'âge) et surtout le dosage (dose entière ou demi-dose) conduisent la HAS à revenir plus strictement à une position de prudence et à recommander d'attendre l'avis de l'EMA pour poursuivre l'usage de Spikevax en rappel."

Pour l'heure, il s'agit surtout d'une recommandation. Le régulateur européen doit rendre sa décision sur l'administration d'une dose de rappel avec le vaccin de Moderna à la fin du mois d'octobre. "Celui-ci va déterminer la population cible de ces injections et la quantité de produit nécessaire", précise Dominique Le Guludec, la présidente de la Haute Autorité de santé, dans Le Journal du dimanche.

Ce qu'on sait sur le vaccin moderna
  • Une efficacité spectaculaire - Moderna revendique un taux d'efficacité encore plus élevé que son concurrent Pfizer : 94,1%, à l'issue de deux injections. "Cette analyse intérimaire positive issue de notre essai de phase 3 nous donne les premières indications cliniques que notre vaccin peut prévenir la maladie du Covid-19, y compris la forme grave", peut-on lire dans le communiqué de Moderna. Concrètement, Moderna a identifié 95 volontaires ayant contracté le Covid-19 dans son groupe de 30 000 volontaires : 90 font partie du groupe ayant reçu un placebo, 5 figuraient dans le groupe ayant été vacciné. 
  • Protection contre les variants - Dans un communiqué publié le 25 janvier, le laboratoire Moderna affirme que son vaccin est efficace contre les différents variants venant de Grande Bretagne et d'Afrique du Sud. Plus récemment, dans un communiqué publié le 29 juin, le PDG du laboratoire, Stéphane Bancel, avançait que "le vaccin Moderna COVID-19 devrait rester protecteur contre les variantes nouvellement détectée". Il s'appuyait sur les résultats d'une étude menée par la biotech sur huit échantillons de sang de personnes vaccinées pour observer le taux d'anticorps produits contre plusieurs variants. Les taux de cellules neutralisantes restaient suffisants malgré une diminution évaluée entre 2,1 et 3,4 par rapport au nombre d'anticorps produits face à la souche historique du Covid-19.
  • Une efficacité sur les personnes fragiles - 42% des volontaires sont issus de populations à risques (personnes de plus de 65 ans ou présentant un facteur aggravant). Les cas les plus graves apparus pendant les essais se sont tous manifestés dans le groupe n'ayant pas été vacciné. "Cela montre que notre vaccin permet, la plupart du temps, de ne pas être malade du tout, et que les quelques personnes vaccinées qui tomberont malgré tout malade n'auront pas de maladie grave", s'est réjouit Stéphane Bancel, le PDG de Moderna, auprès du Monde.
  • Des effets indésirables faibles - C'est en tout cas l'une des promesses de Moderna. "Un examen des effets indésirables sollicités a indiqué que le vaccin était généralement bien toléré. La majorité des événements indésirables étaient d'intensité légère ou modérée", peut-on lire dans le communiqué de presse de Moderna. Après la deuxième injection, des patients ont constatés certains effets collatéraux : fatigue (9,7%), douleurs musculaires (8,9%), douleurs articulaires (5,2%), maux de tête (4,5%) et rougeurs autour du point d'injection (2%). Parmi les effets secondaires très fréquents (soit plus d'une personne sur dix concernée), la notice mentionne des gonflements dans l'aisselle, des maux de tête, des nausées, des vomissements, une douleur musculaire, douleur articulaire et raideur, une douleur ou gonflement au site d'injection, une fatigue importante, des frissons et de la fièvre. Des effets indésirables "d'intensité légère", indique toutefois le laboratoire.
    L'Agence nationale de sécurité des médicaments s'occupe de rester vigilante sur l'apparition de nouveaux effets secondaire, mais elle n'en compte "que" 11 115 effets indésirables sur plus de 9 888 200 d'après le rapport daté du 24 septembre. L'autorité précise que la plupart des cas concernent des "réactions retardées locales non graves". Mais quelques signalement d'effets plus inquiétants font l'objet d'une surveillance renforcée comme les myocardites et péricardites, dont respectivement 7 et 13 cas ont été enregistrés en France depuis le début de la vaccination et pour lesquels "la majorité des patients sont rétablis ou en cours de rétablissement". L'ANSM fait également part de "3 cas graves de polyarthrite rhumatoïdes et 3 cas de néphropathie glomérulaire observés depuis le début de la vaccination" avec Moderna. S'ils sont évoqués les risques sont minimes par rapport au nombre de vaccination et n'entachent pas la balance bénéfices-risques toujours en faveur du vaccin.
  • Un conservation à -20°C - L'un des points forts du vaccin de Moderna réside dans ses conditions de conservation : le laboratoire assure que le vaccin peut être conservé à -20 °C, soit la température d'un congélateur standard. La stabilité du vaccin est aussi assurée pour six mois.
  • Principe de l'ARN messager - L'entreprise, également américaine, mais dont les travaux sont dirigés par un Français, est la deuxième à utiliser la technique de l'ARN messager, dont le principe est de communiquer à l'organisme les informations génétiques nécessaires pour déclencher de manière autonome une protection contre le virus. "Le vaccin ARNm-1273 induit une réponse immunitaire forte et rapide au SARS-CoV-2", a déjà promis Moderna.
  • Bientôt homologué chez les enfants - La Haute autorité de Santé a rendu un avis favorable à l'utilisation du vaccin Moderna chez les jeunes âgés de 12 à 17 ans, le mercredi 28 juillet. Cinq jours plus tôt c'est l'Agence européenne des médicaments qui avait approuvé l'administration du produit pharmaceutique chez les mineurs. L'EMA avait précisé que l'efficacité du vaccin pour cette tranche d'âge était semblable à celle observée chez les 18-25 ans. Pour les plus jeunes encore, lors d'une interview accordée à BFM TV, jeudi 3 juin, le patron de Moderna Stéphane Bancel a envisagé une homologation du vaccin Moderna pour les enfants de 6 mois à 11 ans, d'ici l'automne. "Elle prend un peu plus de temps, car pour les enfants en bas âge, il faut démarrer avec une dose beaucoup plus basse", a-t-il souligné.

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