Mort de Robert Mugabe : héros, mais aussi dictateur, qui était-il vraiment ?

Mort de Robert Mugabe : héros, mais aussi dictateur, qui était-il vraiment ? MUGABE - Président du Zimbabwe pendant près de trente ans, Robert Mugabe est mort ce vendredi à 95 ans. Il laisse derrière lui l'image d'un héros de la décolonisation, mais aussi, et surtout, celle d'un dictateur insatiable.

C'est l'actuel président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, qui l'a annoncé sur Twitter. Robert Mugabe est mort ce vendredi 6 juin à Singapour, où il était hospitalisé depuis avril dernier. Son hospitalisation faisait d'ailleurs l'objet de rumeurs, jamais confirmées ou infirmées, selon lesquelles il était atteint d'un cancer, quand d'autres affirmaient qu'il soignait en Asie une cataracte. A 95 ans, celui qui fut président du Zimbabwe entre 1997 et 2017 s'en est allé après une carrière politique très dense, qui aura vu défiler tout un pan de l'histoire de son pays et de l'Afrique en général.

Quand il naît en 1924, le Zimbabwe est sous pavillon britannique, tandis que quelques années plus tard, il part étudier en Afrique du Sud. Ce n'est qu'en 1960 qu'il rentre au pays, encore divisé entre la Rhodésie du sud et du nord. Entre temps, Robert Mugabe rencontre des figures du nationalisme africain et s'imprègne de l'idéologie marxiste. C'est en 1963 qu'il se lance en politique avec la fondation de son parti, l'Union nationale africaine du Zimbabwe, avec l'objectif de faire tomber les colons britanniques.

Mugabe : un long combat contre la domination blanche

Entre le milieu des années 1960 et 1980, Robert Mugabe passera sa vie en prison, mais aussi à mener des guerres contre la domination blanche. Son combat aboutira à des élections législatives avec d'un côté le gouvernement blanc de Ian Smith, le Premier ministre britannique de l'époque, et de l'autre les partisans d'un gouvernement multiracial incarné par Mugabe, qui remporte finalement ces élections, devenues acte fondateur de l'indépendance. En 1980, il devient Premier ministre du pays, qui prendra alors le nom de Zimbabwe. En sept ans à la tête du gouvernement, l'économie locale s'effondre et peu à peu, le régime mis en place par Mugabe, devenu président en 1987, s'affirmant comme de plus en plus autoritaire, provoquant ainsi l'exode des blancs. Une politique d'opposition se met alors en place, qui voit le président être réélu en 1990, 1996 et 2000... Jusqu'en 2002, lorsque Mugabe est soupçonné d'avoir truqué les élections.

Les conséquences de ces soupçons pour le Zimbabwe seront considérables : exclu du Commonwealth, le pays est durement sanctionné par la communauté internationale. Le pouvoir mis en place par Robert Mugabe prend alors la forme d'une dictature, surtout lorsque face à la crise, le peuple donne ses voix à Morgan Tsvangirai, qui arrive en tête lors du premier tour des élections présidentielles de 2008. L'opposition incarnée par Tsvangirai subit alors la répression du pouvoir en place, ce qui aboutit à l'abandon du candidat et à la réélection de Mugabe.

Robert Mugabe voulait que sa femme lui succède

Le Zimbabwe n'en sort pas gagnant, loin de là, puisque la pauvreté, les soupçons de corruption et les pénuries en tout genre sont de plus en plus fréquentes, associés à un grand sentiment de défiance de la part de la population vis-à-vis de son président. Acculé, Mugabe laisse Tsvangirai accéder au poste de Premier ministre en 2013 et lors de la fin de son règne, il souhaite que sa femme Grace, aujourd'hui âgée de 54 ans, lui succède. L'armée se soulève et le pousse à la démission, ce qui interviendra le 21 novembre 2017.

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