Royal réfléchit à la suppression de l'heure d'été

Royal réfléchit à la suppression de l'heure d'été La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, envisage l'abrogation du changement d'heure et de l'heure d'été. Elle va demander un rapport pour vérifier si cette mesure permet bien des économies d'énergie. Le changement d'heure pourrait être abandonné dès 2016.

[Mis à jour le samedi 28 mars à 23h22] C'est une annonce qui tombe pile à l'heure. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a déclaré ce soir qu'elle envisageait la suppression de l'heure d'été et du changement d'heure si ces effets positifs sur la consommation d'énergie ne sont pas prouvés. Elle a écrit sur son compte Twitter : "Changement d'heure : les Français doutent de l'impact sur les économies d'énergie qui en était la raison d'être, le ministère va les vérifier". Elle poursuit : "Le ministère va vérifier la justification et rendra publics les résultats pour décider de l'opportunité l'année prochaine". Ségolène Royal laisse ainsi la porte ouverte à une abrogation de l'heure d'été dès 2016, en fonction des résultats d'une étude. Une annonce qui survient quelques jours après la sortie d'un sondage, qui indiquait que 19 % des Français seulement étaient en faveur du changement d'heure, contre 58 % d'opposants. 

Jusqu'ici, l'ADEME - l'agence chargée de veiller aux économies d'énergie - maintient que les bénéfices du changement d'heure en France sont substantiels. Selon un rapport de 2009, la réduction de CO2 et de consommation d'électricité est équivalente à celle d'une ville habitée par 800 000 ménages. Les opposants, comme l'ACHED (Association contre la double heure d'été), arguent que la généralisation des ampoules basse-consommation ou le surcroit de chauffage le matin rendent les économies d'énergie dérisoires. Le rapport que Ségolène Royal appelle de ses voeux pourrait donc apporter des clarifications sur ce sujet encore mal connu. Pour rappel, le changement d'heure sous sa forme actuelle a été mis en place en 1976, au coeur de la crise pétrolière, justement pour limiter la facture énergétique. Depuis près de 40 ans, le débat fait rage autour du changement d'heure

Si jamais l'étude montre que le changement d'heure n'apporte pas d'économies intéressantes, la tâche de la ministe de l'Ecologie ne serait pas facile. En effet, l'abrogation du changement d'heure se heurterait à l'hostilité de certains métiers et établissements qui profitent de l'heure de luminosité supplémentaire : centres de loisirs, industrie du spectacle et du sport, restaurateurs et cafetiers. A l'inverse, une suppression de l'heure d'hiver recevrait probablement le soutien du monde agricole. Resterait à convaincre l'Europe... En effet, depuis 1998, les Etats-membres de l'Union européenne se conforment à une directive fixant les modalités du changement d'heure. La France peut-elle vraiment faire cavalier seul dès 2016 ?

En vidéo : Ségolène Royal va demander à des experts si les économies d'énergie liées au changement d'heure 2015 justifient son maintien : 

Plusieurs pays qui pratiquaient le changement d'heure ont fait machine arrière ces dernières années, parmi lesquel la Chine, l'Argentine ou le Chili. L'exemple le plus connu est celui de la Russie. En 2011, le président Dmitri Medvedev a aboli le changement d'heure par mesure de "santé publique". Le pays aux 11 fuseaux horaires a alors choisi de rester contnuellement à l'heure d'été. Trois ans plus tard, Vladimir Poutine a exigé un dernier changement d'heure, destiné à rebasculer le pays sur l'heure d'hiver. 

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