Affaire Lelandais : avant de croiser la route de Maëlys, Nordahl était "en chasse"

Affaire Lelandais : avant de croiser la route de Maëlys, Nordahl était "en chasse" LELANDAIS - Dans des confidences faites au Parisien, les parents d'une autre fillette, qui avaient croisé Nordahl Lelandais quelques heures avant Maëlys, racontent le comportement troublant du meurtrier présumé.

[Mis à jour le 12 octobre 2019 à 15h24] La scène se déroule le 27 août 2017, quelques heures avant que Nordahl Lelandais ne se rende au mariage où il croisera la route de Maëlys, dont il a avoué avoir provoqué la mort. Cet après-midi là, une fête d'anniversaire se tient à Pont-de-Beauvoisin (Isère), à quelques centaines de mètres de la salle des fêtes de la ville, où sera célébré le fameux mariage dans la soirée. Eric et Elodie, dont c'est l'anniversaire, ont invité des amis dans le jardin de leur maison, où plusieurs enfants sont présents, dont Emilie, leur fille de trois ans et demi (prénoms modifiés). "Dans l'après-midi, on a fait un barbecue dans le jardin. C'était la fête", contextualise Élodie, qui a livré son témoignage au Parisien.

En fin d'après-midi, son compagnon sort pour aller racheter des bouteilles d'alcool et croise, sur le parking, "juste à côté de la maison", Nordahl Lelandais, dans son Audi A3. "Il attendait, téléphonait avec son portable. Je ne l'avais jamais vu. Mais le frère d'Élodie, lui, le connaissait un peu. Il l'a salué. Je lui ai alors proposé de venir boire un coup chez nous. Mais il a décliné l'invitation", raconte Eric.

"Votre fille est très jolie, gentille et polie"

La suite est glaçante. Il est 22 heures, Nordahl Lelandais quitte momentanément la salle des fêtes pour se joindre, finalement, à l'anniversaire d'Elodie. Sa présence, comme au mariage d'ailleurs, ne passe pas inaperçue. "Il était très froid. Il fumait cigarette sur cigarette, la mâchoire serrée, le regard fixe. Sans un sourire, alors qu'il était pourtant dans une fête. Il était bizarre. Il a créé un malaise", poursuit Eric. Elodie assure que malgré cela, Nordahl Lelandais est resté et est même venue la voir. "Alors qu'il n'est pas censé connaître ma fille, il s'est dirigé vers moi en me demandant si j'étais bien la maman d'Émilie", se souvient-elle, avant de sentir un potentiel danger arriver. "Il m'a alors dit : 'Votre fille est très jolie, gentille et polie'. J'ai alors senti qu'il y avait quelque chose de pas net. C'est mon instinct maternel qui a parlé. (...) A partir de là, j'ai été très vigilante. Je n'ai pas quitté ma fille des yeux. Et je regardais Nordahl Lelandais", raconte la mère de famille, qui explique qu'après cela, l'ancien maître-chien est parti.

Et Eric d'apporter son analyse de cette soirée : "Avec le recul, je pense qu'il était en mode prédateur. Il recherchait une proie. Et sa proie, cela aurait pu être notre fille". Ce témoignage apporte un nouvel éclairage dans l'affaire Maëlys, qui sera enlevée par Nordahl Lelandais aux alentours de trois heures du matin. Eric et Elodie se sont confiés au Parisien "en pensant aux parents Maëlys", car "cela aurait pu être notre fille". "Et pour montrer que l'on a bien à faire à un prédateur qui ce soir-là était sans doute en chasse", assure-ils. Tout récemment, BFM TV a révélé le compte-rendu d'un expert psychologique ayant analysé la personnalité de Nordahl Lelandais. Le rapport avait conclu de la présence d'une "insensibilité morale et d'une imperméabilité au sentiment de culpabilité" chez lui, ainsi que d'une "mythomanie constante".

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