Débat des Européennes 2024 : immigration, Ukraine, agriculture... Bardella et Hayer ont débattu pendant plus de deux heures

Débat des Européennes 2024 : immigration, Ukraine, agriculture... Bardella et Hayer ont débattu pendant plus de deux heures Pendant près de 2h20, la tête de liste Renaissance, Valérie Hayer et celle du Rassemblement national, Jordan Bardella, ont débattu, à un mois des élections européennes.

L'essentiel
  • Valérie Hayer, tête de liste de la majorité, et Jordan Bardella, du Rassemblement nation, ont débattu pendant plus de 2 heures sur BFMTV. 
  • Les deux candidats ont été interrogés sur plusieurs sujets : l'agriculture, l'écologie, l'immigration, le pouvoir d'achat, la défense de l'Europe et le soutien à l'Ukraine.
  • Valérie Hayer a critiqué la "duplicité" de Jordan Bardella, qui, selon elle, "énonce autant de mensonges avec autant de culot".
  • Jordan Bardella a estimé que Valérie Hayer était "courageuse". Elle "représentera le bilan d’Emmanuel Macron", alors "que personne ne souhaitait porter les couleurs", a-t-il dit.
  • Selon les derniers sondages, le président du RN représenterait 31% des intentions de vote, contre 16% pour Valérie Hayer. 
En direct

23:56 - Fin du débat

Le débat s'est achevé entre Jordan Bardella et Valérie Hayer. Il aura duré près de 2h20. Le 27 mai, les huit candidats aux élections européennes s'affronteront dans un nouveau débat sur BFMTV. 

23:24 - Jordan Bardella "est à la politique ce que Didier Raoult est à la médecine", estime Valérie Hayer

Jordan Bardella "est à la politique ce que Didier Raoult est à la médecine", conclue Valérie Hayer. "Vous n'avez aucun crédit pour parler de l'Europe aux Français", a-t-elle lancé.

23:06 - Immigration : Bardella veut restreindre la libre circulation aux "seuls ressortissants" de l'Union Européenne

"Il faut que notre pays ne soit plus un guichet social, où tous les migrants qui posent un pied en Europe soient tentés de venir", estime Jordan Bardella. Selon Valérie Hayer, la libre circulation est "le bien commun de l'Europe. Je soutiens cet espace Schengen", défend-elle.

22:44 - Agriculture : Bardella demande une "exception agriculturelle française"

"Pourquoi est ce que vous permettez pour les artistes, vous l'empêchez pour les agriculteurs ?", demande Jordan Bardella à Valérie Hayer, évoquant l'exception culturelle française. Il demande une "exception agriculturelle française".

22:30 - Jordan Bardella est un "imposteur", selon Valérie Hayer

"Vous avez mille facettes monsieur Bardella, mais à la fin un seul visage, celui d'un imposteur", a lancé Valérie Hayer.

22:04 - Envoi de troupes en Ukraine : Macron "fait le jeu de la division du camp occidental", selon Bardella

Selon Jordan Bardella, Emmanuel Macron "fait le jeu de la division du camp occidental", alors que le président a à nouveau évoqué la possibilité d'envoi de troupes françaises en Ukraine. La tête de liste aux européennes appelle à la "désescalade".

21:34 - Universités bloquées : Hayer se dit "choquée", Bardella y voit de "l'antisémitisme"

"Je suis choquée par ce qui se passe", dit Valérie Hayer, qui est pour l'intervention de la police pour "débloquer la situation". Selon Jordan Bardella, "on n'est pas dans la défense de la Palestine" mais "dans l'antisémitisme le plus crasse".

21:21 - Mort de Matisse : "un drame" pour Hayer, "un fait de société" pour Bardella

Concernant la mort de Matisse, 15 ans, tué par un mineur Afghan à Châteauroux, "J'ai entendu des prises de parole, de vous-même, de Marine Le Pen sur ce drame. Et je n'ai pas vu de la dignité", a-t-elle lancé Valérie Hayer à Jordan Bardella. La tête de liste du RN a qualifié cet événement de "fait de société". "L'immigration est devenue le pire carburant pour la violence de rue et l'insécurité dans notre pays", a-t-il défendu.

21:03 - Le débat commence sur BFMTV

Le débat commence sur BFMTV. Les téléspectateurs pourront poser des questions aux deux candidats. 

20:39 - "La position de leader n'est jamais simple dans une élection", estime Jordan Bardella

Jordan Bardella est arrivé dans les locaux de BFMTV. "Nous sommes en campagne depuis septembre, je suis donné en tête donc ma position est moins simple mais c'est un moment démocratique important (...) la position de leader n'est jamais simple dans une élection, mais rien n'est fait, rien n'est gagné", explique Jordan Bardella, qui se dit "serein".

20:34 - "On va parler de tous les sujets qui font les européennes", explique Benjamin Duhamel

"Ce soir on va parler de tous les sujets qui font les européennes, bien-sur l'hyper-violence chez les mineurs, ce qui se passe dans les universités, puis on rentrera dans le dur, la guerre en Ukraine (...) et les questions européennes...", liste le journaliste Benjamin Duhamel qui animera le débat.

20:24 - "C'est un moment important, enfin Jordan Bardella accepte la confrontation", lance Valérie Hayer

Valérie Hayer est arrivée dans les locaux de BFMTV. "C'est un moment important, enfin Jordan Bardella accepte la confrontation (...) ce sera projet contre projet", a-t-elle défendu en passant les portes d'entrées de BFMTV.

20:05 - Sur quoi va porter le débat ?

Valérie Hayer souhaiterait se concentrer sur l'Europe et non la France. Mais 58 % des électeurs disent voter sur des propositions nationales et non européennes, selon une enquête Ipsos pour Le Monde. L'immigration, l'agriculture, ou encore la guerre en Ukraine devraient aussi être abordés. 

19:25 - Plusieurs séances de travail pour Valérie Hayer pour se préparer au débat

Valérie Hayer a eu plusieurs séances de travail pour se préparer au débat, selon France Info. "Quand il débite des éléments de langage, Bardella est très fort", selon un conseiller d'Emmanuel Macron, "mais il n'est pas imprenable si on le décale sur les sujets européens". Selon l'entourage de Valérie Hayer, elle "maîtrise le sujet". "Elle a envie de l'attraper sur le fond, dit un proche, d'en faire un moment de vérité sur les cinq ans de Bardella à Bruxelles", toujours selon son entourage interrogé par France Info.

18:48 - Gabriel Attal se dit aussi prêt à débattre face à Jordan Bardella

Le Premier ministre pourrait bientôt débattre avec Jordan Bardella. "Rien n’est totalement calé mais il a dit qu’il était d’accord. Maintenant que le discours du Président à la Sorbonne est passé, il veut entrer dans le game", selon une ministre interrogée par Libération. 

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C'est l'occasion ou jamais de réinstaurer le duel entre la majorité et le parti lepéniste à un peu plus d'un mois des élections européennes. Jordan Bardella qui a boudé presque tous les débats, ou presque, depuis le début de la campagne n'a pas résisté à un face-à-face avec la candidate macroniste. Le patron du Rassemblement national souhaite d'ailleurs tirer profit du débat prévu ce jeudi 2 mai à 21 heures sur BFMTV, pour confirmer son statut de favori alors qu'il est donné en tête des sondages, avec 15 points d'avance sur sa concurrente.

De son côté, la majorité mise aussi beaucoup sur ce débat pour inverser la tendance et relancer la campagne de sa tête de liste, Valérie Hayer. L'eurodéputée peine toujours à imprimer auprès des Français à l'inverse du très médiatique Jordan Bardella. Mais si sur la forme la candidate macroniste est à la peine sur le fond, elle espère moucher son concurrent. "Il faut aller le chercher […], le débusquer" sur les mesures de son programme estime un stratège de la majorité à Politico. L'objectif est clair : démontrer "l'incompétence et la superficialité" du RN selon un autre au Parisien.

Hayer arrive chargée face à Bardella

La majorité indique ne pas manquer d'arguments pour mettre à mal le sérieux du frontiste. Certains sont évoqués depuis le début de la campagne : absentéisme et faible implication de l'élu au Parlement européen avec seulement 21 amendements déposés en cinq ans ou la plasticité des positions du RN sur l'Europe. Le parti qui militait pour une sortie de l'Union européenne a revu sa copie et calmé son discours depuis 2019. La logique des positions et du projet du Rassemblement national sera aussi attaquée par la tête de liste macroniste, notamment sur les sujets de prédilections du RN : "Comment être crédible quand vous dites être contre l'immigration mais que vous votez contre le pacte migratoire ?" ou "quand vous ne votez pas le plan de relance ?" a interrogé un conseiller dans le Parisien.

Les quelques loupés de la campagne du parti à la flamme ou les accusations visant certains de ses candidats ont complété la liste des points faibles ou tout du moins attaquables du RN : la plainte pour complicité de crimes contre l'humanité et de torture déposée contre le numéro 3 de la liste, Fabrice Leggeri ; le blâme prononcé contre le commissaire et numéro 7 de la liste, Matthieu Valet, par sa hiérarchie ; ou encore l'exclusion forcée du candidat Saidali Boina Hamissi accusé d'avoir tenu des propos racistes et complotistes.

"Ca ne sert à rien de lui rentrer dedans"

Se sachant attendu au tournant, Jordan Bardella a prévenu le camp rival à la veille du débat, en marge d'un meeting à Perpignan le 1er mai : "Nous sommes prêts à débattre du fond […] sans prêt-à-penser [et] sans attaque sous la ceinture". Et pour cause, le poulain de Marine Le Pen a réuni les pontes du parti et plusieurs experts pour préparer son débat selon les indiscrétions du Parisien. "On veut déjouer ses arguments sur le fait que Jordan ne travaille pas, montrer qu'il est solide sur le fond de ses dossiers" a souligné un des participants à la réunion. Il sera toutefois plus délicat de défendre ses colistiers.

Jordan Bardella devra se montrer convaincant pour répondre aux attaques, mais le candidat semble vouloir préférer un débat courtois à une offensive contre sa rivale : "Elle n'est pas irritante, pas arrogante. Donc, ça ne sert à rien de lui rentrer dedans. Il faut y aller tranquillement, en restant sur le fond", lui a conseillé un expert. Le président du RN veut-il réserver ses joutes pour son éventuel débat avec le Premier ministre Gabriel Attal ? Ce qui est sûr c'est que dans les rangs de la majorité, on estime que Valérie Hayer n'a rien à perdre et tout à gagner lors du débat compte tenu de son score dans les résultats de sondage. A quelques semaines du scrutin, la Macronie veut croire que "tout est encore possible" et qu'il "suffit d'un uppercut qui fasse chanceler Bardella" pour s'approcher d'une victoire.

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