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POURQUOI
 
Juillet 2007

Pourquoi baille-t-on ?

Vous sentez la fatigue ou vous apercevez une personne en train de bâiller et voilà que vous vous y mettez aussi. Peut-être pensez-vous que le bâillement est synonyme de fatigue ou encore d’ennui. Détrompez-vous.
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Vous venez de vous lever, vous êtes en pleine digestion ou vous attendez que la journée se termine et voilà que vous bâillez aux corneilles. Ce geste est systématiquement interprété comme une preuve de fatigue ou d'ennui mais connaissez-vous ses origines physiologiques ?

 

 
Les animaux aussi bâillent, sont-ils exténués pour autant ? Photo © Pschemp/GNU Free Documentation License
 

Un réflexe banal

Tout le monde baille, l'homme comme les animaux, et pas seulement les mammifères. Les poissons, les reptiles, les oiseaux, enfin presque tous les vertébrés sont sujets au bâillement. Il s'agit là d'un comportement physiologique très courant. Il ne faut pas s'en inquiéter tant qu'ils ne se répètent pas de manière trop rapprochée et trop fréquente.

Le mouvement du bâillement se décompose en trois étapes :
» Il débute avec une longue et profonde inspiration.
» Cette inspiration s'accompagne d'une courte apnée d'environ une seconde. Pendant ce laps de temps infime, nous remarquons souvent que nous entendons moins bien. C'est normal, la contraction des muscles entrainée par le bâillement réduit notre acuité auditive. Pas de panique cela est normal et en plus le phénomène dure une seconde à peine.
» Il se termine avec une expiration très rapide de l'air inspiré qui peut parfois stimuler l'activité des glandes lacrymales. C'est pour cela que vos yeux sont souvent très humides et une larme pointe même au coin de l'œil dans certains cas.
Dans tous les cas, une fois terminé, nous ressentons une impression de détente et de bien-être.

Des causes encore bien mystérieuses

Il est souvent dit que le bâillement est nécessaire quand nous sommes fatigués car la longue inspiration prise nous permet de faire le plein d'oxygène et donc de relancer correctement notre oxygénation cérébrale. Bâiller pour réalimenter notre cerveau en oxygène, voilà une jolie idée reçue.

En réalité nous connaissons très mal les causes de ce phénomène. A première vue, il semble que le bâillement agisse comme un stimulant nous aidant à rester vigilants. Même s'il est anodin, le bâillement est un phénomène très complexe, résultat de l'intervention de plusieurs neurotransmetteurs et hormones: dopamine, acétylcholine, ocytocine… Il fait aussi intervenir d'autres molécules comme le glutamate. Pour le moment, le bâillement demeure une énigme et il nous est impossible d'en donner les causes réelles.

Pour que vous ne restiez pas sur votre faim, approchons une autre question plus anecdotique. Quand vous bâillez, vous déclenchez souvent le bâillement d'autrui. Non, nous n'allons pas parler de la légende du "bon" et du "mauvais" bâilleur mais simplement d'un processus de contagion. Ce phénomène déclenche l'activité des lobes frontaux responsables de nos capacités d'empathie d'une part, mais aussi d'imitation. Voir quelqu'un bâiller déclenche en nous un mécanisme qui nous pousse à imiter l'autre. Avec les bonobos et les chimpanzés, nous sommes les seuls animaux à avoir cette aptitude… de bons bâilleurs.

 

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