Serge Kasparian, Michel Moulin : deux hommes troubles derrière l'affaire des matches truqués

Serge Kasparian, Michel Moulin : deux hommes troubles derrière l'affaire des matches truqués Serge Kasparian, actionnaire de l'équipe de Nîmes et Michel Moulin, intermédiaire mystérieux, sont au cœur des soupçons de matches truqués en Ligue 2.

Michel Moulin a été mis en examen ce jeudi matin dans l'affaire de corruption présumée qui frappe la Ligue 2 de football. Quant à Serge Kasparian, ce dernier serait, selon le Parisien, passé aux aveux. Ces deux personnages, travaillant pour le Nîmes Olympique, auraient bien tenté de truquer trois matches en vue de maintenir le club en Ligue 2 lors de la saison 2013-2014. Des approches auraient été effectuées auprès des clubs de Caen, Dijon et Bastia pour obtenir de précieuses victoires. L'un semblait tirer les ficelles quand l'autre aurait joué le rôle d'intermédiaire.

Serge Kasparian est l'actionnaire majeur du Nîmes Olympique et serait donc le principal décideur dans cette affaire. Responsable du cercle de jeu Le Cadet, au centre de vastes soupçons de corruption, il vient d'être entendu par le service central des courses et jeux à Nanterre. Selon le Parisien, l'homme d'affaires était intéressé par le club pour bénéficier d'une vitrine médiatique et, le cas échéant, toucher des subventions et droits télés alloués aux clubs de foot professionnels. Confronté à des conversations qui ont fait l'objet d'écoutes, il aurait reconnu avoir "été informé" régulièrement des démarches effectuées auprès des trois clubs rivaux pour truquer les matches.

Celui qui l'aurait "informé" et qui se serait chargé des tractations ? Michel Moulin, un autre homme d'affaires proche du dirigeant, désormais mis en examen. Ancien conseiller du PSG (au printemps 2008) puis manager sportif du Mans en 2010, Michel Moulin est connu pour avoir lancé le quotidien gratuit ParuVendu et le sportif Le 10 Sport. Ce dernier est soupçonné d'avoir joué les intermédiaires et est poursuivi pour "corruption passive". Le principal fait présumé reproché est une intervention qu'aurait faite Michel Moulin avant le match opposant Dijon et Nîmes la saison passée. Un match pourtant remporté haut la main par Dijon (5 à 1). Si tentative de trucage il y eu, elle ne se serait donc pas concrétisée.

Les juges d'instruction parisiens Serge Tournaire et Hervé Robert étaient ce jeudi en train de procéder aux auditions de six dirigeants et intermédiaires des clubs concernés après deux jours de garde à vue. Plusieurs mises en examen pourraient encore être prononcées. Le président de Nîmes Jean-Marc Conrad et Jean-François Fortin, président du Stade Malherbe de Caen, sont aussi concernés. Un match nul (1 à 1) entre Caen et Nîmes avait assuré la montée en Ligue 1 de l'un et le maintien en Ligue 2 de l'autre l'été dernier. Le Canard enchaîné a rapporté la teneur d'une conversation qui aurait eu lieu entre les deux présidents avant le match : "Toi c'est un point aussi (qu'il te faut) ?" aurait demandé Fortin à Conrad. Question à laquelle il aurait répondu "Ouais, il nous faut un point, voilà", avant que Fortin ne lâche un net sous-entendu : "Ben, si on n'est pas trop cons, hein..." L'hebdo satirique rapporte que 24 cartons de 12 bouteilles de vin avait été déposé devant le vestiaire caennais après la rencontre.

EN VIDÉO - Menacé de relégation, Nîmes est soupçonné d'avoir acheté des matchs de Ligue 2.

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