MIA seconde : ce que propose l'application d'apprentissage basée sur l'IA à 800 000 élèves

MIA seconde : ce que propose l'application d'apprentissage basée sur l'IA à 800 000 élèves Dès la rentrée 2025, tous les élèves de seconde pourront accéder à MIA Seconde, une plateforme basée sur l'IA pour renforcer leur apprentissage en mathématiques et en français.

Une plateforme basée sur l'Intelligence Artificielle (IA) pour aider les élèves de seconde à combler leurs lacunes en mathématiques et français : c'est la grande nouveauté de la rentrée 2025. Après plusieurs phases d'expérimentation en 2024, la plateforme MIA Seconde sera disponible pour tous les élèves de seconde (générale, technologique, professionnel), à partir de septembre 2025.

Les élèves ont, en effet, du retard à rattraper en mathématiques et en français : selon les tests réalisés par l'Éducation nationale à la rentrée 2024, moins d'un collégiens sur deux sort de 3e avec des acquis jugés satisfaisants dans ces deux matières clés. Alors l'Education Nationale mise sur l'IA, déjà utilisé par 80% des élèves et 20% des professeurs selon le ministère, afin de développer des modules d'apprentissage adaptatif numérique sur ces deux matières, et ainsi "soutenir une éducation inclusive et personnalisée", selon la société EvidenceB, éditeur de MIA Seconde, dans un communiqué cité par CNews.

21 modules, 20 000 exercices et 5 modes

Les 800 000 élèves concernés, dont 30 % présentent des difficultés dès leur entrée en seconde selon la DEPP, débuteront l'année par un test de positionnement, effectué à l'école pour évaluer leur niveau. Les résultats seront ensuite renseigné sur MIA Seconde, accessible via leur Espace numérique de travail (ENT) ou application mobile.

"L'outil possède 21 modules différents (10 000 exercices de mathématiques répartis en 9 modules et 10 000 exercices de français répartis en 12 modules). Mais avant de pouvoir s'exercer sur un module, un test d'une quinzaine de questions devra être effectué", a précisé Thierry de Vulpillières, co-fondateur d'EvidenceB. Ces tests permettront à l'algorithme de proposer des exercices adaptés au niveau de l'élève. 

Si l'intelligence artificielle est au cœur de MIA Seconde, les professeurs conservent un rôle central dans les modes d'utilisation possibles, détaillé par l'Académie de Paris. Dans le mode IA, l'enseignant choisit des modules qui, au fur et à mesure des exercices, seront personnalisés pour chaque élève grâce à l'IA en fonction de leur difficulté. Le mode duo favorise le travail en binôme, tandis que le mode compil permet au professeur de sélectionner et diffuser des ressources à sa classe. Avec le mode atelier, il peut organiser des activités en classe ou à distance, et MIA Tube offre aux élèves une bibliothèque de contenus audio et vidéo.

Les élèves pourront suivre leur progression sur le tableau de bord, où les enseignants disposeront aussi d'un suivi individualisé, avec alertes en cas de blocages (temps passé, pourcentage de réussite, etc.). "L'IA capte davantage de signaux qu'un enseignant ne peut le faire, en voyant là où l'élève a hésité, là où il est à l'aise, ce qui aide l'enseignant dans ses décisions pédagogiques", souligne l'Académie de Paris.

"Eviter le découragement et le décrochage scolaire"

Ce projet, qui coûterait entre 2,8 et 4,7 millions d'euros à l'État selon l'Humanité, s'inscrit dans le "plan avenir" présenté par la ministre de l'Éducation nationale Élisabeth Borne le 5 juin dernier. Lors de la conférence de presse en vue de la rentrée scolaire le 27 août, Élisabeth Borne a affirmé vouloir que "personne ne reste sur le bord de la route". 

Ainsi, l'objectif de la plate-forme est clair pour Thierry de Vulpillières : "éviter le découragement et le décrochage scolaire". MIA Seconde repose sur l'"apprentissage par renforcement" en "maintenant une tension de réussite", grâce à des exercices "ni trop durs pour ne pas les décourager, ni trop faciles pour garder un intérêt". Des séries spécifiques seront proposés aux élèves en grande difficulté en  mathématiques ("Réapprentissage du sens des nombres", "Comprendre les notions de proportions et des fractions") et en français ("Réapprentissage des correspondances graphème/phonème", "Fluence de décodage de la lecture").

Les professeurs pourront utiliser l'outil avant ou après un cours, en classe ou à la maison, mais son usage ne sera pas obligatoire pour les lycéens. Ces derniers ne seront, d'ailleurs, pas les seuls à être aider de l'IA à la rentrée 2025. Interrogée par Brut, Élisabeth Borne a confirmé l'arrivée de l'intelligence artificielle pour les professeurs afin de les "accompagner dans leur métier". Cet outil "peut à la fois leur permettre de préparer les cours et de mieux comprendre ce qu'un élève a compris et ce qu'il n'a pas compris et quels sont ses blocages", a expliqué la ministre, estimant que l'IA peut constituer "un vrai levier pour faciliter l'apprentissage".