Tirs à Washington : une victime décédée, un suspect afghan et une promesse de Trump sur la fin de l'immigration
Un des victimes a succombé à ses blessures. Sarah Beckstrom, une de soldats de la Garde nationale visés par des coups de feu à Washington, à quelques pas de la Maison Blanche, le mercredi 26 novembre, "vient de nous quitter" a déclaré le président américain ce vendredi 28 novembre. La seconde victime, un soldat nommé Andrew Wolfe, "lutte pour sa vie" et est toujours "dans un état très grave", a précisé Donald Trump lors d'une allocution télévisée.
L'homme suspecté d'être à l'origine des tirs, un Afghan de 29 ans entrée aux Etats-Unis en 2021 avec l'aide des autorités après avoir travaillé avec les troupes et les renseignements américains en Afghanistan, a également été "sévèrement blessé" écrivait Donald Trump sur son réseau Truth Social, mercredi soir. Le président américain qualifiait alors l'individu d'"animal" qui "paierait très cher" son acte. Ce vendredi, il a dénoncé une attaque terroriste et a annoncé sur ses réseaux sociaux "suspendre définitivement l'immigration en provenance de tous les pays du tiers monde afin de permettre au système américain de se rétablir complètement". Il a également promis le réexamen des "cartes vertes" attribuées aux ressortissants de 19 pays jugés sensibles, dont fait partie l'Afghanistan, mais aussi le Venezuela, Haïti et l'Iran.
Deux militaires ont été pris pour cible lors de l'attaque menée mercredi 26 novembre, vers 14h15, au coeur de la capitale américaine. Des profils qui font l'objet haut niveau de menaces selon les informations du New York Times. Selon des directives internes distribuées aux troupes de Washington, les commandants avaient en effet averti d’un "environnement de menaces accru". Mais peu après les faits, Donald Trump a ordonné le déploiement de 500 militaires supplémentaires à Washington D.C. "L’escalade de la militarisation de nos villes ne fera qu’exposer davantage de soldats au danger", déplorait Common Defense, un groupe de défense des droits des anciens combattants, par voie de communiqué.
La peine de mort requise contre le suspect ?
Ce jeudi après-midi, la procureure générale Pamela Bondi a déclaré qu'elle requerra la peine de mort contre le l'agresseur présumé. "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour requérir la peine de mort contre ce monstre qui n'aurait jamais dû se trouver dans notre pays", a-t-elle lancé au micro de Fox news. La Garde nationale et le ministère de la Justice, le FBI, la DEA, l'ATF, le département de la Sécurité intérieure, les US Marshals et le département du Trésor participent à l'enquête en cours. "Nous travaillons ensemble et nous ne nous laisserons pas décourager", a conclu Pamela Bondi.
"Nous avons immédiatement, avec nos partenaires des forces de l'ordre du département de police métropolitaine et les autres agences, sécurisé les lieux, saisi l'arme, dépêché notre équipe d'intervention sur place pour recueillir des preuves et commencé un ratissage de quartier en quartier", a déclaré ce jeudi le directeur du FBI, Kash Patel, ce jeudi. Une arme à feu et d'autres éléments de preuve ont été envoyés hier au laboratoire du FBI à Quantico pour analyse, a précisé M. Patel. Les enquêteurs examineront également les liens du suspect avec les forces américaines en Afghanistan et ses éventuelles relations connues, aux États-Unis ou à l'étranger, a précisé le directeur du FBI.
Le suspect Rahmanullah Lakanwal inculpé pour "tentative de meurtre" ?
L'homme suspecté d'avoir tiré sur deux soldats de la Garde nationale, à Washington, est un immigré afghan, rapatrié lors du retrait des troupes américaines d’Afghanistan en 2021 dans le cadre du programme "Operation Allie Welcome". Selon différentes sources policières citées par CNN, il semblerait qu'il ait pris pour cible les gardes lorsqu'il s'est approché d'eux. D'après ces sources, le suspect n'avait aucun document d'identité lors de son arrestation. Outre le fait qu'il soit gravement blessé, il semblerait que le suspect soit par ailleurs peu coopératif avec les forces de l'ordre, apprend-on.
Rahmanullah Lakanwal, 29 ans, a travaillé avec l’armée américaine et la CIA en Afghanistan d'après plusieurs médias américains. Originaire de la province de Khost, Rahmanullah Lakanwal se serait installé à Bellingham, dans l’État de Washington, sur la côte ouest, avec sa femme et ses cinq garçons, avant de migrer vers la cote est avec une demande d'asile potentiellement déposée en décembre 2024. "Nous savons qu'il a traversé le pays en voiture depuis l'Etat de Washington dans le but de se rendre dans la capitale", assure la procureure fédérale Jeanine Pirro lors d'une conférence de presse, ce jeudi.
Rahmanullah Lakanwal sera inculpé pour "tentative de meurtre avec arme à feu" et "port d'arme lors d'un crime violent", a déclaré aujourd'hui Jeanine Pirro. Il encourt 15 ans de prison pour tentative de meurtre. Les charges retenues contre l'auteur présumé des faits pourraient être modifiées en fonction de l'état de santé des gardes nationaux blessés, a-t-elle ajouté. "Nous prions pour qu'ils survivent et que la qualification la plus grave ne soit pas celle de meurtre au premier degré", dit-elle.
Les demandes d'immigration des ressortissants afghans suspendues
"Dans le sillage du retrait désastreux d'Afghanistan par Joe Biden, l'administration Biden a justifié d'emmener le tireur présumé aux États-Unis en septembre 2021 en raison de son travail passé avec le gouvernement américain, y compris la CIA, en tant que membre d'une force partenaire à Kandahar", a déclaré John Ratcliffe, directeur de la CIA, à Fox News. Un proche du suspect indique auprès de Fox News que ce dernier a été stationné sur une base à Kandahar, deuxième ville d’Afghanistan la plus peuplée après Kaboul.
"C’est nous qui étions visés par les talibans en Afghanistan", a déclaré ce proche à NBC News. "Je n’arrive pas à croire qu’il ait pu faire une chose pareille (...) Je ne sais pas ce qu'il s'est passé", dit-il. "Sur la base des meilleures informations disponibles, le ministère de la Sécurité intérieure est convaincu que le suspect en détention est un étranger entré dans notre pays depuis l’Afghanistan", martèle Donald Trump.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a lui qualifié l'immigration de "plus grande menace pour la sécurité nationale", en reprochant à son prédécesseur démocrate Joe Biden (2021-2025) d'avoir laissé entrer des "millions" d'étrangers aux Etats-Unis. Le président républicain a dit que son gouvernement devait maintenant "réexaminer" tous les individus venus d'Afghanistan quand Joe Biden était au pouvoir. Le USCIS, une agence fédérale chargée de l'immigration, a indiqué sur ses réseaux sociaux la suspension immédiate et à durée indéfinie du "traitement de toutes les demandes d'immigration concernant des ressortissants afghans (...) dans l'attente d'un nouvel examen des protocoles de sécurité et de vérification".