La NASA veut créer une nouvelle variété d'un aliment du quotidien directement sur la Lune
La NASA prépare de plus en plus les missions longue durée sur la Lune. Pour y survivre, il sera nécessaire d'avoir accès à des vivres. Les scientifiques se penchent donc sur les aliments qui pourraient pousser sur cet astre. Cela n'est pas évident avec la régolithe : la fine poussière grise qui recouvre la surface lunaire. Une équipe de l'Université d'Etat de l'Oregon, qui a publié ses résultats dans une étude bioRxiv, a mélangé en laboratoire des minéraux broyés et des cendres volcaniques pour imiter la composition chimique de la surface lunaire et ainsi simuler le milieu.
Ils ont ensuite choisi de tenter de faire pousser des pommes de terre car elles sont riches en nutriments et en calories, et peuvent s'adapter à différents environnements. Ils ont alors ajouté du vermicompost, déchets organiques transformés par des vers, donnant de l'engrais. Un mélange avec seulement 5% de compost permettait aux patates de se développer dans ce milieu. Avec cette dose, elles poussaient toutefois moins bien que dans un sol classique et étaient donc plus petites. Ils ont testé avec 30% de vermicompost, elles ressemblaient davantage à celles qui poussent sur Terre.

Après deux mois de croissance, ils ont analysé les tubercules et observé la croissance, l'état de santé et l'ADN des patates. La valeur nutritionnelle globale est quasi identique, ce qui est une bonne nouvelle. Les plantes se sont toutefois battues pour grandir au vu de l'activation des gènes liés au stress qui a été identifié lors de l'analyse de l'ADN. Elles ont tenté de s'adapter à un environnement hostile. Un problème plus important a aussi été relevé : les pommes de terre avaient une concentration en cuivre et zinc plus élevée que celles qui poussent sur Terre. Ce critère pourrait les rendre impropres à la consommation.
Ces observations ne prennent, en plus, pas toutes les conditions réelles en compte : il manque les radiations constantes et l'absence d'atmosphère sur la Lune. Le programme Artemis, qui a pour objectif de renvoyer des astronautes sur le satellite naturel de la Terre, devrait permettre de ramener des échantillons qui aideront à faire avancer ces recherches et permettront des tests sur le sol lunaire. Les travaux vont toutefois continuer en parallèle car les scientifiques vont tester différentes variétés de pommes de terre dans la reproduction du régolithe en essayant de découvrir laquelle s'adapte le mieux. Cela pourrait aller encore plus loin avec la création de pommes de terre spécifiques : "À terme, les généticiens pourront peut-être sélectionner et créer des pommes de terre mieux adaptées à la Lune", a déclaré Aymeric Goyer, biochimiste végétal et co-auteur de l'étude, rapporte Science.org.