Qu'est devenue la promesse de Ségolène Royal ?

Qu'est devenue la promesse de Ségolène Royal ? En mars dernier, pour le passage à l'heure d'été, Ségolène Royal annonçait une évaluation de l'impact du changement horaire sur la consommation d'énergie. Sept mois plus tard, au moment de passer à l'heure d'hiver, c'est encore le flou qui domine.

Chaque année, en mars et en octobre, les sondages se succèdent pour faire le même constat : le changement d'heure n'a pas vraiment la cote. Dernière enquête en date, un sondage Opinion Way publié il y a quelques jours, avant le passage à l'heure d'hiver, indique que 76 % des Français préféreraient rester à l'heure d'été. 52 % seraient même favorables à la suppression pure et simple de la mesure. En mars dernier, lors du dernier changement d'heure, Ségolène Royal, toujours soucieuse de répondre aux "vrais problèmes" des Français, se saisissait pourtant de ce dossier brûlant. La ministre de l'Ecologie (et de l'Energie) annonçait une nouvelle évaluation de l'impact de la mesure. "Les Français doutent de l'impact sur les économies d'énergie qui en était la raison d'être", reconnaissait-elle, promettant que son équipe rendrait publics les résultats de l'évaluation "pour décider de l'opportunité l'année prochaine". Alors que le changement d'heure fait son retour dans la défiance pour le passage à l'heure d'hiver, où en est cette promesse ? Difficile de le savoir.

Certes, les résultats ne sont pas à proprement parler attendus pour cet automne si l'on reprend les termes de l'annonce. Mais ni au ministère, ni à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), que Linternaute.com a contactés sans avoir de réponse à ses questions, on ne peut nous confirmer que l'étude a été menée ni même lancée. Un préalable pourtant important, alors que des conclusions sont attendues pour le changement d'heure 2016. Impossible, par conséquent, d'avoir le moindre tuyau sur la durée de l'évaluation, sa méthodologie, le calendrier prévu pour annoncer les résultats et l'éventuelle révision du changement d'heure qui pourrait en découler. La décision de maintenir ou de suspendre le changement d'heure en France n'est pourtant pas anodine. La mesure dépend désormais d'une directive européenne et pour la modifier, il faudra négocier en amont avec Bruxelles. Autant dire qu'il vaut mieux s'y prendre tôt.

Sur le terrain comme sur Twitter, Ségolène Royal était pourtant formelle en mars dernier :

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"Vers la fin du changement d'heure ? Royal s'interroge"

Les derniers chiffres sur les économies réalisées  grâce au changement d'heure datent de 2010. L'Ademe indiquait alors que le changement d'heure avait permis d'économiser 440 GWh en 2009, soit la consommation annuelle d’environ 800 000 ménages, et évité l'émission de 44 000 tonnes de CO2.