Remaniement ministériel : attendu lundi ou mardi ! Qui sera nommé ?

"Remaniement ministériel : attendu lundi ou mardi ! Qui sera nommé ?"

Remaniement ministériel : attendu lundi ou mardi ! Qui sera nommé ? REMANIEMENT. Le remaniement aura lieu entre le 4 et le 5 juillet selon la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire. La liste des nouveaux ministres doit encore être arrêtée, Elisabeth Borne et Emmanuel Macron sont à la tâche ce vendredi 1er juillet.

[Mis à jour le 1er juillet 2022 à 16h27] Le remaniement prévu pour le 4 ou le 5 juillet ? "On peut l'imaginer" a déclaré la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire ce vendredi 1er juillet sur LCI. Une décision qui se tient puisqu'en "toute cohérence" le nouveau gouvernement Borne sera en place avant que la Première ministre ne face son discours devant l'Assemblée nationale et le Sénat le 6 juillet mais aussi avant la tenue du Conseil des ministres prévu le même jour. Avec une réunion organisée en fin de journée, Elisabeth Borne et Emmanuel Macron ont lancé le compte à rebours avant l'annonce du nouveau gouvernement. Les prochains jours vont être studieux pour l'exécutif qui doit encore arrêter la liste des ministres et établir une "feuille de route" ce 1er juillet, toujours selon Olivia Grégoire.

"Le téléphone va chauffer" en vue du remaniement ministériel s'amuse un conseiller de l'exécutif auprès du Parisien. Mais les appels ne devraient pas être si nombreux, les modifications apportées au gouvernement étant a priori déjà bornées : quatre ministres seront remplacés - les trois politiques défaites aux législatives et Yaël Braun-Pivet qui a préféré la présidence de l'Assemblée nationale au gouvernement - et de nouveaux portefeuilles seront attribués mais rien n'indique qu'un jeu de chaises musicales est à prévoir pour les autres ministres. Seuls Damien Abad et Chrysoula Zacharopoulou pourraient éventuellement payer les frais des accusations qui portent sur eux lors du remaniement. Quant aux réponses des personnalités ministrables, elles devraient toutes être positives, l'hypothèse de voir des politiques issus de l'opposition s'installer au gouvernement ayant perdu en force après des consultations peu probantes. Si le gouvernement s'ouvre à la droite et à la gauche cela ne pourra être que par des volontés individuelles d'élus Macron-compatibles. A quelques jours du remaniement les rumeurs se font encore rares et le suspens pourrait être tenu jusqu'à la dernière minute

Quelle est la date du remaniement du gouvernement Borne ?

Le gouvernement fait un pas de plus vers le remaniement ce 1er juillet. Le délai fixé aux "premiers jours de juillet" pourrait être respecté avec un remaniement le 4 ou le 5 juillet selon les quelques informations soutirées par un journaliste de LCI à Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement. La nouvelle explique aussi l'annonce du 30 juin sur la tenue du discours de politique générale d'Elisabeth Borne devant le Parlement le 6 juillet et non le 5 comme c'était initialement prévu. Ces dates corroborent également l'organisation d'un Conseil des ministres le 6 juillet, première réunion ministérielle programmée depuis les élections législatives. Intervenant deux jours après ou au lendemain du remaniement, elle officialiserait le mise au travail du gouvernement Borne 2.

Si en macronie, la majorité des marcheurs applaudit la nouvelle, d'autres préfèreraient que le remaniement se tienne après le discours d'Elisabeth Borne et en éventuel vote de confiance. Un choix motivé par des raisons purement mathématiques : si des députés étaient nommés ministres avant le vote de confiance, le camp présidentiel perdraient des voix dans une majorité déjà relative à l'Assemblée, les suppléants ne pouvant remplacer les députés titulaires qu'après un délai d'un mois. A noter que rien n'oblige la Première ministre à se soumettre au vote.

Qui va être remplacé au gouvernement lors du remaniement ?

Quatre ministres sont certains de quitter leurs fonctions lors du remaniement : les trois membres du gouvernement défaits lors des élections législatives : la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, la secrétaire d'État chargée de la Mer, Justine Bénin, et la ministre de la Transition écologique mais également sixième tête du gouvernement, Amélie de Montchalin. Toutes les trois sont encore au travail mais devront bien démissionner du gouvernement. Yaël Braun-Pivet a, elle, déjà quitté le gouvernement pour s'installer à la présidence de l'Assemblée national le 28 juin. Ce sont donc quatre ministres et qui plus est quatre femmes qui quittent l'exécutif, de quoi mettre un sacré coup à la parité jusque là respectée. 

Le remaniement ne devrait pas signer le départ d'autres membres du gouvernement, exceptés le ministre des Solidarités Damien Abad et la secrétaire d'Etat chargée de la Francophonie Chrysoula Zacharopoulou. Tous les deux sont visés par une enquête des plaintes pour viol, aussi le gouvernement pourrait décider de se passer de ces noms qui fragilisent l'exécutif. Jusqu'à présent, le gouvernement a pris la défense de ses ministres et assumé leur maintien au nom de la présomption d'innocence, assurant que seule une décision de justice pourrait remettre leur nomination en cause. Pourtant, ce sont plusieurs ministres qui s'inquiètent de leur sort s'attendant à un remaniement "sanglant" selon les mots d'un proche du gouvernement à l'Opinion dans les derniers jours de juin.

Qui est pressenti pour être nommé ministre lors du remaniement ?

Les noms des personnalités ministrables se font rares à l'approche du remaniement annoncé par début juillet. Une discrétion signe de l'hésitation de l'exécutif ou stratégique pour éviter l'embarras en cas de refus des membres de la majorité ou de ceux d'élus de l'opposition ? Difficile aussi d'anticiper les modifications apportées par le remaniement mises à part les quatre démissions connues des ministres de la Transition écologique, de la Santé, de l'Outre-mer et de la secrétaire d'Etat chargée de la Mer. Même l'élargissement du gouvernement n'a pas permis de voir quelques noms de futurs ministres du Logement, du Tourisme ou du Numérique fuiter. Pourtant la possibilité de voir le gouvernement s'ouvrir aux forces de l'opposition décuple le nombre d'élus potentiellement ministrables.

Qui pourrait être le ministre de la Santé ?

Le remplacement de Brigitte Bourguignon à la Santé et le seul point du remaniement pour lequel des pistes sérieuses ont émergé et une nouvelle piste est à l'étude depuis le 30 juin, jour où Emmanuel Macron s'est séparés de certains des conseillers du cabinet présidentiel. Parmi eux, Anne-Marie Armanteras, la conseillère santé, handicap, personnes âgées qui assurait également le lien entre le chef de l'Etat et le Conseil scientifique. Le profil est tout indiqué pour le ministère de la Santé.

Des noms déjà évoqués avant le remaniement du 20 mai 2022 figurent également dans les listes des prétendants notamment celui de Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine et médecin anesthésiste-réanimateur de formation. Issu de la droite, l'élu qui est favorable à "un accord un peu à l'allemande" entre LR et LREM est considéré comme Macron-compatible. Les noms de Jean Rottner, président du Grand-Est et ancien urgentiste, et Arnaud Robinet, maire de Reims et biologiste sont aussi avancés pour l'avenue de Ségur. Un autre député également de droite mais membre d'Horizons et donc de la majorité présidentielle est pressenti pour la Santé selon CnewsFrédéric Valletoux, élu dans la 2e circonscription de Seine-et-Marne et président de la Fédération hospitalière de France. Avec un pied dans le monde médical et un autre dans la politique, le député s'inscrirait dans la continuité d'Olivier Véran au ministère de la Santé, à la différence près de l'orientation politique. 

La nomination du médecin et ancien conseiller de l'exécutif, Olivier Véran, à la Santé en 2020 pourrait inspirer le gouvernement pour ce nouveau remaniement. Le médecin urgentiste François Braun, la kinésithérapeute libérale et présidente du Conseil national de l'ordre des kinés Pascale Mathieu et l'anésthésiste-réanimateur Sébastien Mirek pourraient alors être dans la liste des ministrables. Tous les trois sont les référents santé de LREM depuis janvier 2022 et ont été consultés pour construire le programme santé d'Emmanuel Macron lors de la présidentielle.

Qui pourrait devenir ministre de la Transition écologique ?

Le ministère de la Transition écologique est une des pièces maîtresses du remaniement et le gouvernement semble garder le secret ou manquer d'idées sur la nomination du futur ministre de l'Ecologie. Mais là encore le, un conseiller du cabinet présidentielle pourrait peut-être le relai d'Amélie de Montchalin : Paul Delduc, conseiller énergie, environnement, transports et agriculture. Le portefeuille pourrait aussi, dans une volonté d'ouverture, revenir aux forces de l'opposition comme LFI qui a défendu en premier le projet d'une planification écologique ou EELV qui pense toutes ses mesures selon les enjeux environnementaux et écologiques. Peu de chance toutefois de voir un insoumis ou un écologiste nommé, le gouvernement ayant fermé la porte avec une coalition avec la gauche radicale et rejetant la pensée dogmatique du pôle écologiste. Reste que le poste se prête davantage à la gauche et les socialistes apparaissent comme les seuls en course. L'exécutif pourrait refaire le choix de replacer une technocrate à l'instar d'Amélie de Montchalin au ministère contre l'avis de certains de nommer un gouvernement politique.

Quid de Damien Abad et de Chrysoula Zacahropoulou ?

Damien Abad et Chrysoula Zacahropoulou vont-ils être maintenus au gouvernement après le remaniement ? C'est un sujet qui risque de secouer l'exécutif. Le premier, ministre des Solidarités, fait l'objet d'une enquête depuis le 29 juin après le dépôt d'une plainte pour accusation de viol par une élue centriste. Une enquête qui intervient après un scandale qui a éclaté en mai 2022, au lendemain de sa nomination au gouvernement. La seconde, secrétaire d'Etat chargée de la Francophonie et ancienne gynécologue, est visée par trois plaintes pour viol déposées par d'anciennes patientes. Mis en cause les membres du gouvernement pourrait voir leur portefeuille leur échapper, en particulier l'ex-LR Damien Abad. Le 22 mai la Première ministre avait conforté le ministre dans ses fonctions tout en promettant de prendre les mesures nécessaires si de nouveaux éléments s'ajoutaient à l'affaire. L'ouverture de l'enquête annoncée le 29 juin pourrait être ce fameux nouvel élément poussant le ministre vers la sortie. C'est du moins ce que pense un cadre de la majorité qui confie à Franceinfo : "Il ne passera pas le remaniement". Pourtant Damien Abad qui espère conserver son poste ne se sent pas inquiété par l'ouverture de l'enquête qui "est une non-information puisqu'elle est systématique après une plainte" selon son avocat.

La secrétaire d'Etat Chrysoula Zacharopoulou n'est pas inquiète non plus puisque le gouvernement a assuré attendre une décision de justice pour prendre les mesures nécessaires concernant l'ancienne gynécologue. Or, si le gouvernement se débarrasse du ministre des Solidarités, il sera difficile de maintenir la secrétaire d'Etat. Cela porterait donc à six le nombre de membres du gouvernement à remplacer.

Vers un élargissement de l'exécutif ?

Le remaniement apportera son lot de changements au gouvernement mais aussi la nomination de nouveaux ministres pour gérer les portefeuilles encore non attribués. Les ministères du Logement, du Numérique ou encore de la Ruralité sont vacants depuis la nomination du gouvernement Borne 1 et plusieurs secrétaires d'Etat attendent encore d'être nommés. Après le remaniement la liste des ministres, ministres délégués et secrétaires d'Etat pourrait passer d'une petite trentaine à près d'une cinquantaine de noms. Si le gouvernement espérait que des patronymes viennent de l'opposition " des communistes aux LR", le scénario semble peu probable ou alors possible uniquement par la volonté individuelle de quelques personnalités politiques. En revanche, le MoDem de François Bayrou et Horizons d'Edouard Philippe espèrent voir certains élus de leurs rangs nommés au gouvernement. Pour l'heure les deux partis ne compte qu'un seul ministre issu de leur parti.

Le Rassemblement national et la France insoumise, exclus du gouvernement

Si Emmanuel Macron et Elisabeth Borne poursuivent les discussions avec LR, le PS, le PCF et EELV pour trouver des accords de gouvernement, le chef de l'Etat a exclu l'hypothèse d'une coalition de gouvernement avec l'extrême droite et la gauche radicale. "Je ne confonds pas les extrêmes mais par leur expression, leur positionnement - j'ai toujours été clair sur ce sujet-, ces formations ne s'inscrivent pas comme des partis de gouvernement", a déclaré Emmanuel Macron à l'AFP le 25 juin à propos du RN et de LFI. Des réactions qui n'ont pas plu aux dits partis même si tous les deux avaient déjà refusé de prendre part à une coalition gouvernementale. Pourtant à l'extrême droite, l'idée d'être nommé ministre fait de l'œil à Robert Ménard. Le maire de Béziers et soutien de Marine Le Pen, bien que non encarté au RN a indiqué sur LCI le 26 juin que si Elisabeth Borne lui demandait, il accepterait d'entrer au gouvernement. "Un certain nombre de chantiers sont importants à mes yeux et sont les échecs des cinq années précédentes", a-t-il ajouté évoquant entre autres l'immigration ou le nombre de place de prison.

Un accord de gouvernement est-il possible avec des partis d'opposition ?

Le remaniement sera l'occasion d'intégrer des personnalités issues d'autres tendances politiques. C'est en tout cas une volonté affichée de l'exécutif, qui n'a pas encore renoncé à trouver un accord de gouvernement avec certains partis. La plupart des partis d'opposition ont fermé la porte à un gouvernement de coalition, suite à l'allocution d'Emmanuel Macron. Seule petite réserve exprimée, du côté de l'écologiste Yannick Jadot, interrogé sur une éventuelle participation d'EELV à un gouvernement de coalition : " Je ne ferme la porte à rien, car le président n'a parlé de rien", a-t-il déclaré à France 24 vendredi 24 juin. Un discours qui n'engage que lui, selon l'insoumise Mathilde Panot, qui assure à la presse que "ce que nous nous sommes dit dans l'inter-groupe n'avait pas du tout la même tonalité que ce que propose M. Jadot aujourd'hui, puisque tout le monde était d'accord pour voter contre la confiance à ce gouvernement". Du côté de la droite aussi, le message de la majorité des élus et de renoncer à une quelconque coalition avec la majorité, le nouveau président du groupe LR à l'Assemblée, Olivier Marleix ayant refusé de servir de "béquille au pouvoir". Pourtant, de rares voix comme celle de Jean-François Copé estiment au contraire que prendre part au gouvernement est nécessaire pour la droite. Quoi qu'il en soit, Elisabeth Borne est chargée cette semaine par Emmanuel Macron de consulter "des communistes au LR", notamment pour évaluer si certains "sont prêts à passer des accords de gouvernement, avec ou sans participation" au gouvernement.

Elisabeth Borne toujours Première ministre après le remaniement

"La Première ministre a ma confiance pour mener l'action du gouvernement dans la durée", a déclaré Emmanuel Macron samedi soir à l'AFP. Une manière claire de dire qu'il n'a pas l'intention de remplacer Elisabeth Borne à Matignon dans les semaines à venir. Cette dernière sera donc à la tête du nouveau gouvernement après le remaniement. 

Pourtant, depuis l'échec du camp présidentiel à obtenir une majorité absolue à l'Assemblée aux législatives, la légitimité d'Elisabeth Borne est fortement contestée. C'est pourquoi une partie de l'opposition, en tête de qui la France insoumise, réclame que le gouvernement se soumette à un vote de confiance suite au discours de politique générale prévu le 4 juillet. "Je ne comprends pas comment la Première ministre, quelques jours après les élections législatives, peut envisager d'aller devant l'Assemblée nationale, et leur dire 'finalement, je ne vais même pas vous demander votre avis' ", a déploré le député insoumis Manuel Bompard sur Franceinfo vendredi 24 juin. La France insoumise promet donc le dépôt d'une motion de censure à l'Assemblée nationale le 5 juillet pour tenter de renverser le gouvernement s'il ne se soumet pas à une question de confiance. La possibilité de se soumettre à une question de confiance fera partie des thèmes abordés par Elisabeth Borne dans sa consultation des groupes d'opposition cette semaine. L'exécutif ne semble pas encore avoir tranché.