Christophe Castaner : une démission à venir ? Pourquoi c'est envisageable

Christophe Castaner : une démission à venir ? Pourquoi c'est envisageable CASTANER - Emmanuel Macron peut-il se séparer de son ministre de l'Intérieur ? Si le chef de l'Etat lui accorde sa confiance, un nouvel épisode de violence en marge de manifestations pourrait amener Christophe Castaner à quitter ses fonctions.

Christophe Castaner le sait bien : il est le ministre le plus exposé, l'homme le plus fragilisé du gouvernement actuellement. Après les échauffourées de samedi dernier sur les Champs-Elysées, il a dû justifier les arbitrages qu'il a effectués ces derniers jours et expliquer pourquoi le préfet de police avait été remplacé. Quelques confidences de l'entourage d'Emmanuel Macron, faites ça et là dans la presse politique, ont fait état d'un certain agacement de Matignon et de l'Elysée sur la manière dont Christophe Castaner avait géré la crise du week-end. Si bien que le ministre a dû démentir toute tension entre lui, ses services, le Premier ministre et le président de la République.

Pourtant, le scénario d'une démission n'est pas à exclure. Le journal Le Monde assure même que "s'il n'est pas menacé à court terme, Christophe Castaner se sait néanmoins en sursis". Pour le quotidien du soir, si les prochaines manifestations donnent lieu à de nouvelles violences graves, l'ancien patron du parti de la majorité sera poussé vers la sortie. "Ce serait le seul moyen de protéger le président et ce serait son rôle", analyse un parlementaire LREM au Monde. Pour l'heure, cependant, le chef de gouvernement compte encore sur lui et le ministre a la confiance des hauts fonctionnaire de la police nationale. "Depuis 2016, on a eu cinq ministres qui se sont succédé, parfois pour quelques semaines seulement. Dès que quelque chose ne va pas dans le pays, on veut tout bouleverser à Beauvau, comme si le changement d'homme allait régler tous les problèmes", confie ainsi un haut gradé, toujours au Monde,

Le ministre contraint de s'expliquer devant le Sénat

Devant les parlementaires du Palais du Luxembourg, mardi 19 mars, le ministre de l'Intérieur a reconnu "des dysfonctionnements et un phénomène constaté de dépassement de la violence" lors de l'acte 18 des gilets jaunes samedi. Chrsitophe Castaner a toutefois assuré qu'"entre le 8 décembre et maintenant, nos forces de l'ordre ont agi de manière satisfaisante". Rappelant au passage que "l'ordre public a perdu des effectifs ces dernières années", le ministre de l'Intérieur a pointé du doigt le fait que "ni les gouvernements précédents, ni les gouvernements actuels n'ont priorisé l'ordre public". Christophe Castaner, a pour autant balayé l'idée d'un retour à l'état d'urgence en France, estimant qu'"il s'agit d'un état exceptionnel en cas de péril grave et imminent" et que "nous ne sommes pas dans ce cas de figure" pour l'heure. "La consigne, c'est celle de la plus grande fermeté", a par ailleurs asséné Christophe Castaner qui s'est dit "convaincu d'une chose : ceux qui ont manifesté samedi et qui ont cassé n'ont aucune revendication, si ce n'est celle de faire tomber la République". Lors de son audition, le ministre de l'Intérieur n'a pas manqué d'avancer quelques chiffres assurant ainsi que "sur les 1 800 premiers jugements rendus, il n'y a eu que 100 relaxes". 

Considérant que le mouvement des gilets jaunes "ne survit aujourd'hui que par la violence", Christophe Castaner l'a assuré : lors des prochaines mobilisations, "on n'attendra pas qu'il y ait des exactions ou des violences pour intervenir". Enfin, au cours de son audition face au Sénat, le ministre de l'Intérieur n'a pas manqué de revenir sur le limogeage du préfet de police de Paris à la suite des événements survenus samedi. "Le préfet Delpuech est un préfet remarquable", a tenu a souligné Christophe Castaner, remarquant cependant que "le changement de doctrine a été décidé samedi à la préfecture de police de Paris, sans que le gouvernement et les deux ministres qui sont devant vous n'en soient avertis". Et le ministre de conclure : "Sans remettre en cause l'homme, nous avons souhaité qu'il y ait une reprise du management".

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