Assemblée nationale : quelle composition le 7 juillet ? 532 députés sortants en campagne

Assemblée nationale : quelle composition le 7 juillet ? 532 députés sortants en campagne ASSEMBLÉE. Après la dissolution surprise de l'Assemblée nationale, des élections législatives sont organisées le 30 juin et le 7 juillet 2024. Qui seront les 577 nouveaux députés ?

A quoi ressemblera l'Assemblée nationale au lendemain des élections législatives anticipées 2024 ? Depuis la décision historique d'Emmanuel Macron de dissoudre la chambre basse du Parlement le 9 juin, une grande incertitude plane. Les électeurs français sont appelés aux urnes le 30 juin et le 7 juillet pour élire leurs 577 nouveaux députés. En quelques jours, le jeu des alliances s'est mis en marche et laisse entrevoir un futur hémicycle constitué en trois bloc.

Campagne éclair oblige, un nombre historiquement haut de députés sortants se présentent à leur propre réélection : ils sont 532, auxquels ont peut ajouter 22 ministres en fonction, ayant remporté un siège en 2022 avant de se désister au profit de leur suppléant, et qui repartent en campagne. Seuls 23 parlementaires ont décidé de se retirer, dont 15 siégeaient dans la majorité présidentielle. En 2022, 136 députés sortants n'avaient pas été réinvestis.

Quelle sera la composition de la nouvelle Assemblée nationale ?

La nouvelle Assemblée nationale qui se dessinera le soir du 7 juillet retrouvera donc un certain nombre de figures connues. D'autant plus que ces élections législatives sont marquées par une tentative de retour de la part de plusieurs anciens députés : à commencer par l'ex-président de la République, François Hollande, qui se présente dans son fief de Corrèze, en même temps que son ancien ministre, Jérôme Cahuzac, tente sa chance dans le Lot-et-Garonne. Le président de la région Hauts-de-France Laurent Wauquiez est pour sa part investi en Haute-Loire, l'ancienne ministre Dominique Voynet dans le Doubs, tandis que Jean Lassalle tentera de récupérer son siège dans les Pyrénées-Atlantiques.

En revanche, les équilibres politiques devraient être drastiquement modifiés : après la déroute du parti d'Emmanuel Macron aux élections européennes, tout porte à croire que le président de la République va définitivement perdre sa majorité, ce qui pourrait conduire à la formation d'un gouvernement de cohabitation. A en croire les premiers sondages, le Rassemblement national pourrait obtenir une majorité relative.

Mais la coalition de gauche du Nouveau Front Populaire talonne de près le parti d'extrême droite : selon le baromètre de Cluster17 publié le 14 juin, le RN obtiendrait entre 194 et 245 sièges, tandis que la gauche en décrocherait entre 190 et 235. La coalition présidentielle Ensemble pour la République en conserverait entre 70 et 100, Les Républicains entre 25 et 35. Entre 10 et 14 sièges reviendraient enfin à des candidats étiquetés "divers gauche" et entre 10 et 16 à des candidats d'autres appartenances.

Quelle était la composition de l'Assemblée nationale depuis 2022 ?

Les élections législatives des 12 et 19 juin 2022 avaient renouvelé la composition de l'Assemblée nationale d'une manière inédite : bien que réélu président de la République quelques semaines plus tôt, en avril 2022, Emmanuel Macron s'était trouvé privé de majorité absolue dans la chambre basse du Parlement. La majorité présidentielle (Renaissance ex-LREM, MoDem, Horizons) avait ainsi perdu une centaine de députés par rapport au mandat précédent, pour arriver à 250 sièges, alors que la majorité absolue est fixée à 289.

Dans cette nouvelle Assemblée, l'opposition s'était donc placée dans une position de force, bien qu'elle soit très divisée. La gauche avait débuté cette XVIe législature de la Ve République avec 141 sièges dans l'hémicycle, grâce à une coalition historique, la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes). Le Rassemblement national n'avait jamais été aussi puissant pour sa part à l'Assemblée, avec 89 députés. Les Républicains, en revanche, avaient signé un net recul par rapport à la législature précédente, passant de 101 à 62 sièges.

Parmi les faits marquants de la XVIe législature entamée officiellement le 28 juin 2022, l'Assemblée nationale avait élu sa première femme présidente, Yaël Braun-Pivet. Six vice-présidents avaient été élus les jours suivants, dont deux de la majorité présidentielle, deux de la Nupes et deux du Rassemblement national. La majorité présidentielle avait aussi obtenu deux postes de questeurs, le dernier étant revenu au député LR Eric Ciotti. Sur les huit commissions permanentes de l'Assemblée, sept avaient logiquement trouvé leurs présidents parmi les députés de la coalition majoritaire. La huitième, la très convoitée commission des finances, qui est traditionnellement présidée par un député de l'opposition, avait élu à sa tête le député de la France insoumise.