Femen : qui sont-elles ?

Femen : qui sont-elles ? Ces militantes féministes manifestent les seins nus. Elles ont débarqué en France il y a quelques mois.

Le week-end dernier, elles ont manifesté contre les opposants au mariage pour tous, perturbant le défilé parisien organisé par l'institut Civitas, un groupe catholique proche des intégristes. Et entre ces militantes féministes du Femen et les manifestants anti-mariage gay, le ton est monté. Des féministes à moitié dénudées et portant la coiffe de nonnes ont été agressées physiquement par des membres du groupe catholique. Alain Escada, président de Civitas, dénonce une contre-manifestation illégale et virulente. Pour lui, ces fausses nonnes n'étaient pas dans une démarche pacifiste car étaient venues "attaquer les manifestants de Civitas - dont des enfants qui ont été extrêmement choqués - en les aspergeant de gaz fumigènes contenus dans des aérosols mentionnant en anglais "Saint sperme" et "sperme de Jésus". Un enfant dans sa poussette a été directement visé par un jet de gaz de l'une des Femen", a-t-il défendu dans un communiqué de presse. Civitas compte porter plainte pour "violences en réunion avec armes" et "violences et voies de fait". Ces échauffourées ont encore permis aux Femen de gagner en visibilité.
Présentes sur plusieurs fronts, les membres de Femen se battent contre le tourisme sexuel, la prostitution, le proxénétisme, mais aussi contre les diverses violences faites aux femmes. Anna Goutsol - ou Anna Hutsol, selon les traductions -, une Ukrainienne de 29 ans, préside actuellement ce mouvement militant, fondé en 2008 à Kiev et qui était, à la base, composé principalement d'étudiantes ukrainiennes, avant de s'exporter. En Ukraine, le mouvement compterait plusieurs centaines de militantes, qui ont déjà manifesté également à Moscou ou à Londres. En France, la journaliste Eloïse Bouton, 29 ans, est l'une des leaders du mouvement. Elle milite notamment aux côtés de l'une des fondatrices de "Ni putes, ni soumises", Safia Lebdi, qui fait également partie des Femen. Une quinzaine de femmes ont inauguré le nouveau quartier général du mouvement, dans le quartier de la Goutte d'or, dans le 18e arrondissement de Paris, en septembre dernier. Un "camp d'entraînement" pour les militantes féministes afin que celles-ci apprennent à utiliser leurs "corps comme des armes politiques". La militante Inna Chevtchenko fait aussi partie de ces militantes. Cette dernière est réfugiée en France depuis qu'elle a tronçonné une croix dans le centre de Kiev pour soutenir les Pussy Riot, condamnées en Russie.

Ces militantes aux seins nus n'en sont donc pas à leur coup d'essai en France. Déjà avant de défendre le mariage gay en France, ces filles dénudées avaient fait parler d'elles dans l'hexagone en manifestant devant la porte de l'immeuble parisien dans lequel vit Dominique Strauss-Kahn. Déguisées en soubrettes, une poignée de ces militantes avaient nettoyé la porte de l'ancien directeur du FMI, après y avoir placardé une pancarte barrée du mot "Shame", soit "Honte" en anglais.

Plus récemment, en octobre 2012, les Femen ont aussi manifesté seins nus devant le ministère de la Justice pour marquer leur opposition au verdict du procès des viols collectifs de Fontenay-sous-Bois, qu'elles estiment trop léger. Elles ont également envahi un magasin Ikea de la région parisienne pour dénoncer le retrait des images de femmes dans les catalogues destinés à l'Arabie Saoudite.

EN VIDEO - Les manifestantes seins nus du groupe Femen ont manifesté en octobre dernier devant le ministère de la Justice, à Paris, pour protester contre le verdict du procès des viols collectifs de Fontenay-sous-Bois.

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